• Bonjour !

    Vous êtes sans doute en train de chercher à engager un travail thérapeutique… ou à le poursuivre avec une autre approche… ou à aller plus loin…
    Je suis thérapeute transpersonnel. Mais avant de vous dire de quoi il s'agit et comment je travaille, je me propose de situer cette approche transpersonnelle dans l'histoire de la psychothérapie.
    Quand vous aurez identifié votre besoin et clarifié ce "Qu'est-ce qui est bon pour moi ?", l'autre grande question, au-delà de la technique, sera certainement "A qui faire confiance ? Pourquoi lui ? ". Vous trouverez alors quelques repères qui vous diront d'où je viens (Parcours), puis ce que je propose (Pratiques) et sous quelle forme (Travail), pour finir par les stages à thèmes que j'anime (Stages).
    S'il me fallait cependant vous donner un conseil pour choisir, sachez que ce n'est pas la technique qui "guérit", c'est la relation et l'engagement confiant dans cette relation. Sachez aussi que les qualités essentielles du thérapeute sont l'écoute, la présence et l'éthique. Ainsi que sa capacité à être à l'aise avec ses ombres et ses émotions (pour l'être avec les vôtres !) et à offrir un cadre sécurisant.

    Comprendre, changer, guérir...

    Vous êtes confronté à des souffrances morales ou physiques… Vous percevez que vous reproduisez toujours les mêmes erreurs… Vous vous trouvez au coeur d'un conflit sans pouvoir le dépasser… Vous sentez avec un peu d'angoisse que votre vie vous échappe…

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    Petite histoire de la psychothérapie

    A toutes les époques, les hommes ont éprouvé des difficultés à vivre en paix avec eux-mêmes. L'histoire de la psychothérapie a ainsi des origines très anciennes dans les pratiques animistes et chamaniques. A ces époques où l'individu était inscrit dans une tradition et relié au groupe, c'est le chamane et le groupe qui avaient en charge de le réinsérer dans le champ social.

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    Une thérapie centrée sur l'âme

    Le mouvement transpersonnel a été fondé aux USA en 1969. Parmi ses fondateurs, citons Abraham Maslow, Antony Sutich, Stanislaf Grof, Carl Rogers… Qu'ont-ils en commun ? D'appartenir à l'école des thérapies humanistes, d'avoir une vision holistique de l'être humain intégrant quatre niveaux de conscience : physique, émotif, mental et spirituel. Lorsque Maslow mentionne la pyramide des besoins des hommes (physiologiques, sécurité, intégration, estime de soi et réalisation de soi), il en ajoute un dernier concernant le dépassement de soi impliquant la transcendance.

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  • Parcours

    Devenir thérapeute...

    On ne devient pas thérapeute un matin en se réveillant. On le devient en questionnant son mal-être, en pénétrant très loin dans ses peurs, ses angoisses, sa colère et toutes les croyances qui nous limitent. On le devient parce que quelque chose hurle en nous, comme une différence qui nous empêche d'aimer simplement. On le devient en percevant notre singularité, notre différence. On le devient en percevant ce qui se joue, ce qui se rejoue dans nos filiations.

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    Un chemin de vie "atypique"

    Dans les fratries, il y a parfois 2 ou 3 enfants qui font le choix de ce qu'ils perçoivent comme un destin "normal". Même si la famille présente manifestement quelques signes disfonctionnels, ils incarnent une forme de fidélité ancestrale. Et puis, il y a un enfant "original", un "vilain petit canard", qui dit Non, qui cherche, qui questionne le modèle, qui refuse de reproduire.
    J'étais celui-là… J'ai erré longtemps : 10 ans de thérapies psycho-corporelles, 2 ans de comportements à risque, 7 ans de psychanalyse doublés de 5 ans de psychodrame, puis 5 ans de thérapie-formation transpersonnelle.

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    Des Sources du Nil à la cohérence

    Avant de devenir thérapeute, au début de mon travail, quand tout était compliqué… Je pensais que la psychanalyse ou la psychothérapie serait la solution : un jour, je remonterais aux "Sources du Nil", à ce traumatisme fondateur, et tout s'expliquerait, tout deviendrait simple et compréhensible et je n'aurai plus de problèmes. Bien sûr, la vision était naïve ! Aujourd'hui, je suis beaucoup moins focalisé sur la nécessité de répondre à des pourquoi infinis. J'ai juste découvert qu'une partie du travail sur soi consiste à passer de la "complication" à la complexité. Oui, je suis (vous êtes aussi !) une personne riche et complexe…
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    Parce que je suis "plus" que ma personnalité

    La philosophie transpersonnelle part de l'idée que nous avons tout en nous depuis toujours. Le propos du travail est alors moins de chercher à ajouter quelque chose qui nous manquerait qu'à se défaire de tout ce qui nous empêche d'être ce que nous sommes.
    Qu'est-ce qui empêche ? L'Enfant que j'ai été a été blessé par le manque de justesse de mon environnement familial. Pour me protéger, j'ai mis en place un ensemble de croyances sur moi-même (exemple : "je suis nul, je ne suis pas intéressant"), des croyances dites limitatives, qui vont constituer ma personnalité et déboucher sur un mensonge personnel.

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    Danser les énergies de la vie

    Ma découverte de la danse est peu banale. Au cours de mes formations, j'ai beaucoup travaillé sur la conscience de mes polarités masculine et féminine. Or, un jour, au cours d'une respiration holotropique, je me suis levé et j'ai dansé avec cette conscience masculin/féminin. Une danse sauvage, empreinte d'une ivresse totale dans le corps car je pouvais, sur la même musique, danser avec une énergie masculine, puis basculer en féminin, puis revenir au masculin.

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    La méditation en quête du Soi

    "Le but de la méditation n'étant pas ultimement de connaître le monde autour de soi, il s'agit de voir en soi. Cela ne signifie pas de contempler le corps, mais d'investiguer la conscience. Voir en soi signifie que ce qui regarde, c'est-à-dire la conscience, se regarde elle-même. De cette manière, on passe au-delà de la pratique de la concentration, vers la présence méditative, vers la prise de conscience " (Charles Genoud).

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    Yoga nidra... du Rêve et du Sommeil

    Le Yoga nidra est une voie de méditation, où il est question d'apprendre petit à petit à naviguer entre les différents états de la conscience (veille, rêve et sommeil sans rêve) sans perdre le fil de la lucidité. Il prend comme terrain privilégié d'entraînement les mondes oniriques d'une part, et la source du sommeil profond d'autre part, sans toutefois négliger la vie ordinaire.


    Le transgénérationnel pour comprendre d'ou je viens

    Après 25 ans de travail personnel et de pratique en psychogénéalogie, je reprends à zéro au travers d'une formation (2 ans) en psychanalyse transgénérationnelle avec Bruno Clavier. La construction et la compréhension de nos arbres généalogiques permet de voir la répétition de symptômes et de comportements de génération en génération. Des répétitions qui témoignent de la présence de "fantômes", des structures psychiques et émotionnelles parasites, issue d'un ancêtre, portées et vécues inconsciemment par un descendant.


    Tantra : l'amour pour accéder au divin

    La voix tantrique est une approche qui réunit spiritualité et sexualité au travers d'une relation vraie entre hommes et femmes. Le Tantra considère que l'énergie sexuelle et l'énergie de vie par excellence et l'union sexuelle est vécue comme moyen d'atteindre l'union cosmique, de dépasser la dualité inhérente à notre monde, et ainsi d'accéder au divin. Le Tantra rejette aussi bien le puritanisme que les débordements licencieux, afin de vivre la relation en conscience, et relier sexe, cœur et esprit en une danse joyeuse où s'épousent la puissance d'être et l'abandon à la vie.

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  • Pratiques

    Le bon "outil" au bon moment

    On ne marche pas du même pas, à côté d'un flegmatique, d'un pressé, ou d'un rêveur… De la même façon, il est impossible d'accueillir la multiplicité des histoires, destins individuels et souffrances induites avec un seul outil. Travailler avec une personne très mentale ou très émotionnelle suppose des portes d'entrée et des approches qui permettent au thérapeute de s'adapter à l'histoire qu'il découvre et qu'il devra accompagner.

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    Le verbe pour être (enfin) entendu(e)

    La parole, le verbe permettent de faire surgir l'histoire, les traumatismes, les héritages et la charge émotionnelle. Si bien que l'écoute, corollaire de la présence, va permettre au client d'oser parler de lui. En effet, l'entretien en cabinet et le fait d'avoir enfin quelqu'un qui est là entièrement pour soi, constitue souvent une première expérience pour se dire et être écouté sans jugement.

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    Souffle : respirer pour ressentir et dissoudre

    Vous avez tous remarqué que face à l'angoisse, la peur ou la souffrance nous avons tendance à réduire, voire bloquer notre respiration, nous couper de nous-même et des autres. A l'inverse, le soupir est un relâchement et fonctionne comme un véritable lâcher-prise où tout s'apaise. Nos émois et souffrances d'enfants ont laissé des traces dans nos corps et nos façons d'inspirer (prendre la vie) et d'expirer (lâcher).

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    Voice : une psychologie de l'Ego conscient

    Hal et Sidra Stone étaient (sont encore) tous deux psychothérapeutes quand ils décidèrent de vivre ensemble. Ils s'aperçurent alors que leurs conflits naissaient sur la base de véritables entités intérieures, très puissantes, qui intervenaient, malgré eux. En 1972, ils créent un type de travail très étonnant et très créatif qu'ils nomment Voice Dialogue, au sein duquel ces entités prennent le nom de subpersonnalités.

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    Obéir à des injonctions ancestrales… ou créer

    En préambule, quelques mots troublants issus de la Genèse (Exode XX, 2-6) : "Car c'est moi le Seigneur, ton Dieu, un dieu jaloux, poursuivant la faute des pères chez les fils sur trois et quatre générations (s'ils me haïssent) mais prouvant ma fidélité à des milliers de générations, si elles m'aiment et gardent mes commandements ". Cette idée traduit des compréhensions présentes dans toutes les cultures chamaniques.

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    Un corps global perçu dans une vision holistique

    Depuis la nuit des temps, la religion a pris le dessus sur la spiritualité et a moralisé-culpabilisé le corps. Ainsi, nos corps judéo-chrétien sont plus souvent des corps souffrants, oubliés, malmenés, utilisés, où la dimension plaisir est connotée "péché de chair". Mais la médecine, avec l'alibi de guérir, ne fait pas mieux.

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    Dénouer des douleurs émotionnelle-corporelles

    Le massage est bien évidemment lié au corps. Et tout ce travail est redevable à Reich qui a découvert auprès de ses patients une relation entre leurs émotions et leurs caractéristiques physiques (posture, gestuelle, expression faciale…). Ses recherches l'amenèrent à conclure que les problèmes psychiques s'incarnent dans une "armure musculaire" sous forme de contractions, parfois chroniques, nuisant à la circulation de l'énergie, et pouvant à leur tour provoquer d'autres désordres psychiques ou physiques.

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  • Travail

    Individuel : la "guérison" dans l'entre-deux

    Dans la psychanalyse classique, le transfert est un des moteurs essentiels du travail. Il est encouragé par l'attitude de retrait et de neutralité de l'analyste, qui permet au client de projeter sur lui ses sentiments archaïques.
    Dans les thérapies non analytiques comme celles que je pratique, le transfert existe aussi, mais il n'est pas entretenu : il est analysé au fur et à mesure et fait l'objet d'une prise de conscience des mécanismes de défense.

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    Groupe continu : la Sangha des Mieux-Aimants

    Souvenez-vous, la première fois que vous avez senti le besoin d'être accompagné… Etiez-vous un mal-aimant ? Les thérapies qui génèrent des changements de vie profonds, supposent la rencontre, puis l'acceptation de nos parts d'ombres. Ce processus non linéaire est long, parsemé d'embûches et de rechutes possibles. Mais il arrive un temps où l'on sent que nos blessures seront toujours là et qu'il est vain de chercher à les oublier.

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    Sens en danse - Nataraja

    La pratique de danse que je propose s'inspire beaucoup de la Danse des 5 Rythmes de Gabrielle Roth. J'en suis devenu un passionné (non certifié) après une bonne vingtaine de stages. Pourquoi ? Parce que, travaillant depuis longtemps sur cette dimension holistique de l'être humain (corps, coeur, pensée, âme), il m'est apparu de plus en plus évident que la mémoire "intellectuelle" et émotionnelle de tout ce que nous sommes se double d'une mémoire corporelle.

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    Le Souffle créateur

    Cette technique de respiration que je pratique s'apparente à la Respiration Holotropique. Il s'agit d'une méthode d'exploration de soi et d'expansion de la conscience, qui utilise la puissance de la respiration et de la musique pour franchir les barrières habituelles de la perception.

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  • Stages

    Aimer-S'aimer avec un enfant intérieur blessé

    L'évènementiel que vit ou subit le petit enfant (traumatismes ou ambiances toxiques) crée des "manques à être" qui se cristallisent en émotions, sentiments et blocages qui constitueront plus tard les zones d'ombre de l'adulte.

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    Oser dire NON pour vivre de vrais OUI

    J'en ai marre ! J'y arrive plus ! Je répète toujours les mêmes erreurs ! Le travail de développement personnel et la reconquête de soi commence souvent là, dans cet aveu d'impuissance, lorsque je perçois que ma vie m'échappe, que je ne sais plus à quoi il faut dire Oui, à quoi il est urgent de dire Non.

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    Couple : bien en soi, bien ensemble !

    Construire un couple, vivre à deux, aimer, être aimé, avoir des enfants, les voir grandir. Nous en rêvons tous… Mais il n'y a pas de mode d'emploi et le bel amour de l'ancrage amoureux des premiers mois prend vite des rides que le temps n'arrange pas. Il n'y a pas de manuels qui expliquent qu'un couple évolue sans arrêt, que les crises sont normales, qu'elles peuvent "servir" le couple, à condition de savoir les traverser.

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    Le Souffle créateur interroge l'indicible

    Que sais-je de mon enfance, de mes mythologies personnelles, de cette histoire que je me répète ? Est-ce que mon mental est seul à savoir ? Mon corps sait-il autre chose ? En associant le souffle et l'immersion dans des ambiances musicales denses et puissantes, le Souffle Créateur (dit aussi Respiration Holotropique) permet d'expérimenter un voyage intérieur riche en potentiel de transformation.

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  • Textes & Liens

    Ouvrages personnels


    L'écriture a été une conquête qui m'a permis d'arrondir les angles d'une culture technique, carrée, héritée d'un diplôme d'ingénieur qui a façonné mon éducation. Conquête car la pulsion d'écrire a supposé "d'apprendre" à écrire. Et le journalisme a contribué à cet apprentissage… Deux ouvrages ont vu le jour.


      Belle de Lui - Poétique des ventres lourds - Editions Milan 2003 ...
      Les pères empêchés - Editions In Octavo 2006 ...

     

     

     
    Témoignages


      Stéphanie
      Yasmina
      Fabrice
      Marie-Hélène
      Olivier
      Patricia


     
    Liens                                                                     


      Caroline Voegeli
      Julie Talamon
      Béatrice Maine
      Tamalpa France
      Amélie Schweiger
      Réseau Hommes RHRA
      Réseau Hommes MKP

  • Mes tarifs

    Plaquette générale

    Sur cette plaquette, vous trouverez :
    - un récapitulatif des stages que j’organise pour 2015-2016
    - les dates et les tarifs de ces activités

    En page intérieure, chacune des activités est accompagnée d’un résumé qui donne une idée du contenu du stage et de la nature du travail qui sera proposé.

    N’hésitez pas m’envoyer un mail pour avoir plus d’explications ou pour lever un doute.

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    Séances individuelles

    Les séances individuelles sont généralement de 1h pour les enfants de moins de 6 ans, de 1h30 pour les adolescent(e)s et les adultes et de 2h pour les couples. Les séances individuelles sont généralement de 1h pour les enfants de moins de 6 ans, de 1h30 pour les adolescent(e)s et les adultes et de 2h pour les couples. Pour ceux qui habitent loin (ou qui le souhaitent), je fais également des séances de 3h. Mes tarifs sont les suivants :

        1 heure : 60 euros
        1 heure 30 : 80 euros
        2 heures : 110 euros
        3 heures : 170 euros
        2 heures (couples) : 130 euros



    Travail en groupe


    Le groupe continu

       Sangha des Mieux Aimants (19h-22h30): 55 euros


    Les ateliers

       Sens en danse (sam. 9h30-13h30) : 35 euros




    Les stages

     Souffle créateur : voir plaquette
     Aimer/S'aimer avec un Enfant Intérieur blessé : voir plaquette
     Oser dire NON pour vivre de vrais OUI : voir plaquette


  • Me contacter...

    Thérapeute transpersonnel
    Jean-Yves CATHERIN

    26, rue Saint-Laurent
    38000 Grenoble

    Téléphone: 06 85 75 07 45
    E-mail:jean-yves.catherin@club-internet.fr

    Formulaire de contact

  • Mentions légales


    Editeurs:

    Site internet a été édité par l'agence Web Cre@ssist71, Résidence La Villanelle - 64 rue Claude Roberjot - 71000 Mâcon, pour Monsieur Jean-Yves CATHERIN.



    Directeur de publication :

    Le présent site est la propriété de Monsieur Jean-Yves CATHERIN.
    Le directeur de la publication du site Web est Monsieur Jean-Yves CATHERIN, en qualité de Thérapeuthe transpersonnel.
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    Concepteur/Développeur Web :

    Résidence La Villanelle - 64 rue Claude Roberjot - 71000 Mâcon
    Mobile : 07.81.44.53.13
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    OVH, 2 rue Kellermann - 59100 Roubaix.

  • Accueil

    Comprendre, changer, guérir... (Suite)
     

    Vous découvrez que l'autre, le mari, l'épouse, a tellement changé, que la vie devient fade ou au contraire qu'elle n'est que conflits, incompréhensions et silences. Ou bien, c'est un deuil, une infidélité, une maladie qui a fait basculer votre vie dans la dépression, l'alcool, les conduites à risques…

    Il est peut-être temps que vous commenciez un "travail" pour percevoir que les croyances que vous avez sur vous-mêmes vous entraînent vers des mal-être récurrents.

    La souffrance, la somatisation, l'anxiété, pour insolentes qu'elles soient lorsqu'elles s'apparentent à des schémas négatifs, répétitifs et destructeurs, peuvent devenir des chemins de croissance et de transformation… Pour peu que vous rentriez dans la conscience de qui vous êtes vraiment quand vous n'êtes pas prisonnier de vos croyances.

    Vous pensez pouvoir changer, devenir, vivre, aimer… Vous avez raison, c'est possible. Prenez le risque ! L'aide d'un thérapeute est souvent le moyen le plus efficace pour comprendre le sens de ce que vous vivez et sortir de ces impasses.

  • Accueil

    Petite histoire de la psychothérapie... (Suite)
     

    Dans l'Antiquité, on considérait que l'âme, comme le corps, souffrait de maladie. Au Moyen Age, la folie fut souvent assimilée à la possession démoniaque : le malade était exclu de la société et l'Inquisition conduisait les "fous" (surtout des "folles", d'ailleurs) au bûcher pour sorcellerie. Au XVII et XVIIIème siècle, l'arrêt des procès en sorcellerie a coïncidé avec l'extension des pratiques d'enfermement : la maladie psychique était reconnue, mais pour être mieux exclue. Le terme "névrose" apparaît en 1769. Des embryons d'écoute voient alors le jour, juste avant la suggestion hypnotique de Mesmer.
    Le terme de psychothérapie apparaît en 1872. Au XXème siècle, Freud abandonne l'hypnose au profit de l'association libre élaborant les bases techniques de la méthode psychanalytique en tant que traitement et moyen d'investigation des processus mentaux. Jung développe de son côté les concepts d'"archétype", d'"inconscient collectif" et de "synchronicité".
    Dans le prolongement ou en marge des apports freudiens, le XXème siècle a vu naître de nombreuses formes de psychothérapies. Ainsi, à partir des années 1920, l'existentialisme donnera naissance au courant de la psychothérapie humaniste avec Carl Rogers et sa psychothérapie non directive. Avant et après la guerre, de nombreux chefs de file sont passés à des approches corporelles. Reich est un des premiers à inclure le corps dans le processus de changement thérapeutique. Le phénomène de résistance est nommé et "le corps entre dans le cabinet du thérapeute". Les gestaltistes insistent sur l'importance des tensions musculaires comme indices de résistance dans la situation analytique. Le travail thérapeutique implique alors une action corporelle directe et non plus seulement verbale. Les mouvements "californien" des années 60 voient arriver la bioénergie, la gestalt, le cri primal, le rebirth…
    Aux Etats-Unis, la psychologie se constitue comme science expérimentale et les bases des thérapies comportementales et cognitives sont posées. Assez proches, les thérapies systémiques développent la clinique des communications intrafamiliales. Selon le point de vue qu'ils défendent, les auteurs mentionnent les écoles freudiennes et post-freudiennes, les thérapies cognitivo-comportementales (et systémiques) et l'approche humaniste.
    Après les années 1970, la vision totale et holistique de l'être humain s'impose : on reconnaît la personne comme existant en tant que corps, coeur, pensée, âme. C'est l'intégration des quatre niveaux de conscience : physique, émotif, mental et spirituel. En prolongement des thérapies humanistes, la psychologie et les thérapies transpersonnelles intègrent la spiritualité dans une perspective beaucoup plus globalisante.


  • Accueil

    Une thérapie centrée sur l'âme... (Suite)
     

    Définir la thérapie transpersonnelle, c'est d'abord prendre le mot "transpersonnel" au pied de la lettre. Trans-Personnel, littéralement au-delà de la personne et de ce qui, socialement, la définit le plus souvent : sa personnalité. La thérapie transpersonnelle est un travail qui permet d'aller au-delà de la personnalité, de prendre conscience que vous êtes en lien avec quelque chose de plus grand que vous et que tout est relié. Dans cette compréhension, vous êtes plus et mieux que ce système d'actions/réactions résultant de l'enfermement des potentiels illimités de la conscience dans les structures limitées de l'Ego. La thérapie transpersonnelle est centrée sur l'âme de la personne, et le concept d'âme est relié à celui d'énergie et de conscience.
    C'est une approche existentielle qui donne aux expériences de vie un sens universel. C'est la vision au-delà de l'Ego qui permet une autre lecture des événements et situe l'être humain comme faisant partie du tout universel où cohabitent l'inconscient personnel et l'inconscient collectif.
    C'est aussi une approche holistique pour accéder à l'harmonie. Une harmonie comprise comme l'équilibre entre les contraires (polarités). Son propos étant d'amener l'être humain à compléter son processus d'individuation pour vivre en harmonie avec ses paradoxes, ses ombres et ses lumières. Il serait alors question de chercher à devenir "le dieu que je suis au plus profond de moi-même".

  • Parcours

    Devenir thérapeute... (Suite)
     

    Comme si notre vie, bien loin de nous appartenir, se limitait à un ensemble de règles dictées par des lignées ancestrales toutes puissantes. Comme si un poids, un destin, une famille disfonctionnelle, un héritage, des traumatismes venaient barrer l'accès au bonheur. Pourquoi moi ? Pourquoi cette souffrance ?
    Devenir thérapeute, c'est d'abord donner du sens à sa vie, comprendre qu'avec ce papa et cette maman-là, je ne pouvais que devenir ce que je suis : un mal-aimant. Et en corollaire, un mal-aimé !
    La quête du futur thérapeute est alchimique. Comment la connaissance intime de ce qui m'a construit "souffrant", peut-il m'aider à percevoir, décoder, pacifier la souffrance d'un autre ? Comment transformer mes ombres en lumière ? En vérité, il s'agit d'un long travail pour se désidentifier de ces propres blessures. Et permettre ensuite à un autre de se désidentifier des siennes. Alchimiser cette vieille haine de soi, en acceptation, en amour, changer le regard sur soi et sur le monde pour permettre à un autre de trouver, dans les méandres d'une histoire compliquée, son propre chemin vers l'amour de soi… donc des autres.

  • Parcours

    Tantra : l'amour pour accéder au divin (Suite)
     

    Le tantra propose des noces alchimiques du masculin et du féminin, aussi bien à l'intérieur de soi, qu'à l'extérieur, la rencontre entre l'homme et la femme symbolisant l'union des principes masculins et féminins. Le tantra insiste sur le souffle, la circulation de l'énergie entre sexe et tête le long des chakras. Il s'agit d'une voie méditative qui consiste à être en présence, être totalement là, avec l'autre, être totalement dans une bulle avec sa partenaire, avec le moins de pensées parasites possibles. Dans le tantra, on dit que l'amour est une manière d'accéder au divin, car c'est dans les mêmes termes que s'effectue la présence à l'amour et la présence à Dieu (paroles empruntées à Jacques Ferber (L'amant tantrique).

  • Parcours

    Un chemin de vie "atypique"... (Suite)
     

    Au départ, j'ai une formation scientifique et un diplôme d'ingénieur. Après un an dans l'industrie, j'ai eu la certitude que je n'étais pas fait pour cette vie-là. En fait, je ne le savais pas vraiment à l'époque, mais je devais trouver ma voie et je l'ai fait de façon sauvage, par une succession d'essai-erreurs qui m'ont conduit :

      à travailler en Afrique dans l'artisanat durant 9 ans.
      à être artiste photographe durant 20 ans
      à devenir importateur d'artisanat africain (3 ans)
      à écrire un (mauvais) roman
      à devenir journaliste en innovation technologique pendant 23 ans
      à écrire et publier un livre d'art sur la maternité (Belle de Lui) et un roman (Les pères empêchés)

    Mon parcours "psy" qui se superpose à ce parcours atypique est très clairement divisé en trois époques très distinctes.
    1  Le refus de la psychanalyse m'a amené à expérimenter de nombreuses méthodes : cri primal, massages reichien, massages californien, diverses thérapies psychocorporelles, travail sous drogue, méditation…
    2  Dans un effet balancier, l'arrêt de ces thérapies m'a amené à la psychanalyse durant 7 ans, doublée de 5 ans de psychodrame.
    3 La vie m'a ensuite ramené à un travail et une formation impliquant le corps durant 5 ans : travail transpersonnel à la "Voie de la Conscience" avec Judee Gee et Eirik Balavoine. Travail doublé d'un an de formation en Voice Dialogue avec Véronique Brard.
    Puis la danse et la méditation…
    Aujourd'hui, je suis devenu un passeur… Passeur d'âme… Et je ne dis pas cela pour faire joli : ce sont nos âmes qui vont mal… Passeur pour accompagner des histoires qui se répètent, des désespérances, des incapacités à s'aimer et à aimer l'autre, des postures de victimes, des stratégies d'échec, des frustrations, des vies sexuelles insatisfaisantes.


  • Parcours

    Des Sources du Nil à la cohérence... (Suite)
     

    La psychothérapie fut longtemps (reste encore…) LA voie, MA voie vers le "devenir". Et puis, insensiblement, j'ai senti la nécessité de laisser la place à d'autres chemins, beaucoup plus dans le corps que dans les contenus d'une biographie douloureuse. A des ressentis notamment… La danse et la méditation sont venues en même temps : Danse des 5 rythmes et méditation Vipassana.
    Aujourd'hui, je suis (du verbe suivre) trois voies et je me sens être et vivre à leur confluence. A cette place très particulière où les mots de mes Maîtres résonnent entre eux et se confondent pour former un seul message. Parfois, je l'appelle ma voie, mais plus souvent je dis qu'il s'agit de ma cohérence.
    Parallèlement, à cette voie de la psychothérapie, je me suis formé (et je continue à pratiquer) :

      à la Danse des 5 rythmes avec Amélie Schweiger, Peter Wilberforce, Marie Motais.
      à la méditation Vipassana avec Charles et Patricia Genoud.

    Aujourd'hui, j'ai effectivement 3 pratiques, 3 voies qui donnent du sens et de la cohérence à ma vie. Et je suis en cours de formation Niveau 1 au Art/Life Process avec Tamalpa France.

  • Parcours

    Parce que je suis "plus" que ma personnalité... (Suite)
     

    Un mensonge que je rejoue indéfiniment en faisant croire aux gens que je suis cela, que je suis tout entier ma personnalité. Or, ces mensonges génèrent dans mes attitudes, dans mes pensées, dans mon corps, des nœuds, des blocages d'énergie, des maladies. La thérapie transpersonnelle pose un postulat de base : je ne peux retrouver qui je suis vraiment qu'en prenant conscience de tous les masques que je porte, de ce que l'on appelle nos ombres ou nos parties reniées.
    Le travail thérapeutique de type transpersonnel s'appuie bien sûr sur les méandres et les contenus biographiques. Mais il prend aussi en compte des "états", des vécus, des perceptions, des "états modifiés de conscience" qui parlent de nous de façon étrange et archaïque. Il privilégie l'intuition, la signification des rêves, la conscience des états de veille, les images mentales, la présence d'un "guérisseur intérieur", et les décharges émotionnelles souvent assez spectaculaires précédant ou accompagnant les prises de conscience décisives.

  • Parcours

    Danser les énergies de la vie... (Suite)
     

    Et comme j'ai renouvelé cette expérience un mois plus tard, j'ai cherché une forme de danse qui me permettrait de retrouver, de sentir ces énergies dans mon corps. Cette recherche m'a amené à la découverte de la Danse des 5 Rythmes que je pratique depuis assidûment.
    Cette danse se compose de 5 rythmes : féminin pour être, masculin pour faire, sauvage pour délirer, ludique pour être léger et tranquille pour revenir au centre. Cinq rythmes qui forment une vague : cinq qualités de mouvements, cinq types de respiration.
    Geneviève Lahore en parle bien : "Que ce soit la peur, la colère, la tristesse, la joie, la compassion… la danse des cinq rythmes permet de contacter ses sentiments, de les éprouver, de les explorer, de laisser le corps les mettre en formes, en mouvements et, ainsi, de les traverser, sans les manipuler, en étant simplement présent et témoin de leur transformation ".

  • Parcours

    La méditation en quête du Soi... (Suite)
     

    Si vivre, c'est aller le plus souvent vers du connu, du confortable et pratiquer l'art de l'évitement pour ne pas se rencontrer, la méditation est une quête qui tôt ou tard, dans le silence, vous mettra en présence de vos fuites. Hors de l'image apaisante du Bouddha souriant et rayonnant, la méditation est un incroyable chemin dont le but est la cessation de la souffrance. Non pas en l'éliminant, mais en vous faisant prendre conscience que vous êtes des gardiens vigilants "accrochés" à maintenir les facteurs générant cette souffrance.
    La méditation permet d'aller dans le symptôme ou les zones d'ombres. En observant les sensations, non seulement douloureuses, mais agréables ou neutres, vous réalisez leur impermanence et vous vous libèrez petit à petit de leur influence perturbante sur la base du mental. En pratique, la méditation vous ramène régulièrement au corps, alors que le mental s'en éloigne (non moins régulièrement !) pour se projeter dans le complexe habituel émotions-images-mots.
    Méditer, c'est alors habiter le présent de votre vie. Méditer, c'est faire l'expérience de la méditation, c'est sortir des mots, c'est pratiquer. La méditation Vipassana (vision pénétrante) que je propose s'inscrit complètement dans cette quête du Soi.

  • Pratique

    Le bon "outil" au bon moment... (Suite)
     

    Pour cela, sur la base d'une formation transpersonnelle où l'outil "rebirth-respiration consciente" est important, j'ai cherché d'autres voies.
    Aujourd'hui, je travaille bien sûr avec le support de la parole : qu'est-ce qui s'est passé dans votre actualité qui a réveillé une émotion forte ? En associant chaque fois, le vécu au corps, le corps étant une référence constante, car les émotions génèrent des tensions, des mal-être… Le massage californien que je pratique est aussi une façon de descendre dans le corps, de le sentir, de le vivre. Le Voice Dialogue est un outil très puissant, un peu théâtral, qui met en scène des "Moi", des parties de nous qui reviennent en situation de crise. Les lectures transgénérationnelles vont de pair avec la construction de son arbre généalogique. Là aussi, les prises de conscience de ce qui appartient à chacun, sont importantes. Importantes pour sentir que "ce que je vis est peut-être un héritage "qui n'est pas moi" et qui pourtant me constitue ". Dès lors, le travail consiste à prendre sa vie en main.
    Ma pratique est bien sûr largement colorée par mes pratiques de la danse et de la méditation.

  • Pratique

    Le verbe pour être (enfin) entendu(e)... (Suite)
     

    C'est aussi l'occasion pour le client, de goûter la liberté d'avoir une place et d'être entendu d'une façon privilégiée, d'être reconnu.
    "Comment allez-vous ? Que s'est-il passé depuis la dernière fois ? Qu'est ce que vous sentez dans votre corps ?" C'est dans les détails que l'énergie se libère et que la relation entre le thérapeute et le client devient plus proche.
    Pourquoi donner une telle importance à l'expression ? Parce qu'elle décharge, elle met à l'extérieur, elle décristallise et rend fluide. L'énergie commence à circuler, et crée à l'intérieur un sentiment de légèreté, une oxygénation. Ici, l'image de l'eau et de la glace est pertinente. Un individu coincé dans l'Ego est comme un bloc de glace, les tensions physiques, les non-dits font que tout est figé et rigide. L'expression et la décharge émotionnelle qui en découlent font fondre la glace, et l'eau coule alors de façon plus fluide.

  • Pratique

    Souffle : respirer pour ressentir et dissoudre... (Suite)
     

    Les cultures traditionnelles utilisent la respiration consciente, à des fins thérapeutiques ou initiatiques, depuis la nuit des temps. Le Rebirthing des années 60 n'a fait que retrouver ces approches corporelles. Une séance de respiration consciente (dite Rebirth) permet de stimuler notre mémoire corporelle, de prendre conscience des émotions refoulées et des tensions qui freinent, parfois douloureusement, notre élan vital. Le souffle ainsi retrouvé nous amène progressivement à nous libérer de ce qui fait obstacle aujourd'hui à notre bien-être, à notre créativité ou à nos projets de vie.
    La respiration a deux grands rôles : débloquer des émotions, des noeuds énergétiques et lancer un travail susceptible de déclencher une expérience témoignant d'un état au-delà de la personnalité (travail transpersonnel). La respiration est alors un voyage corporel dans les résistances et les peurs et le premier propos du thérapeute est de demander au client de rester dans cette peur. La dissolution, la résolution, la paix étant juste derrière ce qui fait peur, derrière ce qui fait mal.

  • Pratique

    Voice : une psychologie de l'Ego conscient... (Suite)
     

    Le Voice Dialogue est une méthodologie qui invite à une exploration des différentes subpersonnalités qui constituent l'être humain. L'Ego y est vu essentiellement comme un groupe de parties primaires qui dirige la personnalité (et nous mènent par le bout du nez !). Certaines personnes, conscientes de ceci, sautent alors dans le comportement opposé et pensent que le problème est résolu. Le concept nouveau du Voice Dialogue, est celui d'un Ego conscient qui se sépare des parties primaires, maintient une très bonne relation avec elles, et embrasse les parties reniées.
    L'acceptation de toutes les énergies nous conduit d'une tradition spirituelle duelle qui divise le monde en bien et en mal, à une trinité dans laquelle l'Ego conscient est capable de tenir la tension entre tous les opposés.

  • Pratique

    Obéir à des injonctions ancestrales… ou créer... (suite)
     

    Nous ne sommes pas seulement l'enfant d'un père et d'une mère. En effet, notre père avait un père, qui avait lui-même un père… Et notre mère avait une mère qui en avait une… Notre groupe familial est un être vivant. Il a son imaginaire, son inconscient, ses exigences, ses injonctions au sein d'un vaste réseau de liens symboliques. La construction de son arbre généalogique incluant les dates de naissance, de décès, de mariage apportent des éclairages intéressants sur ce qui cherche à se répéter, sur ce qui doit rester secret, mais aussi sur ce que vous aurez à révéler. En effet, sans conscience des secrets de famille et de ce qui se joue dans les transmissions, nous sommes condamnés à obéir (ou désobéir, mais lutter contre, c'est reproduire !) à ce qui s'apparente au destin. La compréhension, les prises de conscience permettent de prendre des virages, de faire des choix, de devenir acteur de sa vie.
    Deux ans de travail avec Alexandro Jodorowski prolongés par quinze années dans la mouvance de Didier Dumas puis Bruno Clavier m'ont formé à construire son arbre (génosociogramme) et à naviguer à l'intérieur pour percevoir ce qu'il dit.

  • Pratique

    Un corps global perçu dans une vision holistique... (Suite>
     

    En effet, pour hyper compétente qu'elle soit dans sa capacité à soigner des organes dits malades, elle morcelle le corps, le réduisant à un lego complexe dont il faudrait réparer ou changer des parties défaillantes. En cela, elle dépossède le malade de sa maladie et s'érige en pouvoir.
    Le corps dont il est question dans la thérapie n'est pas celui que l'on montre à son médecin, ni celui qu'on affine dans les fitness-club, ni celui que l'on extrémise dans l'effort sportif, c'est le corps vécu qui fait un (qui fait corps !) avec l'esprit, avec l'environnement. Un corps qui ressent, un corps global perçu dans une vision holistique de l'être humain où quatre niveaux de conscience (physique, émotif, mental et spirituel) s'interpénètrent et se nourrissent l'un de l'autre.
    Le rôle du thérapeute est alors d'interroger le corps, de solliciter la personne en l'invitant à prendre conscience de son ressenti corporel, par le repérage des sensations et des émotions et la mise en mots de ce qui se passe là, instant après instant.
    Car le corps a tout engrammé et porte la mémoire de notre histoire. Et un jour, une émotion, un choc réveille le corps qui bascule dans la maladie.

  • Pratique

    Dénouer des douleurs émotionnelle-corporelles... (Suite)
     

    Le massage thérapeutique est alors une approche holotropique et holistique de l'être humain, dans son vécu corporel, psychologique et culturel. Il permet de développer la capacité à s'impliquer tout en étant à une juste distance, reconnaître et accepter ses propres mémoires corporelles, pouvoir toucher, masser les cicatrices émotionnelles et accompagner les processus de dénouage énergétique et physique. Le but étant de débloquer les tensions articulaires, atténuer les douleurs, laisser se manifester et accompagner la mémoire émotionnelle associée aux symptômes corporels accompagnant des régressions et permettant à des mots de décrire les processus et de laisser émerger des prises de sens, entre l'histoire passée, et le vécu de la séance.
    J'emploie ici le mot massage dans son acception globale. Sachant que ce terme est réservé aux kinésithérapeutes, je pratique des touchers thérapeutiques.

  • Travail

    Individuel : la "guérison" dans l'entre-deux... (Suite)
     

    Le face à face est important, tout comme l'intimité qui se crée entre le thérapeute et son client. C'est même dans la qualité de l'intimité de la relation que "quelque chose se guérit". Dans les thérapies transpersonnelles, nous n'hésitons pas à parler d'amour et nous osons le contact avec le client dans le cadre d'une déontologie stricte pour ne pas se laisser "embarquer" dans l'affectivité née de cette intimité.
    Bienveillance, écoute et présence sont ainsi la base d'une relation sous-tendue par l'amour inconditionnel et l'ouverture du cœur, deux qualités qui n'excluent pas la possibilité de travailler en "confrontation" lorsque la nécessité s'en fait ressentir.

  • Travail

    Groupe continu : la Sangha des Mieux-Aimants... (Suite)
     

    Tout le travail consiste alors à les accueillir : avec cet héritage, je ne pouvais que devenir ce que je suis, ce petit moi parfois étroit et souffrant. Et petit à petit, vous avez commencé à vous désidentifier, à trouver votre voie, votre vie… Progressivement, vous êtes devenu un mieux-aimant.
    Dans le bouddhisme, la Sangha désigne une communauté spirituelle. Dans la forme laïque (et néanmoins spirituelle !) que je propose, l'idée de base de cette Sangha est de permettre à chacun(e) de pouvoir partager ses difficultés (relationnelles, affectives, psychosomatiques, tensions, états dépressifs, angoisses, dépendances…), mais aussi ses joies, dans un contexte de bienveillance et avec la possibilité de vivre toutes les émotions présentes (tristesse, colère, vide, agitation, plénitude…). En effet, pour important qu'il soit, le travail individuel n'est pas le seul support de travail. Le travail en groupe est complémentaire et bien souvent vecteur d'accélération spectaculaire de certains processus. En effet, l'écoute des problématiques des autres développe l'empathie. Parfois, elle réactualise des conflits ou des affects qui, se rejouant, permettent aux participants d'une part de prendre conscience, d'autre part de se désidentifier de comportements récurrents qui polluent leur désir et besoin d'aimer


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  • Travail

    Sens en danse - Nataraja... (Suite)
     

    C'est l'ensemble de ces mémoires corporelles qui aura une incidence sur ma morphologie, sur mes douleurs et blocages corporels ainsi que sur ma prédisposition à développer des maladies.
    Dès lors, danser c'est donner du sens à sa danse. C'est traverser des séquences musicales porteuses d'énergies choisies, en étant présent à tout ce qui est là lorsque je danse. Que ce soit la peur, la colère, la tristesse, la joie, la compassion… la danse me permet de contacter ses sentiments, de les éprouver, de les explorer, de laisser le corps les mettre en formes, en mouvements et, ainsi, de les traverser, sans les manipuler, en étant simplement présent et témoin de leur transformation.


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  • Travail

    Le Souffle créateur... (Suite)
     

    La respiration rapide provoque une hyperventilation qui modifie notre état de conscience, et fait surgir des images enfouies au plus profond de notre inconscient. Elle permet aussi d'entrer en contact avec l'inconscient collectif et avec notre dimension spirituelle.
    Si vous pensez ne plus pouvoir accéder par le mental et le verbe à certaines phobies ou angoisses, à des chocs émotionnels et psychologiques, à des maladies somatiques… essayez la respiration en hyperventilation. Elle repose sur une confiance absolue dans le potentiel de guérison contenu dans notre propre psychisme, et s'appuie sur l'idée d'un "guérisseur intérieur" qui mène chaque individu vers son être profond. Cette expérience de trois heures, particulièrement transformatrice et libératrice au niveau physique, émotionnel, affectif et spirituel, vous permettra de contacter vos blessures et vos ombres et de les dénouer.


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  • Stages

    Respiration consciente en musique... (Suite)
     

    Tout cela a du sens ! Avec ce papa-là, avec cette maman-là, avec et au-delà de leur amour, il fallait que je me protège de leur Ego d'adultes. Et dans ma personnalité d'aujourd'hui, je garde en moi (adulte !), la présence symbolique (mais très active) de cet Enfant Intérieur, porteur des blessures de l'enfance.
    Curieusement, et même si je peux me souvenir sélectivement de tel ou tel événement, j'ai besoin d'oublier, je ne veux plus (re)contacter ces souffrances premières. Sauf que la vie a une forme de générosité étrange : elle va me faire rencontrer des ami(e)s, des amant(e)s qui vont réactiver ces blessures jusqu'à ce que je les regarde en face.
    Et c'est lorsque je deviens intime avec cet Enfant (et il faut du temps !), que je peux le rassurer lorsqu'il hurle en moi… et devenir son Parent ! A ce moment-là, la vie devient un chemin de conscience et je peux dialoguer avec cet Enfant qui m'habite, qui devient un partenaire de vie et qui hurle de moins en moins… parce que je lui donne de l'amour. Et dans le même instant, je commence à m'en donner aussi et à devenir bienveillant avec moi-même.


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  • Stages

    Oser dire NON pour vivre de vrais OUI... (Suite)
     

    Ai-je du pouvoir sur ma vie ? Ou suis-je otage de mes peurs ? Sais-je écouter et accepter sans me soumettre ? Suis-je capable d'agir sans réagir ? Et d'être fort sans écraser l'autre ? Sais-je accueillir mes contradictions face aux aléas de la vie ? Est-ce que je perçois que mes peurs me raidissent… et que mes lieux de pouvoir m'éloignent de l'autre ?
    Il est possible que j'obéisse à de vieux schémas et que je puisse avoir perdu mon élan vital. A ne plus faire la différence subtile, mais essentielle, entre "être dans le pouvoir" et "être dans son pouvoir". Ce stage de trois jours est une occasion d'explorer ses positions de pouvoir "par défaut", celles où nos petits pouvoirs s'exercent "contre l'autre". Et de contacter sa vulnérabilité, cette qualité d'être qui s'apparente à une véritable "clé des relations" parce que paradoxalement, c'est elle qui ouvre à sa puissance. Une puissance qui génère plus d'harmonie, de bienveillance et de paix en soi, avec l'autre et dans le monde...

    Pour information, ce stage est activé à la demande, avec des inscriptions "flottantes" dans le temps.
    Lorsqu'il y a un minimum de 6 participants, je propose une date et un lieu.


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  • Stages

    Couple : bien en soi, bien ensemble !... (Suite)
     

    A condition d'y mettre du dialogue pour que rien ne se fige. Il existe aussi des couples qui ne savent vivre qu'en crise continuelle dans un climat d'insatisfaction mutuelle, avec des conflits verbaux, des violences physiques, des désirs de séparation, des dépressions avec perte de désirs sexuels, des crises d'angoisses chroniques, des mensonges et infidélités…
    Au cœur de la crise, peu de gens comprennent pourquoi les qualités reconnues chez l'autre, qui ont constituées les fondements de l'ancrage amoureux, deviendront les défauts qui scelleront la rupture. Et pourtant, l'autre, le conjoint, est exactement celui (celle) qu'il me fallait pour rencontrer mes ombres !
    Lorsqu'au sein d'une relation ou d'une famille, les difficultés relationnelles sont localisées essentiellement au niveau du couple, le regard extérieur du thérapeute peut largement aider à comprendre la danse du "couple" et favoriser une nouvelle "relation sans coupable".


  • Stages

    Le Souffle créateur interroge l'indicible... (Suite)
     

    Très libérateur au niveau physique, émotionnel, affectif et spirituel, il, permet d'entrer en état élargi de conscience et de libérer des mémoires, des blessures, des peurs provenant de votre enfance et de vos histoires transgénérationnelles. Le Souffle créateur interroge l'indicible… au travers d'une expérience qui dure 3 heures, allongé, les yeux bandés. Juste pour voyager dans des états modifiés de conscience qui font surgir des contenus corporels et d'explorer différentes dimensions (biographique, périnatale, transpersonnelle) de notre psyché, et de dénouer les traumatismes qui y sont cristallisés. Ce travail puissant et efficace réduit le stress, et favorise une guérison affective et psychosomatique, ainsi que l'épanouissement de la dimension spirituelle de notre être.


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  • Textes & Liens

    Belle de Lui -
    Poétique des ventres lourds
    Editions Milan 2003

    Belle de lui est un livre à Voir qui aurait aussi quelque chose à Dire.
    Voir : des images de femmes enceintes qui montrent leur grossesse sous un jour nouveau. Peut-être vaudrait-il mieux dire qu'elles l'affichent sans tabou, souvent dans la nudité totale, sous une lumière qui n'exclut pas une forme de sensualité… qui resterait cependant pudique.
    Dire : les mots d'hommes qui ont pu un jour être bouleversés par leur paternité ; les mots des femmes qui posent un regard étonné sur leur propre image. Ces textes, tantôt drôles, tantôt graves, parfois abrupts ou violents, toujours vrais, expriment des émotions en prise avec la profondeur et la densité de leurs histoires individuelles.
    Il faut lire Belle de Lui comme un dialogue entre femmes et hommes, entre textes et images, avec en toile de fond cet appel de la vie qui transcende tout, et qui fait que, depuis la nuit des temps, on fait des enfants qu'on entoure de soins et d'amour.


  • Textes & Liens

    Les pères empêchés -
    Editions In Octavo 2006

    Actuelle et intemporelle à la fois, "Les pères empêchés" est une véritable histoire d'amitié entre deux hommes que tout oppose, la religion, la place de la femme, la mort d'un fils…
    De cette improbable rencontre, de ces sentiments apparus au détour des conversations, entre les doutes et les échecs partagés, c'est toute la difficulté d'être père qui surgit peu à peu de ces histoires mêlées.


    Cliquer sur l'image pour agrandir

  • Textes & Liens

    Caliméro, le Patriarche et le Prince

    Récemment, je me trouvais avec quelques hommes, nous parlions entre autre de nos compagnes, et j'entendais chez chacun un propos que je connais bien, à savoir que les femmes sont exigeantes, parfois terribles et volcaniques, que ce sont elles qui démarrent la plupart des conflits, qu'elles ne lâchent jamais prises, et qu'au final, elles sont responsables, en tout cas plus responsables que nous…
    J'ai longtemps été comme eux… Non ! Je le suis encore… ou de moins en moins… Et Dieu que ce chemin est long ! En fait, j'avance sur le difficile terrain des "relations sans coupable". Je me vois avancer… et retomber… et me relever.
    J'aimerais partager ici mon vécu, celui d'un homme en chemin, teinté, fortement teinté par le "travail" effectué en thérapie, teinté aussi par mon métier de thérapeute, par le dialogue constant entre espoir de devenir et désespérance de demeurer, entre Moi et Soi, entre jugement et bienveillance, entre hier et demain…


    C'est trop inzuste !
    Pour expliquer ce qui m'est arrivé il y a 6 mois, un jour de retour d'un week-end de pêche en famille, il me faut parler au préalable de cette notion de "relations sans coupable" et des schémas d'ancrage. Le concept de base, grand classique du travail sur soi, stipule que sans conscience, je vais juger chez l'autre ce que je critique ou que je refuse de voir chez moi. Si je ne sais pas que j'ai de l'agressivité, je vais juger celle de l'autre. Si je ne veux pas voir mon égoïsme, je vais le dénoncer chez l'autre. Et toujours dans des jeux de miroir destructeurs. L'autre ? En simplifiant à l'extrême, je dirais qu'il existe deux façons d'être, au sein d'une relation suivie, deux types de couple. Les couples à "ancrage positif" regardent dans la même direction, ont les mêmes valeurs et peu de conflits. Chacun s'efforce de stabiliser l'énergie du couple, d'harmoniser la sienne avec celle de l'autre, sur la base de nombreux non-dits. Les couples "ancrage négatif" vivent des extrêmes, s'expriment avec excès, amour et guerre se succèdent : les deux partenaires ont des Enfants Intérieurs très blessés. Chacun demande de l'amour à l'autre et hurle régulièrement qu'il ne se sent pas aimé… sans dévoiler vraiment sa vulnérabilité ! Quand il se sent frustré, il attaque dans ce qui est "trop" chez l'autre et "pas assez" chez lui (partie reniée).
    Lorsqu'un conflit démarre avec la compagne de ma vie, Caliméro entre généralement assez vite en scène, et estime que "C'est trop inzuste !". D'abord, elle ne me comprend pas, ensuite c'est elle qui a commencé, de plus j'ai raison et au final, elle doit changer ! Et puisque la situation conflictuelle se répète à l'identique depuis que je la connais, je désespère qu'elle comprenne et qu'elle change un jour. Alors je me ferme, je boude ou je hurle (ou les deux !), ou je m'en vais. Car elle est responsable à 100% de cette situation ! Et bien sûr, elle, de son côté, pense exactement la même chose… tout en étant persuadée que je suis un lâche, un tyran, un violent, et que je suis comme tous les hommes, un goujat égoïste, un Patriarche qui impose sa loi : je n'ai pas d'amour pour elle et aucune bienveillance.


    Le Patriarche omniprésent chez les hommes
    Qui est ce Patriarche qui revient si souvent lorsqu'on travaille sur les difficultés des couples ? Il s'agit d'un archétype assez bien représenté dans nos mythologies par Moïse ou Abraham. C'est celui qui, dans un monde façonné par les hommes, fixe les règles de la vie sociale, toutes les règles y compris (et surtout) la conduite des femmes. Ainsi, depuis la nuit des temps, les hommes ont un arsenal d'idées bien arrêtées (souvent inconscientes) sur ce que doit être une femme. Et en retour, les femmes ont intériorisé (éducation et ambiance socio-culturelle) un ensemble de forces sournoises et rigides, qui les empêchent d'être pleinement elles-mêmes. Pire, c'est ce Patriarche Intérieur qui dévalorise sans cesse le féminin (en elles) et le confine par des injonctions hystérisantes : "Tu dois être féminine et docile, sans oublier que le vrai pouvoir revient à l'homme !". Vous pensez que la société a évolué ? Que vous avez dépassé ce stade assez primaire ? Détrompez-vous ! Ce processus affecte même les personnes apparemment libérées.
    En effet, le Patriarche est aussi merveilleusement incarné par nos arrières-grand-pères qui s'asseyaient en bout de table, que tout le monde respectait et craignait. Misogyne et rigide, il est tapi dans l'ombre des hommes et surgit lorsque les femmes essaient de se libérer du joug de leur propre Patriarche en réclamant l'égalité. J'ai mis de longues années à percevoir qu'il était là, tapi au cœur de mes relations avec les femmes. Même avec mes 7 ans de psychanalyse, même avec ma formation de thérapeute, il est encore là, comme un pilier, un fondement indéracinable de mon inconscient, qui ressemble assez à l'inconscient collectif des hommes. Il y a quelques années, dans mon roman "Les pères empêchés", je faisais dire à une femme : "Le masculin est fait de silence et de fuite. L'hystérie n'est pas la nature des femmes, c'est juste une réponse sociale à la misogynie et à la domination des hommes. Face au silence, au pouvoir, à la force des hommes, face à la folie éjaculatoire des violences qu'ils génèrent, les femmes pètent les plombs et entretiennent les violences conjugales. Sans retour à l'Homme et à un Masculin authentique, il n'y a pas d'issue…".


    Pour en finir avec le yo-yo "je t'aime/je te hais"
    Après des années de diabolisation des femmes où il était dit qu'elles étaient responsables des crises que je vivais avec elle, toutes les compréhensions et avancées issues de mes thérapies, toutes les mutations en cours se sont cristallisées lors du retour de ce fameux week-end de pêche. La violence verbale de ma compagne était telle que je ne pouvais m'y opposer sur le même ton. Je savais le faire, mais j'en connaissais toute la vanité et l'inutilité. Je me suis mis à penser en silence, aux "relations sans coupables", sans être perturbé par cet autre silence, hostile et violent, qui régnait dans la voiture sur le chemin du retour. Et plutôt que de chercher en quoi j'étais "innocent" et elle "coupable" de cette crise, j'ai regardé comment je pouvais être responsable à 50%, et mieux encore comment je pouvais prendre responsabilité à 100% de ces 50%. Car chaque crise, au-delà de tous les cas particuliers que l'Ego s'ingénie à pointer, se construit à deux, "50-50", toujours ! En arrivant, j'ai parlé depuis ma vulnérabilité, sans jamais dire "tu", en nommant la tristesse (et aussi la colère) qui m'habitait, d'être retombé une fois de plus dans notre "danse de couple" (tu m'as blessé, je t'attaque… Crescendo !). Ce soir-là, je me suis excusé (excuses du cœur !) pour ma part à moi, pour mes 50%, pour ma contribution à cette crise. Le lendemain, ma compagne s'excusait à son tour et la vie a repris avec plus de paix. Pas de coupable ! Dans les mois qui ont suivi, le yo-yo "je t'aime/je te hais" a repris. Mais chaque fois, quand j'étais tenté de basculer dans le "100% innocent", je revenais à la vulnérabilité. Jusqu'au jour où j'ai senti-perçu, de façon claire et certaine que mon Patriarche refusait (sans le dire !) des attitudes, des choix, des désirs qu'elle manifestait et voulait vivre. Et quand je critiquais "gentiment" ces attitudes, ces choix, ces désirs, que je l'amputais par mille petits jugements, d'une partie d'elle-même, j'activais toutes ses frustrations et sa colère "hystérique" contre les hommes castrateurs. Mais Patriarche oblige, je n'en percevais pas la gravité ! En prenant une posture de pouvoir, j'appelais en face une autre posture de pouvoir, et nous rejouions la danse de nos yo-yo affectifs.
    Demain ou après-demain, dans un moment fragile, je redeviendrai Caliméro et, faute de pouvoir rassurer assez vite mon Enfant Intérieur, je basculerai dans la blessure de l'Enfant abandonné, seul, victime, puis Victime… qui voudra réagir, devenir Bourreau… pour rejouer à la guerre. Encore et encore !
    Ma vie, ma confiance, mon espoir, c'est de savoir que désormais j'ai la ressource de prendre responsabilité à 100% de ma part de responsabilité.
    Comme un mendiant ? Non ! Comme un Prince ! Et l'amour est à ce prix…
    Car devenir "mieux-aimant", c'est donner du lien à mon Enfant blessé. Sans cela, il s'enferme dans des désespoirs sidérants…et m'y entraîne !

    Jean-Yves Catherin

  • Textes & Liens

    Papa et les Nouveaux Guerriers

    Aventure incroyable ! Au soir de mon week-end d'initiation Nouveaux Guerriers du MKP (Man Kind Project), ce sont les mots qui ont surgi. Des mots qui prolongeaient l'étonnement parfois enfantin et jubilatoire que je venais de vivre : "Je suis là… Oui, c'est bien moi… Je suis là ! " Tant ces moments m'ont paru forts, nouveaux, improbables, mais réels. J'étais là, présent au milieu de 80 hommes habités par le même désir, la même quête : être homme, ou plus homme, plus masculin, plus vrai, plus présent, plus à l'écoute… De tout, de moi-même, du monde, des femmes, de la terre, de mes émotions...

    S'engager dans un processus initiatique
    Parler de mon ressenti, c'est d'abord dire comment je suis arrivé au MKP. Comment et pourquoi j'ai dit oui, quand tout m'invitait à penser que ma relation aux hommes via le RHRA, mon parcours et ma formation de thérapeute étaient suffisants, que ce n'était pas essentiel, que c'était cher et sans doute prétentieux. Toutes ces idées étaient en moi… Alors comment, quel déclic ? Je venais de vivre une semaine de formation avec 19 femmes où il était question d'aller vers le féminin, l'ouverture, l'intuition, le partage, le mieux-être… Magnifique ! Pourtant… Pourtant, je sentais confusément qu'une énergie, une partie de moi ne pouvait pas s'exprimer, d'autant plus que la "performance" que je devais produire au terme des 43 jours de cette formation tournait autour de la nécessité de "couper avec l'univers des mères" pour incarner davantage de Masculin. Au retour du dernier stage, avec 3 femmes dans la voiture et la perspective de faire 800 km avec elle, j'ai craqué. Une overdose totale des arabesques et surenchères féminines. Avec l'envie d'être seul, de ne plus rien entendre ces "blablateries" interminables que je ne supportais plus… et bien sûr, des tonnes de jugements ! A cet instant, j'ai ressenti le besoin de me retrouver avec des hommes, de partager du Masculin. Et j'ai décidé de m'engager dans une AING (Aventure Initiatique des Nouveaux Guerriers). Parler de mon ressenti, c'est bien sûr, ne rien dire du contenu. Les rites d'initiation exigent le secret car ils doivent se vivre comme un grand plongeon, une occasion de relever des défis, de traverser des peurs ancestrales. Il s'agit de vivre, d'expérimenter des situations et des émotions qui ne s'anticipent pas. Au retour, les gens me demandaient : "Mais pourquoi Nouveaux Guerriers ? S'il est question de chercher un Masculin plus authentique, pourquoi cette idée de "guerrier" si proche d'un rôle habituel des hommes". La réponse est simple : il ne s'agit plus de guerres extérieures, mais intérieures, d'un travail sur nos ombres afin afin de ne plus projeter et juger à l'extérieur ce que nous refusons de voir en nous.

    Papa ! Pourquoi n'étais-tu jamais là ?
    Guy Corneau a magnifiquement cerné les hommes en les qualifiant de colosses aux pieds d'argile. Costauds à l'extérieur, fragiles à l'intérieur ! Au week-end MKP, je suis arrivé exactement comme cela… dans mon corps, mon mental et mes émotions. Avec une cohorte de jugements, de postures "par défauts", mélange de bourru solitaire, de macho dominateur, de calculateur manipulateur, d'hypersensible masqué, de rationnel impersonnel, de petit garçon déguisé en homme. Bien sûr, je noircis le trait, je me sais en chemin, mais les postures anciennes ne sont jamais très loin. Que je le veuille, que nous le voulions ou non, elles sont justement mes (nos) postures par défaut. Et j'attendais ce "voyage du héros" tout en le redoutant lorsque je serai "bousculé" au contact de mes ombres. Et tout est arrivé très vite, tout s'est enchaîné à une vitesse folle au rythme des incessants "Allez les hommes, l'aventure continue !". Très vite l'enfant en moi, celui qui porte mes blessures est revenu. Massivement ! Les hommes autour de moi n'étaient plus Bruno, Jean, Louis, Rémy ou Stéphane… Mes peurs revenaient, j'avais 3 ans. J'avais devant moi des images de père et d'hommes anciens, guerriers justement, colorées de l'inconscient collectif des hommes. Violence… Fermeture… Solitude… Compétition… Guerre… Paraître… Tenir… Et là, autour, tout autour, que des hommes ! Tout revenait… Massivement ! Surtout l'absence… Et là, 80 hommes ! Présents et bienveillants !… Papa !… Papa ? "Pourquoi m'as-tu abandonné ? Pourquoi n'étais-tu jamais là ?". Oui, abandonné, pour être ensuite ballotté, cajolé, englué dans trop de féminin et pas assez de masculin. Alors, j'ai rejoué dans les larmes, la scène mythologique, impossible et jouissive, de l'Enfant qui tout à coup se voit beau, aimé, touché, entouré, validé, encouragé par tous ces regards et ces coeurs d'hommes qui réparent, qui disent "Je t'aime". Ah ! Ce "Je t'aime" insensé, insolent, introuvable, indicible... Alors oui... Réparation… Tardive, mais réelle : les hommes existent et d'autres rapports deviennent possibles. Car autour de moi, chaque homme faisait ce chemin. Tous des histoires de vie, des mythologies différentes et derrière, tous la même histoire, les mêmes souffrances, les mêmes prisons du paraître.

    Des hommes en quête de Masculin "sacré"
    Le Man Kind Project et les AING sont nés dans les années 80 lorsque des hommes se sont aperçus du chemin que les femmes effectuaient pour sortir de l'oppression du Patriarcat. Les stages de développement personnel à prédominance féminine, faisaient tous référence à un Féminin "divin" et "sacré", que les femmes devaient se réapproprier. Trois hommes d'horizons différents ont alors cherché ce que pourrait être, au sein de nos cultures "modernes", l'essence d'un Masculin tout aussi "divin" et "sacré" sur lequel hommes et femmes pourraient construire des relations plus authentiques. Revenir de ce week-end et me sentir "initié", c'est revendiquer cette part divine et me sentir appartenir à une confrérie d'hommes intègres : "Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis". C'est aussi prendre responsabilité de "qui je suis". Parce que je suis allé le voir, dans la confrontation de facettes de moi que je me cache souvent. MKP, c'est aussi une devise "Pour changer le Monde, un Homme à la fois !" qui résonne avec celle de ma vie : "Soyez le changement que vous voulez voir dans vos vies". C'est aussi une expérience fondatrice que je souhaite à tous les hommes en chemin pour sortir des schémas inconscients de misogynie et d'homophobie, et devenir réellement "acteur de leur vie".

    Jean-Yves Catherin


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    Masculin-Féminin... Partenariats homme-femme

    "Dans les relations de couple, l'idée de conserver le lien énergétique est essentiel car les ancrages mère-fils et père-fille génèrent des conflits qui semblent parfois insolubles. L'amour se transforme alors en une guerre des sexes où je vois et je juge chez l'autre ce que j'ai renié de moi, en développant un critique très fort… qui coupe justement le lien. En Voice, cette conscience et la connaissance de mes subpersonnalités et des blessures de mon Enfant Intérieur sont essentielles ". Le 16 janvier dernier, Caroline Voegeli proposait une magnifique conférence sur le thème de "l'harmonie de nos énergies masculines et féminines". Avec un thème fédérateur : "Aujourd'hui est venu le temps de faire la paix avec les notions de pouvoir, agressivité, domination, soumission appartenant au masculin blessé et désorienté… Est venu le temps de laisser s'élever les énergies du féminin et du masculin pour qu'ensemble la femme et l'homme dansent la vie, porteurs d'amour et d'harmonie ". Comme Caroline, je pratique le Voice Dialogue avec mes clients et j'aimerais revenir ici sur ce thème de l'équilibre Masculin-Féminin qui est devenu aussi central dans ma pratique que dans ma vie… En m'appuyant sur sa conférence, sur ma formation au Voice et sur l'enseignement des Stones.

    Le Voice Dialogue : psychologie de l'Ego Conscient
    Les Stones ? Hal et Sidra Stones étaient tous deux psychothérapeutes quand ils se sont rencontrés, puis aimés… puis engueulés ! Ils ont créé le Voice Dialogue pour "construire" leur couple. En partant de leurs conflits et du constat qu'ils étaient habités par toutes sortes d'énergie, portées par ce qu'ils ont nommé des "subpersonnalités", des "je", qui interviennent en fond de commerce ou en état de crise. S'il fallait donner des exemples, on pourrait dire qu'un chercheur du CNRS pourrait être habité par les subpersonnalités Mental fort, Rêveur, Impersonnel, Intellectuel, un chef d'entreprise par un Actif, Raisonnable, Responsable, Perfectionniste, une artiste par une Rêveuse, Insouciante, Extravertie, Créative. L'ensemble de ces caractéristiques constituent notre personnalité, nos "je" dominants, ce qui va nous permettre de nous mouvoir dans le monde, d'aimer, de gagner de l'argent, d'occuper une place. Le Voice nous apprend que ce qui Pour expliquer le développement de la personnalité, les Stones disent que l'enfant naît avec une grande vulnérabilité, mais comme le milieu parental n'est pas "tout amour", il apprend vite à se protéger en développant un ensemble de traits de caractère qui, à cet âge-là, n'ont qu'un seul but : se faire aimer ! Pour cela, il va construire les éléments de sa personnalité… par voie soustractive ! En effet, alors qu'il vient au monde comme une coquille vide pleine de tous les possibles, et porteur d'une grande vulnérabilité, il va se couper, s'amputer d'énergies instinctives, essentielles, qui deviendront ses "reniées" les ombres de sa vie d'adulte. Celles-là même qu'il projettera sur l'autre en refusant de les voir chez lui. L'adulte deviendra Généreux, reniant son Egoïste, Rationnelle reniant sa Créative, Mère reniant son Aphrodite… L'une des choses les plus importantes dont il va se séparer, c'est sa "Vulnérabilité" qu'il va protéger (puis enterrer) en s'identifiant à une polarité "Pouvoir" représentée (entre autre) par les "poids lourds" de la personnalité (Contrôleur, Actif, Critique, Perfectionniste…). Mais l'éducation, la quête d'amour, et les jeux d'identification parentale auront aussi une incidence profonde sur l'équilibre Masculin-Féminin, incarné par les concepts du Yin (féminin/réceptif) et du Yang (masculin/actif) et anima/animus chez Jung.

    Quand Ken rencontre Barbie *...
    Nous venons au monde avec les deux énergies. Notre aspect Féminin, notre moi intuitif et réceptif, est la partie la plus profonde de nous-même. L'aspect Masculin, notre côté émetteur, est porté vers l'action et la faculté de faire les choses dans le monde physique. L'union des énergies féminine et masculine dans l'individu est à la base de toute création : intuition féminine + action masculine = créativité. Il est ici question des énergies existantes (ou pas) au sein d'un même individu (homme ou femme) et notre vie quotidienne nous montre à quel point cet équilibre énergétique à l'intérieur de nous-même est précaire, voire inexistant. Ken aura tendance à sur-jouer un Masculin dominant, patriarcal, macho, fermé, impersonnel, tandis que la "blonde" Barbie, sur-joue l'émotionnel, la séduction, l'inconstance… Quand Ken rencontre Barbie, l'état amoureux les propulse tous deux vers un ancrage dit "positif" avec partage de "subpersonnalités" communes qui donnent envie de regarder ensemble un soleil couchant dans une apesanteur et une légèreté, qui (pensent t-ils) durera toute la vie. Au coeur de la rencontre, il y a partage d'intime, de vulnérabilité : quand il (elle) me comprend, toutes mes défenses fondent, je me confie, je me donne… Mais l'état amoureux de ce moment désirant, s'appuie aussi (et souvent bien plus) sur des ancrages de type coup de foudre, qui sont dits "négatifs" (sans jugement moral !). J'aime chez toi, cette "subpersonnalité", cette énergie que je porte, moi, en reniée et que je trouve si incroyable, si fun chez toi. C'est l'Egoïste qui flashe sur l'Altruiste, l'Intellectuel sur la Sensuelle, le Panier Percé sur le Gestionnaire, l'Introvertie sur le Boute en train, la Mère sur l'Enfant, le Père sur la Fille… Ouah ! il (elle) est trop ! Dans la rencontre, je me nourris de sa différence. Mais le temps, le quotidien, la vie à deux, la venue des enfants, font qu'imperceptiblement, je vais commencer à juger cette différence et à la trouver de plus en plus difficile à vivre. Si bien qu'au bout de 10 ans, je fais l'amer constat que j'ai parfois envie de le (la) quitter, en lui reprochant d'être ce que j'ai aimé chez lui (elle) quand je l'ai rencontré. Parfois mes amis me disent : "Tu te rends compte de ce que tu viens de dire. Les raisons qui m'ont fait t'aimer seront celles que j'utiliserai pour te quitter ! C'est d'un pessimisme effrayant ! " Oui, en Voice, nous disons cela. Ces scénarios se jouent en automatique ! Personnellement, je l'ai vu à l'oeuvre dans ma vie et je le vois à l'oeuvre chez mes clients et dans le monde.

    Tenir en tension mes opposés
    Car le discours assez récurrent des couples en questionnement ou en instance de séparation est bien celui-ci. Que faire ? Et surtout : Que sait-il passé ? "Je t'aimais… Tu as changé ! Tu n'es plus le (la) même. Je ne te reconnais plus. Tu est devenu dur, tu ne me parles plus, tu boudes, tu n'es pas là… Tu veux me changer, tu me manipules, tu me traites comme un petit garçon...". Revenons au départ des relations homme/femme et à notre thème Masculin/Féminin. Il faut sans doute dire et redire que nos cultures, éminemment patriarcales, ont institué le pouvoir des hommes sur les femmes, sur la nature, sur les autres hommes. "Les hommes et les femmes doivent regarder comme s'expriment, en eux, les injonctions du Patriarche, car c'est la première personnalité qui entre en scène dans la relation de couple " dit Caroline Voegeli. Les hommes se sont coupés de leur Vulnérabilité pour occuper des postures de Pouvoir. Paradoxalement, en prenant le pouvoir, ils se sont coupés de leur pouvoir. Et un homme qui fait l'expérience de son pouvoir, de sa puissance, est celui qui connaît, vit, interroge son Féminin, son intuition. Comme si son énergie masculine devait être nettoyée pour accéder au Masculin. La clé de transformation des rapports humains, des rapports homme/femme, c'est le contact avec sa vulnérabilité. "Si dans la relation, je ne contacte pas ma Vulnérabilité, je basculerai automatiquement dans une posture de Pouvoir ". Sans cette vulnérabilité (portée par mon Enfant Intérieur), je ne peux pas rencontrer l'autre. Je reste bloqué sur des postures de pouvoir : j'ai raison, il (elle) a tort. L'un de mes formateurs disait avec justesse : "Derrière les histoires d'amour, cherchez les histoires de pouvoir ". Au coeur du Voice Dialogue, l'Ego Conscient donne accès à la vérité présente chez deux subpersonnalités opposées où nous pouvons agir en prenant en compte ces deux opposés. Le contact avec la vulnérabilité, avec l'Enfant Intérieur, avec tous ces "je" qui m'habitent, la connexion avec mes énergies masculine et féminine, permettent de tenir en tension ces opposés et d'en faire une ressource permanente, une richesse… "pour garder un lien spirituel avec soi-même, avec l'autre, pour sortir des pilotages automatiques et des rôles que l'on joue par défaut".

    Jean-Yves Catherin
    avec le concours précieux de Caroline Voegeli et de Hal et Sidra Stones.


    * Ken et Barbie sont pris ici comme des caricatures "extrêmes" du macho et de la blonde.


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    Le Pouvoir, la Vulnérabilité,la Puissance des hommes…

    Il y a quelques années, j'avais la charge d'animer un groupe d'hommes sur un thème qui m'est cher : "Les hommes et le pouvoir". Il y était question de peur, de violence, de puissance, de distinction entre "avoir du pouvoir" et "être dans le pouvoir"… Au final, je me souviens d'une petite frustration née du fait qu'il nous aurait fallu vingt séances comme celle-ci pour avancer dans cette thématique où nous nous empêchons, nous les hommes… d'être des hommes.
    Frustration car je travaillais à l'époque sur un mémoire qui validait mon diplôme de psychothérapeute transpersonnel. Or, au cours de ces trois années de formation, j'avais senti dans mon histoire et dans mon corps, l'inconfort de ces postures de pouvoir que j'occupais "par défaut" et qui, paradoxalement, me coupaient d'une composante essentielle de ma nature d'homme que je qualifie en préambule de Masculin "authentique". Frustration augmentée du fait qu'avec cette formation, je commençais à avoir mille compréhensions sur l'origine de nos enfermements d'hommes et sur la façon de les dépasser… mais je devais me taire. En effet, mes pairs au sein de ce groupe d'hommes étaient remarquablement vigilants à me remettre en place dès que le "thérapeute" pointait son nez.


    D'où viennent les hommes ?
    Un document, "Vivre au Masculin", explique que le vécu des hommes s'appuie au départ sur une inégalité culturelle dans les rapports hommes/femmes. Une inégalité qui génère une aliénation que toute l'organisation sociale valide en déterminant la distribution particulière du pouvoir et des privilèges dans la société et en conditionnant différemment les hommes et les femmes à conquérir ce pouvoir ou à le subir. Tous les hommes viennent du pouvoir, au moins dans nos trois monothéismes qui le posent comme un postulat. Et en cela, pouvoir religieux, pouvoir politique et patriarcat sont consubstantiels. Pouvoir sur les femmes, bien sûr, mais aussi pouvoir entre hommes dans tous les jeux de compétition. L'intime, les rapports d'affection, la tendresse, la vulnérabilité leur font peur, comme si tous ces ressentis les rabaissaient au niveau des "gonzesses", comme si certaines émotions connotées "féminines" étaient incompatibles avec l'idée qu'ils se font de la force et la virilité.
    En fait, les différences physiologiques et morphologiques des hommes et des femmes (force physique des hommes/maternité des femmes…) ont servi de base à des formes de spécialisation de chaque sexe. Les hommes ont cultivé l'action, la pensée rationnelle, l'audace, la compétition, le "faire", tandis que les femmes sont allées vers la pensée intuitive, la patience, l'amour, l'empathie et "l'être". Au cœur des stratégies de pouvoir croisées, l'erreur des uns et des autres a été de confondre homme avec masculin et femme avec féminin. Dans la pensée chinoise, le "Tao" définit deux pôles : le yin et le yang, et la polarité masculin-féminin. Le yang est le pouvoir fort, masculin, créateur, associé au Ciel et au mouvement. Le yin est l'élément réceptif, féminin et maternel, associée à la Terre et au repos. Erreur car l'univers entier est l'union de ces deux principes masculin et féminin et ces deux pôles doivent être équilibrés et unis pour que l'être atteigne l'épanouissement (voie du Tao).


    Les croyances et le mensonge personnel
    Bien des hommes en travail conviennent assez spontanément de la justesse de ce propos, et, pour l'avoir ressenti fugitivement en eux, sont même convaincus de la nécessité de lâcher prise, de ne plus vivre sur la défensive des postures d'Ego, "d'être"… enfin ! Mais ils butent aussi sur la nécessité (et le courage !) d'aller traquer ce pouvoir en eux, dans le relationnel avec leur femme, leur maîtresse, leurs enfants, leurs fuites et leur solitude. Avec pour les plus courageux, un discours invisible mais récurrent : "consciemment, je voudrais changer, inconsciemment, ne changeons rien !" Le travail est long, périlleux, chaotique et suppose de visiter toutes les ombres de sa personnalité. Pourquoi est-ce si difficile de changer ? Pourquoi est-il plus facile et plus fréquent de penser que l'autre est responsable de toutes nos échecs et nos prises de tête ?
    Permettez-moi de risquer puis de développer une hypothèse. Celle de croire que je forge ma personnalité (tout se joue avant 3-4 ans) sur la base d'un Mensonge Personnel qui va me suivre toute ma vie. Quels sont ceux que je rencontre le plus souvent dans mon cabinet ? "Je ne suis pas désiré… Je ne peux pas m'exprimer… Je suis nul… Je ne mérite pas d'être aimé…" Ce Mensonge Personnel, c'est ma position par défaut, ma base, ma structure. C'est tout ce que j'exprime quand je ne dis rien, ce que je dis inconsciemment, derrière le sourire social, lorsque je vais vers l'autre, quel qu'il soit (femme, patron, amis…) L'Enfant, mon Enfant Intérieur, celui qui porte mes blessures, a tellement introjecté les projections négatives (nul, incapable, pas aimé…) véhiculées par papa-maman, qu'elles vivent au plus profond de moi, comme un ensemble de croyances auxquelles je m'identifie et qui me limitent dans mes élans de vie. De quelles blessures s'agit-il ?


    L'Enfant Intérieur, le pouvoir, la vulnérabilité
    L'enfant naît vulnérable et c'est l'amour que ses parents et l'entourage immédiat lui portent qui lui donne son pouvoir. Sans traumatismes, l'énergie circule librement du pôle pouvoir au pôle vulnérabilité. L'énergie est fluide, les jeux relationnels sont libres.
    Mais la réalité est souvent différente et à sa naissance, l'enfant se retrouve à l'intérieur d'un système familial qui n'est pas forcément "tout-amour".
    Dès sa conception et au cours de ses premières années, il va se nourrir des excès et des manques de ses géniteurs. Vierge de toute empreinte et de toute forme de dualité, il va se polariser au contact des exigences familiales et découvrir qu'il y a des émotions ou des comportements interdits (c'est pas bien !), alors que d'autres lui valent du succès (tu es un gentil garçon !). Ne pouvant plus être tout, il est obligé pour plaire à papa-maman de se réduire à des émotions "autorisées" et d'enfouir, de bannir des émotions "reniées". Face aux mots et aux actes de mal-amour, il va installer un système de défense pour se protéger et développer les croyances limitatives (mentionnées plus haut) sur ce qu'il est (et qu'il sera). De couche en couche, il construit autour de lui une armure qui va devenir sa personnalité. Et cette armure va protéger, isoler, enterrer l'enfant et sa vulnérabilité. Personne n'échappe à cela, nous portons un enfant et une vulnérabilité que nous ignorons et qui perdure dans nos vies d'adulte. Nous ignorons également que c'est lui (l'Enfant), avec sa peur, avec son mensonge, qui se relationne aux autres… mais sans se dévoiler ! "Je pensais être un homme en te rencontrant et je prends conscience que dans l'invisible, c'est mon enfant qui a rencontré le tien. Inconsciemment, je te demande de le porter (et tu fais de même) alors que je ne le connais même pas. Aujourd'hui, je ne m'étonne plus que nous ayons tant de difficultés à vivre notre relation d'homme et de femme ".


    Les relations et les schémas d'ancrage
    Revenons sur ce qui vient d'être dit… J'ai mentionné la polarité Pouvoir/Vulnérabilité en disant succinctement que l'équilibre est de pouvoir aller de l'un à l'autre. Si l'une de mes polarités m'est interdite, je suis comme un oiseau qui aurait une aile blessée, je tourne en rond et au final, je tombe. Lorsque l'énergie d'une personne est ainsi entravée, lorsqu'elle ne circule plus librement entre les deux pôles pouvoir-vulnérabilité, des mécanismes automatiques se mettent en route au moment où cette personne entre en relation avec une autre. Les énergies des deux personnes se polarisent et s'immobilisent chacune sur un pôle. On parle alors d'ancrages énergétiques : d'une part, l'énergie bloquée sur un pôle juge le pôle opposé, d'autre part, l'énergie du pôle non accessible est projetée sur le vis-à-vis. Pourtant, être en ancrage relationnel est notre manière de nous nourrir au niveau énergétique.
    Pour voir ce qui se passe dans une relation à l'autre, il faut percevoir que c'est le même courant d'énergie qui existe dans une personne, qui se crée entre deux individus, avec une liaison entre les côtés pouvoir et vulnérabilité de chacun.
    Ainsi, il y a de fortes chances qu'un homme identifié à son côté pouvoir, soit attiré par une femme vulnérable… qui porte les qualités qu'il a reniées. Et une femme identifiée à la Mère vivra avec un homme identifié à l'enfant ou avec un artiste extrêmement vulnérable.
    Bien au-delà des apparences visuelles qui me feront aimer un petit nez retroussé ou une forte poitrine, je rencontre l'autre "de ventre à ventre", d'énergie à énergie pour obéir à des injonctions transgénérationnelles, car il est clairement question de rejouer des histoires ancestrales restées sans conscience.

    Elizabeth Taylor/Richard Burton… à qui perd gagne !
    Allons encore plus loin dans cette idée de polarité… Tous les opposés de la nature humaine participent d'une polarité : actif/passif, introverti/extraverti, généreux/avare, bourreau/victime. Côté hommes, revenons à la polarité masculin/féminin et à la spécialisation des sexes. Le fond culturel, les médias, la publicité ont longtemps (toujours ?) valorisé une seule polarité de l'homme : il est fort, viril, actif, ténébreux, peu causant, il n'a peur de rien, ne se confie pas et affiche une belle misogynie en vivant farouchement seul ou en séduisant les femmes une à une. Cet homme-là a été cloné à l'infini au cinéma (Antony Queen, Humphrey Bogart, Stalonne, John Wayne, Lucky Luke, James Bond…) Il est rugueux, il a peur des femmes, qu'il prend et qu'il abandonne tant il a peur de s'engager… et d'aimer. Quelles femmes ? Celles que le cinéma et la misogynie ambiante nomment les "blondes" (mythifiées par Marilyne Monroe), des femmes réduites à leur plastique, futiles, fragiles, extérieures, hystériques. Dans ce monde-là, qui rencontre qui ? Quel est le moteur de la fusion amoureuse, de l'amour trop fort et impossible ? Ces histoires d'amour passent du "toujours" de la passion au "plus jamais" de la rupture quand les deux héros défaits sont rendus à leur solitude et leur souffrance. Le moteur, c'est une disharmonie fondamentale dans ce Masculin/Féminin quand un "trop" masculin (qui sur-joue la force et le pouvoir) attire un "trop" Féminin qui sur-joue l'impuissance et le rouge à lèvres.
    Bien sûr, vous et moi ne nous reconnaissons pas forcément dans ces héros, mais nous portons leurs énergies. Alors redescendons au niveau de nos HLM avec une question ordinaire qui revient quand nous nous perdons dans le regard et l'attente des femmes. Que veulent-elles de nous ? Notre force ou notre sensibilité ? Notre virilité ou notre tendresse ? Là où les choses deviennent encore plus complexes, c'est que cette force légitime qu'elles réclament n'a rien à voir avec nos positions inconscientes de pouvoir. La seule manière d'entrer dans notre puissance d'homme est de contacter notre vulnérabilité. Paradoxe ? C'est quelque chose que mes clients mettent beaucoup de temps à comprendre dans leur vie. Plus un homme contacte sa part féminine et accueille sa vulnérabilité, plus il devient accessible et ouvert, car moins enfermé dans sa polarité "pouvoir". Inversement ou plutôt symétriquement, plus une femme prend conscience que le féminin de Marie-Claire ou de Elle est une mascarade commerciale, plus elle intègre sa part masculine et plus elle pourra se frotter et jouir de la puissance d'un homme.
    Avant de mettre un point final à cet article, je voudrais laisser la parole à Véronique Brard : " Sans la présence de nos forces, de notre pouvoir d'adulte, de notre capacité à choisir, à décider, à poser nos limites, sans une vision spirituelle, nous devenons ou restons des victimes. L'alternative à la victime est la mise en oeuvre de son propre pouvoir… Pouvoir, forces, puissance, sont des pôles globalement opposés à impuissance, fragilité, vulnérabilité. Nous faisons par contre une grande différence entre occuper une position de pouvoir de façon inconsciente et être dans son pouvoir de façon consciente. Pour être dans son pouvoir, l'accès aux parties puissantes de nous-mêmes doit être possible. Pour l'exercer sans risque pour nous, le contact avec notre vulnérabilité doit également exister. Nous entendons par être dans son pouvoir cette place où nous sommes connectés à notre pouvoir ou puissance, tout en restant connectés à notre vulnérabilité ".

    Jean-Yves Catherin


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    La thérapie transpersonnelle, parce que je suis bien plus que ma personnalité…

    Il y a un bug dans ma vie, mais où, comment, pourquoi… Qu'est-ce qui m'empêche ? Pourquoi je répète à l'infini ? Sur quelles croyances limitatives s'ancre mon mensonge personnel ? La thérapie transpersonnelle présuppose que j'ai tout en moi et qu'un travail de conscience sur mes ombres/lumières permet de passer de replis défensifs (Ego) à des attitudes plus authentiques (Soi).

    "C'est pas normal que je me batte comme ça avec mon mec juste parce que j'arrive pas à parler avec mon père ". Anne était là, triste, fatiguée, les yeux plein de larmes à se demander s'il fallait se battre pour prolonger cette relation ou la laisser mourir, victime de crises conjugales incessantes. Je l'accompagnais depuis quelques mois, j'étais témoin des banderilles qu'ils posaient tous les deux, à tour de rôle dans ce qui ressemblait plus à une arène qu'à une vie de couple. Je savais qu'ils s'étaient séparés, retrouvés, puis re-séparés, je les voyais donner puis reprendre, dans des conditionnels perdant-perdant, je les voyais se tendre des pièges… et souffrir… et désespérer.
    Dans mon cabinet, je vois régulièrement des gens désemparés, qui n'ont plus de prise sur leur vie, comme si elle leur échappait, comme s'ils étaient agis, investis par des "petits Moi" tour à tour excessifs, violents, radins, dépressifs, agissant en lieu et place d'eux-mêmes. Tous disent qu'il y a un fossé entre leurs aspirations profondes et la réalité qu'ils vivent. Ils aimeraient se retrouver, savoir qui ils sont vraiment, sortir la tête hors de l'eau. Les plus innocents disent : "Pourquoi moi ? Qu'ai-je fait pour mériter cela ? " et les plus avancés disent : "OK, j'ai compris, je ne suis pas étranger à ce gâchis, mais comment puis-je en sortir ? ". Ce qu'ils ont en commun ? D'éprouver une insatisfaction générale, d'être figés dans des postures rigides et récurrentes, d'être gouvernés par leurs émotions, ou de ne pas savoir les exprimer, de se sentir à l'étroit dans leur personnalité. Nous appelons cela le "Soi défensif" ou l'Ego.


    Le trans-personnel pour aller au-delà de la personnalité
    Nous, ce sont les psychothérapeutes transpersonnels… Dans les champs de la psychologie transpersonnelle, nous pensons que nous sommes infiniment plus riches que notre personnalité. Et "trans-personnel" prend le sens littéral de "au-delà de la personnalité". Allons un peu plus loin dans la définition… L'école transpersonnelle est la quatrième grande école en psychologie. Après l'approche psychanalytique et l'approche comportementaliste, après l'école humaniste du début des années soixante, cette école "centrée sur la personne", reconnaît les approches précédentes et y ajoute la spiritualité comme étant une partie intégrante de l'homme. La psychologie transpersonnelle estime, à cet égard, que chaque personne porte en elle-même un potentiel sacré de sagesse, d'amour et de créativité que la construction de la personnalité a partiellement annihilé. L'Ego, le Soi défensif, est alors un ensemble de peurs et de désir : peur de perdre le contrôle, peur d'être abandonné, trahi, utilisé, dominé, rejeté, peur de ne pas être aimé… Toutes ces peurs limitent la force vitale, emprisonnent le mental et rigidifient le corps par le biais de tensions et de maladies. Des maladies qui, paradoxalement, sont du côté de la santé pour nous prévenir qu'il y a disharmonie, déséquilibre, empêchement à vivre.


    Séduire et mentir pour masquer ses ombres
    Si le but de la thérapie transpersonnelle est d'amener l'être humain à compléter son processus d'individuation qui est de vivre en harmonie avec ses ombres et ses lumières, il faut comprendre pourquoi nos clients arrivent profondément séparés d'eux-mêmes. L'enfant qui vient au monde est très vulnérable et dépendant. Dans sa quête d'amour, il va comprendre que ces parents donnent beaucoup, mais ne sont pas "tout amour", ils ont des peurs et des blocages. Il va vite découvrir qu'il y a des émotions et des comportements interdits, alors que d'autres lui valent du succès. Pour recevoir de l'amour, il va donc chercher à plaire à papa et maman, et pour cela, il va construire sa personnalité en valorisant des émotions "autorisées" et en bannissant des émotions "reniées". Là, il se coupe, il se réduit, il duplique les peurs et blocages parentaux et installe un système de croyances dites limitatives. Ainsi, il apprendra (pour la vie !) que "l'argent est sale, que le sexe est un péché, que les femmes sont toujours malheureuses, qu'il est nul, que les hommes sont des brutes..." Entre 0 et 3 ans, il a fait tout cela pour survivre, pour se protéger, pour se faire aimer, mais à 20 ans, il garde ses croyances limitatives, il s'empêche de vivre son élan vital et se présente au monde "en séduction", en masquant ses ombres et parties reniées. C'est de 20 à 40 ans, dans la quête d'amour que les lézardes apparaissent, que le divorce entre soi et soi s'agrandit, que la prise de conscience des mensonges personnels se révèle, avec parfois des constats et des souffrances terribles : je ne suis pas à la hauteur, je ne suis pas capable, je ne mérite pas d'être aimé, je ne peux pas m'exprimer, je ne trouve pas ma place, je suis nul…


    Prendre le risque d'aller au centre du feu
    Ce que nous percevons au travers de ce que ne nous disent pas nos clients, c'est qu'ils sont paralysés dans ces émotions autorisées/reniées. Un exemple ? Les gens qui disent toujours oui pour se faire aimer. Et qui en crèvent parfois, qui acceptent des situations qu'ils détestent et en viennent à détester l'autre de les y avoir entraîner. Lorsqu'ils parviennent à dire non, c'est généralement dans des colères et une violence qui les épouvantent, eux qui sont par nature si gentils. Autre exemple ? Celui des hommes "taiseux", incapables de se risquer à exprimer leur vulnérabilité et qui, par réaction, vont gonfler un masculin caricatural en exhibant de gros biceps tatoués. Notre travail consiste d'abord à repérer la fragilité, "qu'est ce qui est si difficile à montrer de vous-même ?". Pourquoi cette part d'ombre en moi ? Pourquoi, quand et comment l'ai-je installé ? Et si j'en souffre, quels en sont pourtant les bénéfices secondaires ? Le travail, c'est ce lent processus d'intégration de tous les aspects de ma personnalité (positifs et négatifs) qui font que je suis unique. Comment vais-je sortir de là ? Pour sortir, le thérapeute propose de faire l'état des lieux, d'entrer d'abord en soi, d'oser se risquer au centre du feu. Par le verbe ? Oui, bien sûr, les processus de conscientisation ne rejettent pas Freud, ils affirment simplement que l'être humain se réalise lorsqu'il vit avec quatre niveaux de conscience (physique, émotif, mental et spirituel). La réflexion ne suffit pas. Savoir et être conscient sont deux états différents.


    Devenir "qui je suis"
    Le travail transpersonnel présuppose que les traumatismes et chocs émotionnels qui nous ont "figés" dans l'enfance sont inscrits dans notre mémoire, mais qu'ils sont aussi engrammés dans notre corps. Un corps qui devient alors "bavard", qui s'exprime avec son langage, au travers de mille dysfonctionnements bien connus (mais mal compris !) par nos médecins/chirurgiens. Le travail transpersonnel consiste à provoquer chez les individus des états non ordinaires de conscience, à fissurer les limitations mentales ou émotives et à donner accès à une conscience plus vaste de la réalité. Comment ? Entre autre par une technique étonnante, la respiration consciente, travail sur le souffle s'inspirant du Rebirth de Léonard Orr. C'est dans ces états que nos clients cheminent pour se désidentifier de leur Ego. Et désidentifier ne signifie pas tuer ! Je ne gomme pas mon enfance, ni mes traumatismes, mais plus je rentre dans la conscience de "qui je suis", plus je me détache des demandes infinies de l'enfant qui tempête en moi. J'apprends alors à vivre dans la double attention de l'adulte que je deviens, (qui prend sa vie en main), et de l'Enfant intérieur blessé qui est toujours là, qui sera toujours là, mais avec lequel je peux dialoguer car je vis de moins en moins sous son emprise. Enfin, dernier point, important, essentiel, que je résume parfois de façon radicale : "tout travail de conscience s'appuyant sur le verbe qui n'a pas son équivalent dans le corps, ne sert à rien ". C'est pour cette raison que le yoga et la méditation sont des éléments essentiels de la thérapie transpersonnelle, pour ancrer les changements dans le corps.
    Jean-Yves Catherin


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    Faire l'amour…

    "La façon dont nous faisons l'amour est la façon dont nous faisons notre vie" Ramtha

    Nous rêvons tous de laisser perdurer la flamme de la passion dans nos relations amoureuses, mais passé quelques semaines, quelques mois ou quelques années, le désir a tendance à s'émousser et la question se pose : est-ce que je l'aime encore ? Chez de nombreux couples établis depuis plusieurs années les habitudes ont pris un pli dont il est difficile de se défaire. Les partenaires en parlent entre eux mais le dialogue ne fait que mettre en lumière les différences sans apporter beaucoup de solutions et le découragement s'insinue petit à petit jusqu'à geler parfois complètement toute tentative d'approche.


    Désir ou amour ?
    Que de confusion entre les deux ! Nous confondons le fait de convoiter quelqu'un avec l'amour. Etre amoureux est une question d'attraction et d'hormones, le désir sexuel est là car nos hormones entretiennent le rêve de l'autre et l'anticipation du plaisir à se rencontrer. Lorsque la réalité prend le pas sur le rêve et que les habitudes ont pris leur place, pouvons-nous continuer à anticiper le plaisir de rencontrer l'autre dans notre imaginaire ? Le désir sexuel nait dans l'imaginaire et est alimenté par le plaisir ressenti lors de la rencontre, mais si, dans la réalité, nous nous heurtons sans arrêt à des mécanismes insatisfaisants ou à une absence de rencontre profonde, l'insatisfaction s'installe petit à petit et sape notre capacité à nous ouvrir à l'autre. Bien souvent l'amour est là, mais il ne trouve pas sa voie dans les méandres de la sexualité car nous n'avons pas appris à relier les deux. Depuis notre tendre enfance, nous avons appris à marcher, à connaître les différents goûts des aliments, à parler, à lire et écrire, mais il reste un manque immense en ce qui concerne la sexualité et surtout l'art de la transformer en amour.


    Faire du sexe est naturel, faire l'amour s'apprend
    Lorsque nous découvrons les bases de la sexualité sacrée et que l'amour commence à circuler d'une manière plus fluide, alors la créativité émerge et l'art de l'amour trouve son aboutissement. Pour que la sexualité se transforme en amour, il est nécessaire de revoir nos croyances, nos illusions, nos attentes, nos idéaux, nos conditionnements afin qu'elle retrouve son origine sacrée. Comme la écrit Osho , "Le sexe est la graine et l'amour l'épanouissement, si vous condamnez la graine, vous condamnez la fleur". Cependant, pour que la graine fleurisse, certains apprentissages sont nécessaires.
    Pour "faire l'amour", j'enseigne aux couples la sexualité sacrée à travers le tantra. Elle n'a pas le même but que la sexualité que nous pratiquons habituellement. La sexualité que nous pratiquons est une sexualité de décharge. Nous utilisons l'excitation pour tendre vers un orgasme explosif qui décharge les tensions corporelles accumulées pendant la montée de l'excitation. Chez certaines personnes, la dictature de l'orgasme transforme la rencontre en devoir… ce qui n'est plus très excitant ! Je rencontre énormément de femmes en panne de désir sexuel et de plus en plus d'hommes qui ne veulent plus privilégier la performance et s'essoufflent à vouloir donner du plaisir à leur partenaire. Pour palier au manque d'apprentissage, la pornographie, facilement accessible, renforce encore la misère affective.

    Tantra : l'art de l'amour
    Le Tantra privilégie l'ouverture du sexe, l'ouverture du corps, du coeur et l'abandon total à ce qui est présent. Il n'y a aucun but à atteindre. L'énergie sexuelle est canalisée pour que le corps devienne orgasmique. La montée orgasmique se fait par paliers avec des moments d'intensité comme des moments de creux, telles les vagues de l'océan. L'orgasme n'est plus un but à atteindre mais devient un état global dans lequel nous baignons. Dans cet état d'être, le corps et le mental se réconcilient pour que l'énergie sexuelle puisse circuler. Le mental sert alors à écouter le corps, à repérer les sensations, à suivre l'énergie sexuelle à l'intérieur de soi et dans l'interaction avec son ou sa partenaire, à se percevoir de l'intérieur avec son ou sa partenaire. Le mental ne fait plus qu'un avec le corps et les sensations et devient méditatif car uniquement dans l'instant présent, sans passé, sans futur, en total accord avec ce que nous vivons. Nul besoin de fantasmer sur une situation plus excitante pour appeler le désir, tout est là, en harmonie.

    La respiration est importante, nous privilégions la respiration profonde dans un corps délié. L'énergie ne peut circuler dans un corps rigide et encore moins dans un corps qui manque de tonicité. C'est pourquoi, la danse, le mouvement, le yoga sont importants car ils permettent d'apprendre à avoir conscience de son corps et de sa respiration, à lâcher les tensions, voire les rigidités, à prendre sa place, à accueillir les sensations à l'intérieur de soi, à se centrer, à se libérer des carcans qui entravent notre liberté d'exister tels que nous sommes.

    Le Tantra et la sexualité sacrée n'enseignent pas de techniques pour améliorer des performances. Ils ne s'adressent pas à l'ego ou à la personnalité. La sexualité sacrée trouve sa profondeur et son épanouissement dans l'émergence de notre être intérieur. C'est un processus de croissance personnelle, plus ou moins lent, qui déverrouille le corps, les émotions, la conscience pour devenir une philosophie de vie. Elle touche tous les aspects de notre intimité et pour cela il est nécessaire que chaque partenaire se connaisse suffisamment pour offrir à l'autre l'amour qui est déjà là en lui ou en elle. La rencontre devient alors la cerise sur le gâteau et non pas le gâteau à confectionner. Il est déjà prêt, il ne reste plus qu'à le partager.


    La voie de l'amour
    Pour expérimenter pleinement la sexualité sacrée, je fais travailler les personnes à deux niveaux : corporel et spirituel. Utilisée à bon escient, l'énergie sexuelle nous ouvre les portes de l'élévation spirituelle : elle est la voie de l'amour. Au niveau corporel : des bases sont enseignées pour repérer ce qui se passe en soi. Par exemple, les femmes doivent aller à la rencontre de leurs sensations pour pouvoir accueillir l'énergie masculine à l'intérieur d'elles et savoir comment leur sexe accepte de s'ouvrir à l'amour de l'homme. L'homme doit apprendre à transmettre l'amour à travers son sexe plutôt que d'imposer son excitation et son désir. La différence est subtile et il lui est demandé de savoir canaliser son énergie sexuelle pour que cet amour ouvre le sexe de sa partenaire. Il se sentira alors pleinement accueilli dans ce qu'il a à offrir et son coeur s'ouvrira. Se sentant aimée, la femme s'offrira avec plus de volupté. Au niveau spirituel : nous apprenons à nous percevoir comme un être digne d'amour, à élever notre conscience vers le meilleur pour soi-même et à infuser cette élévation de conscience dans tous les domaines de notre vie. Le sacré ne vient pas de l'extérieur mais d'un état d'être à l'intérieur de nous. Nous pouvons alors partager cette élévation avec notre partenaire, y compris dans la sexualité. « Vous aimer vous-même, c'est vivre conformément à votre aptitude morale et spirituelle la plus élevée. Et l'amour que vous portez à quelqu'un d'autre ne peut être égal qu'à l'appréciation spirituelle que vous avez de vous-mêmes » écrit Ramtha. Lorsque nous rencontrons notre propre intimité dans cette dimension spirituelle, nous gagnons en confiance en soi, en l'autre, au processus. Notre organisme tout entier se met alors au service de l'amour avec humilité et cohérence.


    L'amour : une approche expérientielle
    Le Tantra place la sexualité dans un espace sacré où l'ego ne peut avoir sa place car l'ego divise, sépare, contrôle, veut que les choses se passent comme il l'a décidé, exige… ce qui ne fait que bloquer le processus de rencontre. « Si on lui donne assez de raisons pour se justifier, le mental égotique peut très facilement faire taire le coeur. La connaissance… ne peut être reconnue que par une parcelle de nous-mêmes, qui n'est pas un produit du mental, qui n'est pas sous son influence ou sous son contrôle* … » écrit Lee Losowick. Le Tantra nous offre l'opportunité de nous reconnaître dans notre Vérité profonde afin que notre ego ne prenne plus toute la place. Il a sa place, certes, dans certaines activités du quotidien, mais en aucun cas dans la rencontre amoureuse. Le Tantra nous propose de laisser disparaître notre ego pour entrer dans la compétence issue de l'expérience intérieure. En nous fondant complètement dans l'expérience organismique, nous pouvons alors pleinement goûter à cette rencontre, nous abandonner aux sensations sans rien imposer, laisser l'amour nous submerger, nous aimanter. Alors nos âmes communient et nous transcendons nos limites. Dans cet espace nous nous sentons nourris jusqu'au plus profond de nos cellules. L'énergie ainsi échangée ne nous emmène pas vers la décharge mais vers la recharge.

    L'apprentissage du Tantra et de la sexualité sacrée est lent car il se fait par étapes. Il n'est pas facile d'abandonner nos habitudes, nos schémas de fonctionnement, même s'ils ne sont pas satisfaisants car nos conditionnements trouvent leurs fondements dans notre insécurité. Moins nous savons qui nous sommes, plus nous sommes insécurisés. Au fur et à mesure que la rencontre avec soi se fait, le coeur s'ouvre, le mental lâche et la rencontre avec l'autre se dessine de plus en plus clairement. Entre le moment où nous lâchons ce qui ne nous convient plus et le moment où nous mettons en place une nouvelle manière de se rencontrer, de nombreuses frustrations peuvent voir le jour, jusqu'à ce que la fluidité participe à la rencontre. Nous sommes les créateurs de cette nouvelle manière de concevoir la sexualité. Même si j'enseigne comment s'y prendre, le travail reste à faire. Si nous y résistons rien ne se passe. Lorsque nous sommes prêts, le processus s'amorce et même s'il y a des insatisfactions, elles ne sont plus un problème mais plutôt l'opportunité d'écouter et de communiquer plus clairement à son ou sa partenaire les besoins dont nous n'avons pas pris soin.


    Le sacré : la conjugaison de l'amour et de la conscience
    Au fur et à mesure que nous expérimentons ce processus, nous instaurons une meilleure qualité relationnelle, comme si nous étions amoureux en permanence dans un état de liberté d'être. Plus nous nous dévoilons dans notre authenticité, plus nous rencontrons notre partenaire en profondeur, même dans des petits moments. Beaucoup de couples se sentent envahis par le stress du quotidien et se plaignent de ne pas trouver le temps de se rencontrer. Cependant, si nous cultivons en nous, cette qualité d'ouverture et d'amour, le temps ne se conjugue plus de la même manière car la profondeur est là en permanence, c'est une question de conscience. Par exemple, la manière de se dire bonjour, de prendre le temps de respirer ensemble en conscience dans l'ouverture du cœur peut prendre une minute, mais une minute qui peut nous nourrir le reste de la journée. Lorsque cet état d'ouverture est installé, le bonjour n'a pas la même saveur que si nous nous disons bonjour en étant totalement absent. L'attention à l'autre ne demande pas d'efforts car c'est un état de présence. Il est évident que cette démarche tantrique nous demande de mettre en avant plan ce que nous considérons comme essentiel dans notre vie et d'en prendre soin. Nul besoin de grands tralalas ou de rituels compliqués, la simplicité, la conscience, l'ouverture sont les ingrédients de l'amour. L'apprentissage de cette forme d'amour me paraît indispensable de nos jours. Son enseignement est d'une richesse et d'une sagesse infinies, le plus important n'étant pas un but à atteindre mais le chemin en lui-même. Le Tantra dit: « acceptez ce que vous êtes – un grand mystère composé d'énergies diverses ! Acceptez-le et suivez chaque énergie avec conscience, avec amour, avec compréhension. Laissez vous porter et ainsi chaque désir deviendra le véhicule de son propre dépassement… alors ce corps deviendra un temple, un temple sacré, un lieu saint…

    Catherine Delorme


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    Féminin et masculin : leur mariage divin quotidien, le Nous…

    Le titre de ce congrès, "le féminin divin", contient une réaction contre la survalorisation du masculin qui, dans notre culture occidentale, va de pair avec une dévalorisation ou une méfiance parfois claire, souvent diffuse, en tout cas globale, du féminin. Cette réaction de revalorisation du féminin ne date pas d'aujourd'hui. Le mouvement féministe en est une manifestation, le planning familial, la libéralisation de l'avortement, la loi sur la parité aussi, l'accès accru des femmes aux postes de responsabilité et la revendication de "à travail égal salaire égal", également. Et sur le plan religieux chrétien le mouvement dans ce sens est très ancien : vous savez que le culte de Marie, figure féminine divine s'il en est, s'est installé dans l'Eglise chrétienne dès les premiers siècles de notre ère. Les papes Pie IX et Pie XII, en proclamant respectivement le dogme de l'Immaculée conception en 1854 (Marie exemptée de tout péché par une faveur particulière de Dieu), et le dogme de l'Assomption en 1950 (la Vierge montée au ciel "corps et âme"), n'ont fait que valider au niveau du dogme un culte depuis longtemps spontanément jailli dans la pratique populaire, bien que n'ayant dans la Bible aucune justification écrite.
    Jung, dans la première moitié du siècle précédent, ne s'étonnait pas de cette émergence irrépressible du culte d'une entité féminine étant donnée la très grande prédominance du masculin dans les Ecritures, Ancien et Nouveau Testament confondus.
    Et pourtant, c'est en pratique un fait toujours actuel que les valeurs masculines dans notre Occident d'aujourd'hui sont plus prégnantes que les féminines. L'esprit de lutte et de compétition, l'autorité, l'indépendance, l'initiative, l'exercice du pouvoir, l'efficacité et le rendement, la réussite sociale et notamment financière, dans lesquels beaucoup d'hommes se reconnaissent ou aspirent à se reconnaître, sont présentés comme des signes d'accomplissement personnel, largement plus souvent que ne le sont la réceptivité, la patience, l'écoute, la protection, le dialogue, l'empathie, la construction de liens, l'attachement, la contemplation, le partage, l'entraide : ces modes relationnels occupent plutôt, socialement parlant, des places décoratives sans véritable valeur mesurable (c'est-à-dire, de nos jours, pas mesurables en termes marchands), sauf dans certains contextes particuliers comme entre-autres l'enseignement aux jeunes enfants ou la psychothérapie. D'ailleurs, si la psychothérapie devient une pratique de plus en plus répandue, c'est bien justement parce que la conscience collective fait trop peu de place à ces valeurs de présence attentive à l'intime de la vie et qui sont classiquement décrites comme féminines. Et c'est aussi mon expérience personnelle et/ou professionnelle que les femmes que j'ai rencontrées étaient en moyenne bien plus spontanément porteuses de ces valeurs que nous les hommes, même si elles ne nous sont pas étrangères.
    La question aujourd'hui est : peut-on dire que ces valeurs sont "divines" ? Mais au fait, qu'est-ce qu'on entend par "divin" ? Qu'est-ce qui est divin, et qu'est-ce qui ne l'est pas ? Au sens strict, le divin, c'est ce qui est attribuable à des dieux ou à Dieu. L'humanité, dans sa diversité culturelle et spirituelle, a inventé ou découvert ou reçu révélation de toutes sortes de dieux. Regardons d'un peu plus près.

    Du côté des Grecs
    Les dieux de l'Antiquité grecque les plus vénérés habitent l'Olympe; ils sont au nombre de douze; il y a par ailleurs beaucoup d'autres dieux qui habitent autre part, par exemple, Hadès habite dans les Enfers. Quand on se penche sur la mythologie grecque il est facile de constater que rien de ce qui arrive entre ces dieux eux-mêmes - olympiens ou non - ou sur terre entre eux et les hommes n'est vraiment différent de ce qui arrive entre les humains depuis que le monde est monde, mis à part que ces entités immortelles peuvent avoir recours à leurs pouvoirs magiques, et surtout que leurs actions et leurs passions sont d'une intensité sans limites.
    Ainsi Ouranos, le premier dieu masculin, à la fois fils et mari de Gaia la Terre, jetait tous ses enfants dans le Tartare (le chaos) ; son fils Cronos (Saturne), qui en avait réchappé, émascula et détrôna son père, mais lui-même dévorait ses propres enfants. L'un de ces enfants, Zeus (Jupiter), rescapé lui aussi d'un père infanticide et qu'il détrônera, devenu roi du ciel trompait surabondamment sa femme (et sœur) Héra , son fils Héphaïstos (Vulcain) ayant voulu défendre Héra contre lui au cours d'une dispute conjugale, il le jeta sur terre du haut de l'Olympe. Poséidon (Neptune) complota contre son frère Zeus dont il n'acceptait pas la domination… Du côté des déesses : un chasseur surprit Artémis (Diane), déesse de la Lune, en train de se baigner nue: furieuse, elle le transforma en cerf et le malheureux fut dévoré par sa propre meute de chiens. Quant à Athéna (Minerve), déesse de la sagesse, des arts, de l'intelligence, des métiers, de la raison, de la justice, elle était en même temps celle de la guerre, de la ruse, des techniques de combat.
    Il n'y a guère qu'Hestia (Vesta) et Déméter (Cérès) qui semblent avoir eu une nature vraiment pacifique. Zeus accorda à Hestia le titre de déesse du foyer et du feu sacré. Quant à Déméter, créditée d'une âme douce et dont le nom signifie "Déesse-mère", elle était la déesse de la fécondité, de l'agriculture et des moissons. Son culte est à la source des Mystères d'Eleusis dont la divulgation était punie de la peine de mort.
    A prendre le mot "divin", au sens strict d'attribut ou de trait de caractère d'une divinité, gréco-olympiquement parlant il est divin de tromper sa femme, divin de dévorer ses enfants, divin de châtrer son propre père, divin d'être simultanément déesse de la sagesse et de la guerre, divin de faire déchiqueter par ses chiens un voyeur involontaire... Mais divin aussi, et là pour nous c'est plus acceptable, d'être l'âme des foyers familiaux et d'être présente dans le feu sacré des temples, ou de présider à la fertilité des femmes et des champs. Dans cette sorte-là de féminin nous reconnaissons plus volontiers, me semble-t-il, le "divin", du titre de ce Congrès du Transpersonnel. Mais faut-il alors dire qu'Artémis et Athéna, au caractère nettement moins doux qu'Hestia et Déméter, étaient du coup moins divines ? Et que les dieux masculins (y compris Apollon, qui était pourtant dieu de la lumière et des arts, mais savait être tout aussi injuste et cruel que ses confrères) n'étaient carrément pas divins du tout ?


    Dans la sphère judéo-chrétienne
    Dans l'ensemble de la Bible, les femmes apparaissent sous divers traits : o dangereuses pour l'homme. Cela commence dès le début avec Eve qui tend à Adam la pomme interdite. Adam a été formé le premier, Eve ensuite , et ce n'est pas Adam qui a été séduit, c'est la femme qui, séduite, s'est rendue coupable de transgression (Paul à Timothée).
    o servantes fidèles de leur mari ou/et de Dieu, porteuses de descendance (les femmes des patriarches par exemple). Mes frères, que les femmes soient soumises à leurs maris comme au Seigneur -, car le mari est le chef de la femme... Or de même que l'Eglise est soumise au Christ, les femmes doivent aussi être soumises en tout à leurs maris. (Paul aux Ephésiens) , o amoureuses : Ruth (livre de Ruth), le Cantique des cantiques
    o pécheresses (la prostituée que le prophète Osée doit épouser, Marie-Madeleine, réputée prostituée repentie) ,
    o disciples soumises et silencieuses : Que la femme écoute l'instruction en silence, avec une entière soumission. Je ne permets pas à la femme d'enseigner, ni de prendre de l'autorité sur l'homme ; mais elle doit demeurer dans le silence (Paul à Timothée). Que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d'y parler, mais qu'elles soient soumises comme le dit aussi la loi. Si elles veulent s'instruire sur quelque chose, qu'elles interrogent leur mari à la maison ; car il est malséant à la femme de parler dans l'église (Paul aux Corinthiens)
    Le point commun de ces rappels, puisés dans les bases écrites de la tradition chrétienne et qu'on peut facilement multiplier, est comme on l'a déjà vu, la dominance de l'homme sur la femme, celle-ci définitivement marquée par son passé d'Eve tentatrice par qui le malheur initial de la Chute est arrivé. On a vu aussi que le culte de Marie a rééquilibré cet excès de masculin justifié par le "mauvais", du féminin en proposant un modèle de femme entièrement bonne - Marie, exemptée du péché par faveur spéciale de Dieu - chez laquelle ce qui apparaît au premier plan n'est pas la soumission à l'homme, mais le cœur, la capacité d'aimer sans limite tous les humains, hommes ou femmes. Qu'elle soit aussi qualifiée de Mère de Dieu la place même au-dessus de l'entité masculine suprême.
    Divine, Marie l'est évidemment pour ceux d'entre nous qui avons été élevés dans une culture majoritairement catholique (je rappelle que le protestantisme ne reconnaît pas la divinité de Marie). On parlerait peut-être aussi de "divin" - quoique à un degré moindre - nous les hommes en tout cas, pour les femmes qui sont au service aimant de leurs maris ou de Dieu, voire de leurs fiancés comme dans le Cantique des cantiques. Mais quid d'Eve, pourtant créée par Dieu en personne ?

    Le paysage hindou
    Les trois divinités centrales sont Brahma le créateur, Vishnu celui qui préserve, et Shiva qui préside à la destruction, à la fin des choses. Chacun a sa compagne complémentaire, respectivement Saraswati, Lakshmi et Parvati. L'entité Shakti, nommée déesse, ou simplement principe de l'énergie, ou encore pouvoir de manifestation de la conscience, est usuellement associée à Shiva. On parle de Shakti ou de la Shakti . Elle est la contrepartie féminine du dieu, en fait son pouvoir de création, sans lequel il ne peut pas agir. C'est elle qui donne à l'Amour une chance d'exister, elle est aussi le pouvoir d'illusion appelé Maya, elle est encore la liberté de la conscience, ultime réalité de l'énergie. Et surtout j'ai retenu notamment ceci et de mes connaissances préalables, ainsi que du site Internet où j'ai puisé ces informations : nous devons regarder en face qu'en tant que principe de l'énergie Shakti est foncièrement amorale, impersonnelle, inhumaine, voire monstrueuse.
    Voici encore de quoi rester hésitant sur ce qui peut ou ne peut pas être appelé "divin" : la Shakti est une entité féminine, sans laquelle rien ne serait créé et sans laquelle il n'y aurait pas d'amour, et en même temps elle est dite source d'illusions, et de plus amorale, inquiétante, inhumaine. Le féminin "divin" emprunte t-il quelque chose à cette entité-divinité si centrale dans l'hindouisme et dont les pratiques tantriques, avec ou sans sexualité concrète, sont une forme du culte ?
    Si la réponse est oui, alors nous devons nous attendre à ce que le féminin "divin" se manifeste autant dans l'amour que dans une amoralité pouvant toucher au monstrueux... On serait bien loin de notre Sainte Vierge. Et pourtant nous les psys nous savons que le travail sur soi comporte nécessairement des visites, voire des plongées, dans l'amoral et l'inhumain - l'égoïsme sauvage, l'instinct absolu de prédation et d'extermination, l'abolition de toute considération pour l'autre... "La queue du saurien" disait Jung. Le saurien est-il, ou non, une créature de Dieu ?


    Et nous, ici et maintenant
    Les avancées de la psychologie d'aujourd'hui, et le travail sur nous-mêmes sous toutes ses formes - introspectif, analytique, émotionnel, corporel, spirituel... - ont apporté et continuent d'apporter une large contribution au développement actuel de notre conscience de nous-mêmes et de la nature humaine. Nous apercevons de plus en plus clairement à quel point nous sommes intérieurement multiples, y compris jusqu'à la contradiction ou même à la déstructuration. Nous avons peut-être souhaité être par exemple forts, fidèles, ou créatifs, inventifs, ou aimants, protecteurs, nourriciers, serviteurs, ou enseignants, ou chercheurs, ou sans tache, transparents, mais nous devons consentir à l'évidence que si nous sommes cela en partie, nous sommes autre chose aussi, et autre chose encore : peut-être nous faut-il regarder en face là où nous sommes aussi faibles, craintifs, changeants, démunis, ordinaires, égocentrés, mendiants d'amour, de protection, ignorants, confus, menteurs, tricheurs... autrement dit, le vivant qui coule en nous mêle les eaux de nombreuses sources dont chacune, à voix basse ou en criant, réclame qu'au moins nous la reconnaissions.
    Ce développement exigeant de la conscience a des conséquences sur le thème que nous débattons ici. Nous ne pouvons plus nous appuyer aussi facilement que nos aînés sur une ou des figures féminines déclarées "divines" par la tradition (notamment catholique) qui les a marquées : les attributs trop variables, ou trop contestables, ou trop unilatéraux des divinités féminines d'autres traditions nous mettent, finalement, en demeure d'avoir à décider nous-mêmes et ce que nous ressentons comme féminin et ce que nous ressentons comme divin.
    Autrement dit, les traditions qui nous ont éclairés et nourris ont été nos mères, et nous sommes aujourd'hui en train de sortir de leur sein et de nous différencier d'elles pour pouvoir maintenant écouter et entendre ce que dit notre expérience d'hommes, de femmes, de thérapeutes, notre sentiment du féminin et notre sentiment du divin. Ce que je vais proposer maintenant, c'est-à-dire risquer devant vous, c'est donc ma propre vision des choses.
    Le féminin d'abord. Ma position est qu'on ne peut pas définir le féminin "en soi" sans faire une référence implicite au masculin et inversement, pas plus qu'on ne peut définir la lumière sans l'ombre, le haut sans le bas, le Bien sans le Mal… Par exemple : "le féminin est accueillant, réceptif, intuitif...", implique évidemment que quelque chose d'autre peut être moins accueillant, moins réceptif, moins intuitif, ou dans l'autre sens : "le masculin est combatif, actif, rationnel..." implique que quelque chose d'autre peut être moins combatif, moins actif, moins rationnel. En fait le "moins" du féminin est simplement ce qui tend vers le masculin, et inversement le "moins, du masculin est simplement ce qui tend vers le féminin.
    On sait, au moins depuis Jung, que ni le féminin ni le masculin ne sont la propriété exclusive (ou le destin obligatoire) respectivement des femmes et des hommes. La question est seulement de discerner, dans ces deux registres opposés et complémentaires, entre ce qui est "vraiment" nous et ce qui peut avoir été "collé" dans ou sur nous par nous-mêmes, par d'autres ou par l'environnement. Le masculin éclaire, décide, tranche, initie le mouvement, organise, dirige, gouverne, se tient à distance des sentiments, cultive le rationnel ; le féminin abrite, enveloppe, crée du lien et le cultive, reçoit, patiente, rend service, est à l'aise dans les affects, laisse parler l'intuition. Ceci pour leurs côtés clairs. Et pour leurs côtés sombres : le masculin extermine, viole, s'empare, détruit, oppresse; le féminin piège, possède, étouffe, hait, aveugle. Chacun de nous est fondé à faire sien ce qui lui appartient de ces traits clairs ou obscurs, et à en laisser de côté ce qui ne lui appartient pas.
    J'en arrive à poser ceci : le féminin et le masculin constituent les deux pôles opposés d'un axe unique, un axe de vivant, une polarité vivante masculin-féminin. Gaia la Terre-mère des Grecs a eu besoin du masculin de son fils Ouranos pour engendrer les autres dieux puis l'humanité, la Sainte Vierge ne serait rien si elle n'était pas la mère du masculin Jésus... Et les femmes pourraient-elles être femmes si les hommes n'existaient pas ? Ou plus précisément encore, pourriez-vous être féminines sans qu'il y ait du masculin en arrière-plan, hors de vous ou à l'intérieur de vous ? Je crois fermement que la réponse est non. Quand le féminin est au premier plan, le masculin est au second, et réciproquement. S'il y a ici aujourd'hui un Congrès sur le thème du féminin divin, c'est que le masculin s'est trop longtemps cru propriétaire du vivant aux dépens du féminin, et que le vivant proteste par la voix de sa partie lésée, le féminin, la question du féminin divin se décale pour laisser voir celle, plus large, du divin de la polarité vivante masculin-féminin.
    Polarité que je propose de résumer ainsi, en remarquant que le masculin est essentiellement porteur de différenciation, et le féminin essentiellement porteur de reliance : la polarité vivante masculin-féminin est une polarité différenciation-lien.

    Le vivant divin
    Qu'est-ce que moi (non plus telle ou telle tradition) je ressens, ou je souhaite, qui pourrait s'appeler "divin" ? Ce ne peut pas être seulement ce qui est masculin ou seulement ce qui est féminin, puisque l'un et l'autre sont irréductiblement liés: si quelque chose doit être divin, ce ne peut être qu'en tant qu'appartenant à l'axe de vivant qui réunit ces opposés.
    Le vivant en général peut-il être appelé divin, ou dans quelle mesure peut-il l'être ? Le saurien est-il divin ? La Shakti amorale est-elle divine ? Eris, la déesse grecque de la discorde, est-elle divine ? Le Dieu de l'Ancien Testament lui-même est-il divin, lui qui a créé les anges, dont celui qui deviendra Satan, lui qui accepte par deux fois de laisser Satan tourmenter Job, lui qui revendique d'être un Dieu jaloux et qui se comporte avec son peuple d'une manière souvent plus répressive qu'aimante ?
    Ma réponse est Oui : le vivant, le saurien, la Shakti, le Dieu de l'Ancien Testament, Eris, je peux les appeler divins. Et aussi un papillon, l'amour, Jésus, la Vierge, et nous tous ici. Pourquoi ? quel est le point commun au vivant, à Shakti l'amorale, à Eris la discorde… ? C'est moi. Moi qui les pense, les ressens, en examine les effets, et qui peux ou non les appeler divins. Même chose pour nous tous ici : je suis celui, chacun de nous est celui, dont le regard pose ou non du divin sur ce qu'il regarde : le divin est toujours celui attribué par une personne, un groupe, une culture. Je remarque que chaque être humain aspire à être relié à quelque chose de plus grand que lui qui le contienne et l'unifie, et qu'il appelle divin ce qui pour lui est porteur d'ancrage dans l'universel, le contenant unificateur le plus grand possible.
    Le vivant avec son mystère et son insondable diversité, le saurien et son sauvage instinct de survie, la Shakti et son amoralité foncière, le Dieu de l'Ancien Testament créateur, exigeant, tout-puissant et colérique, la Vierge au cœur sans limites, Jésus et son message d'amour maintenu jusqu'à la mort, le papillon aboutissement délicat de transformations radicales, Eris metteuse en scène du drame profondément humain de la discorde... tout ce qui est évoqué ici peut ouvrir des expériences de vie, que nous aurions crues limitées à notre étroite histoire individuelle, sur leur dimension universelle : comme nos frères et soeurs humains et même animaux nous appartenons au vivant, des instincts sauvages nous habitent, nous sommes porteurs d'amour, nous aspirons à la transformation, nous traversons douloureusement la mésentente. Nous avons un ancrage dans le vivant, dans le sauvage, dans l'amour, dans la transformation. Pour décrire ce sentiment d'être reliés à l'universel, participants de l'universel, Jung parlait de notre dimension divine. D'autres la nommeraient plutôt spirituelle, mais ce dernier terme est à mes yeux trop souvent chargé de connotations morales et je ne souhaite donc pas l'employer ici.
    Divine est aussi, pour un homme, une femme qui l'émeut dans son cœur, dans son âme et dans son corps, et réciproquement, pour une femme un homme qui l'émeut de même. S'il apparaît plus tard que la femme ou l'homme en question n'est pas du tout parfait(e), ou même qu'il y a eu erreur grave sur la personne, C'est simplement qu'à cet autre moment de l'histoire cette femme ou cet homme ne sont plus porteurs d'ancrage dans l'universel de l'amour ; ils l'ont pourtant vraiment été, et la marque leur en restera. Et il arrivera peut-être, si l'histoire d'amour se termine par une séparation douloureuse, que celle-ci nous amène, toutes armes rendues, à une ouverture sur l'universalité de la souffrance qui ne supprime pas la souffrance mais l'enveloppe de

    Le Nous divin du masculin et du féminin
    L'histoire des couples qui durent montre qu'il peut y avoir encore d'autres ouvertures sur l'universel, entre un homme et une femme, que celle qui se produit dans la merveille de la rencontre amoureuse, ou celle de la souffrance d'une séparation. C'est le domaine de ce que j'appelle le Nous d'alliance.
    La rencontre amoureuse est un cadeau, la souffrance d'une séparation est une épreuve. Lune et l'autre peuvent être ressenties comme apportées par la vie, le destin, la chance ou la malchance, bref par des forces dont la maîtrise nous échappe, dont nous ne savons pas dans quelle mesure nous avons participé au déclenchement. Ce dont je parle ici, le Nous d'alliance, est d'une autre sorte : c'est un chantier délibérément mis en route par les partenaires, un engagement dont ils sont la source, une ouverture sur l'universel qu'ils travaillent ensemble à nourrir.
    L'histoire sur laquelle débouche la rencontre entre un homme et une femme n'est habituellement pas un fleuve tranquille : elle nous confronte inévitablement à l'Autre féminin si nous sommes l'homme, à l'Autre masculin si nous sommes la femme, dans les deux cas l'Autre - en nous et devant nous - étonnant, merveilleux, admirable, vital, incompréhensible, déroutant, dangereux, inacceptable... Ni nous les hommes ni vous les femmes ne diront que l'Autre est tous les jours divin, c'est-à-dire qu'il leur offre tous les jours une ouverture sur l'universel ! Mais il y a des lieux où le divin -l'ouverture sur l'universel - peut être invité: les humbles temples du cœur, du corps, de l'esprit, où le féminin s'engage, ensemble avec le masculin, dans l'artisanat patient et quotidien d'un Nous d'alliance fertile.
    Ce qui est peut-être nouveau dans ce que je propose ici, c'est de poser que l'irréductible opposition polaire différenciation-lien, ou masculin-féminin, en somme que l'irréductible existence de l'Autre, à la fois indispensable (car il faut des liens) et gêneur (car il faut respirer par soi-même), est constitutive de l'universel, et qu'il est donc possible de nous en faire des témoins et acteurs conscients et pas simplement de la bénir, cette existence de l'Autre, quand elle nous fait du bien - merci à Dieu de m'avoir fait rencontrer l'âme-soeur - ou de la refuser quand elle nous étouffe - je me sépare de ce conjoint qui me détruit. De même que nous pouvons devenir des témoins-messagers des énergies universelles que sont l'amour, le sauvage, la fécondité, la guerre… de même nous pouvons aussi devenir des témoins-messagers de ce mystère que j'appelle l'irréductible existence de l'Autre.
    En tant que témoin, la personne en question devra pouvoir (1) consentir en profondeur à ce que partout dans l'univers, et notamment dans notre humanité, la dualité soit aussi incontournable que l'unité, la différence aussi incontournable que la ressemblance, la fin ou la rupture des liens aussi incontournable que l'attraction et la rencontre. Autrement dit, consentir à ce qije l'univers soit dramatique, et qu'aucun dénouement favorable ou défavorable n'y soit prévisible a priori. Et en tant que messagère, cette personne devra aussi consentir (2) à être un acteur possible dans ce drame, c'est-à-dire consentir à prendre des risques dans les confrontations masculin-féminin, ou différenciation-lien, qui la concernent et dans le sens du dénouement qu'elle espère. En somme, présence de l'universel au messager, donc présence du messager au conflit et dans le conflit.
    Le Nous d'alliance fertile, c'est ce qui peut résulter de la rencontre du masculin et du féminin quand l'Autre de chacun a l'espace voulu pour se montrer et pour participer à l'artisanat de la relation, relation des corps, relation des cœurs, vibrations communes des tripes, relation d'esprit à esprit, artisanat d'un jour, d'un soir, d'un quart d'heure, d'une vie, dont on pourra dire : ce jour-là, ce moment-là, cette vie-là, NOUS avons fait, un homme avec une femme, quelque chose ensemble, et c'était sous le regard de Dieu. Pierre Janin. D'abord ingénieur et chercheur scientifique, il s'est ensuite tourné vers la philosophie puis la psychothérapie. Familiarisé avec Jung, formé à l'EPG, titulaire du SNPPsy et de la SFG, formateur depuis 1988, il a fondé avec Michèle JULIEN le Creuset de Meymans, lieu d'interactions transformatrices. Ils y animent des sessions centrées sur le travail de la relation et y accueillent des personnes en séjour. Auteur de nombreux articles sur le transpersonnel.

    Pierre Janin

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    Féminin et masculin

    En profondeur, il y a un homme en toute femme, et une femme en tout homme. Du point de vue biologique, chaque organisme contient à la fois des hormones masculines et des hormones féminines. Du point de vue psychologique, les recherches ont montré que chaque homme a un aspect féminin, et chaque femme un aspect masculin ("animus-anima"). C'est le reflet d'une réalité cosmique, symbolisée par la forme divine hindoue "Ardhanarîshvara", à moitié homme, à moitié femme.
    Dans la tradition de l'Inde, l'univers entier est l'union étroite de ces deux principes.
    Le "samkhya", pensée dualiste, accepte parallèlement une Nature éternelle et inerte (pôle féminin) et un Principe conscient (principe masculin), de natures totalement différentes. De leur association, naît l'univers.
    Pour les védantins, seul le Principe Suprême, absolu, "brahman" a une existence réelle. Associé à "Mâyâ" (Son pouvoir de projection), il devient "Îshvara", et l'univers alors se déploie, se manifeste. Dans cette vision, le Soi - la Pure Conscience -, n'est pas différent en essence de l'univers, qui se déploie par la force créatrice inhérente au Soi (Mâyâ, principe féminin).
    Dans le shivaîsme du Cachemire (1), les principes masculins et féminins sont désignés par les termes "Shiva" et "Shakti". Comme le Vedânta, le Shivaïsme du Cachemire reconnaît la Conscience pure et transcendantale (Shiva), mais insiste davantage sur l'aspect dynamique de la Conscience indissolublement unie à l'énergie. La différence entre les deux pensées tient donc au rôle décisif joué par la "Shakti", l'énergie restant d'ordre matériel pour le Vedânta. "Shiva" est le principe absolu, transcendant, appelé "Sadashiva" quand Il devient actif, et "Shakti" représente le Principe Féminin.
    Dans la pensée chinoise, le Tao ( 2) définit deux pôles : le yin et le yang, donc la polarité masculin-féminin. Le yang est le pouvoir fort, masculin, créateur, associé au Ciel et au mouvement. Le yin est l'élément réceptif, féminin et maternel, associée à la Terre et au repos. Ainsi, l'univers entier est l'union de ces deux principes masculin et féminin. Les éléments masculins sont l'action, la pensée rationnelle, l'audace, la compétition, jusqu'à l'agressivité ; les éléments féminins sont la pensée intuitive, la patience, l'amour, l'empathie. Ces deux pôles doivent être équilibrés et unis pour que l'être atteigne l'épanouissement.


    L'exil du féminin
    Depuis des siècles, la société occidentale favorise traditionnellement le côté masculin et valorise de façon excessive l'action, la compétition, la pensée rationnelle… Les occidentaux ont généralement du mal à réconcilier les contraires - lumière et obscurité, bien et mal, gain et perte -, et sont également mal à l'aise vis-à-vis de la bi-polarité masculin/féminin en eux. Les sagesses orientales au contraire sont basées sur le principe de la polarité des contraires : les opposés sont différents aspects du même phénomène.
    Aujourd'hui, le principe féminin est de plus en plus exilé d'un monde dominé par la violence, l'agressivité, la colère, l'égoïsme, la conquête et la destruction de la Nature (Mère Nature…).
    Le traitement fait aux femmes, au cours de l'histoire jusqu'à aujourd'hui, illustre également ce déséquilibre. Les hommes sont encore réticents à comprendre, accepter et reconnaître comme il convient les femmes et l'aspect féminin de la vie. La place faite aux femmes et les entraves que leur ont imposées les hommes dans de nombreuses sociétés traduisent cette incompréhension. Souvent, les hommes se considèrent comme supérieurs aux femmes à la fois physiquement et intellectuellement, et même dans les pays matériellement développés, les femmes sont le plus souvent refoulées au second plan lorsqu'il s'agit de partager le pouvoir politique.
    Ainsi, dans notre monde, les femmes, et aussi l'aspect féminin contenu en tout homme, ont été entravées : les hommes, tout autant que les femmes, en souffrent.
    Dans un discours prononcé en octobre 2002 au Palais des Nations à Genèvre, Shrî Mâtâ Amritânandamayi, une sainte contemporaine, a lancé un appel pour que les femmes et les hommes partout dans le monde se réveillent et prennent conscience de ce pôle féminin.
    Mâ Amritânanda recommande aux femmes dans les pays développés dominés par le matérialisme, de s'éveiller à la spiritualité, et dans les pays où elles sont soumises à des coutumes étroites, de s'éveiller à la pensée moderne, tout en assimilant la sagesse éternelle de la spiritualité. Là où des règles sociales font obstacle à leur progrès, elles doivent se montrer courageuses et les combattre.
    Cependant, Mâ Amritânanda met en garde les femmes : quand on veut conquérir la liberté, il faut savoir ce qu'elle est. " Il ne s'agit pas d'avoir toute licence de vivre et de se comporter n'importe comment, à notre guise, sans se soucier des conséquences pour autrui (…). Ainsi, dans leurs efforts pour avoir dans la société un statut qui leur revient de droit, les femmes ne devraient jamais perdre ce qui constitue l'essence de leur nature. C'est une tendance qu'on observe dans de nombreux pays et qui n'aidera jamais les femmes à conquérir leur véritable liberté. Il est impossible d'atteindre la liberté réelle en imitant les hommes extérieurement. Si les femmes elles-mêmes se détournent du principe féminin, il en résultera l'échec absolu des femmes et de la société. Les problèmes du monde seront aggravés. Si les femmes rejettent leurs qualités féminines et s'efforcent de devenir pareilles aux hommes en cultivant les qualités masculines, le déséquilibre ne fera que s'accentuer ".
    En Occident, trop souvent la lutte contre l'injustice faite aux femmes a eu en fait des effets pervers, induisant le rejet ou même la négation du principe féminin. Certaines femmes ont ainsi imité les hommes dans leur comportement, la relation avec le pouvoir, le travail professionnel, la tenue, l'attitude, le langage, la sexualité.
    Pourtant, pour s'accomplir, la femme doit découvrir l'essence de sa nature : elle doit découvrir en elle la " Shakti ", la Mère Divine.

    La femme et la Mère divine.
    En Inde, le Divin est vénéré à la fois sous les formes masculine et féminine. Il fut un temps où la femme était considérée comme un prolongement de la Déesse, une manifestation sur terre de ses attributs. De grandes saintes, comme Mâ Anandamayî, ont été considérées comme des incarnations parfaites de la Déesse et font l'objet d'une grande vénération. Aujourd'hui, Mâtâ Amritânanda est aussi considérée comme une manifestation de la Mère Divine.
    Les femmes sont par essence créatrices de la vie. Le principe de la " maternité " est une grande force, le reflet de la puissance cosmique de création. C'est un pouvoir divin, présent en toute femme. L'amour, le don, la patience, la compassion sont l'essence de cette faculté de maternité. En Occident, cette force a été dévalorisée, rabaissée par la société et le pouvoir religieux. Elle a été, de ce fait, assimilée par les femmes elles-mêmes comme les signes de leur asservissement.
    Pourtant, donner la vie est une force exclusivement réservée à la femme. C'est à travers l'influence qu'une mère a sur son enfant qu'elle influence l'avenir du monde. D'ailleurs, dans ce contexte, que penser de la volonté de cloner les êtres humains ? Au niveau individuel, la " Mère universelle " est un état intérieur d'épanouissement du pôle féminin, qui se manifeste par l'éveil d'un sentiment maternel tourné vers l'univers entier. Quand il s'éveille, ce sentiment maternel fait jaillir amour et compassion envers non seulement ses propres enfants, mais envers tous les êtres, les animaux, les plantes, les rivières.
    C'est un amour qui s'étend à toute la Nature, à tout le cosmos. En vérité, une femme en laquelle la nature de mère s'est éveillée (qu'elle ait des enfants ou pas) perçoit toutes les créatures comme ses enfants. Cet amour, cette "maternité", c'est l'amour divin, c'est la pure "Shakti", c'est le Divin.


    L'éveil de la "Shakti"
    La voie spirituelle seule permet l'éveil de la "Shakti" : pour que l'énergie pure s'éveille chez une femme, mère ou non, il faut d'abord qu'elle prenne conscience de ses faiblesses. Elle peut ensuite surmonter ses faiblesses grâce au service désintéressé et à la pratique spirituelle.
    Une femme qui n'est pas mère peut aussi éveiller en elle "la Mère universelle" en libérant cette source d'amour pour le monde autour d'elle, en se détournant d'une vie égoïste, centrée sur elle-même. L'homme quant à lui doit éveiller les éléments féminins en lui. Par la spiritualité, il les développera naturellement.
    Ainsi, que nous soyons homme ou femme, notre véritable humanité se révélera quand les vertus féminines et masculines en nous seront en équilibre.
    Homme ou femme, toute personne qui a le courage de dépasser les limitations du mental peut parvenir à l'état de "Mère universelle".


    (1) Ecole non dualiste qui a culminé vers 9/10ème siècles, illustrée par Utpaladeva et Abhinavagupta. Cette tradition a été interrompue par les invasions musulmanes à partir du 11/12ème siècles, mais ses notions ont perduré à travers les siècles.
    (2) En Chine, la philosophie s'est développée en deux écoles distinctes : le confucianisme et le taoïsme. Le Taoïsme s'occupa essentiellement de la découverte de la Voie, ou Tao, le processus de l'univers.


    Brahmacharini BHAKTI


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    La danse des 5 rythmes : bouger pour se connaître

    Artiste américaine de renommée internationale, Gabrielle Roth a mis au point la "Danse de 5 rythmes", aujourd'hui pratiquée dans le monde entier. Au confluent des approches contemporaines du corps et de la psyché, cette pratique suscite un réel engouement. Rencontre avec sa fondatrice, lors d'un stage exceptionnel à Paris.

    Dans quel contexte est née cette pratique ?
    C'est à Esalen dans les années 60, que tout a commencé. Fritz Perls, le génie qui y régnait alors sur tout le champ psychothérapeutique, avait appris que je proposais des séances de mouvement dans un hôpital psychiatrique. Il m'a invitée à le faire dans ses groupes de thérapie. Des gens venus de tous horizons venaient chez lui, pour se confronter à leurs démons intérieurs. Et j'ai découvert que ces derniers ne les laissaient pas danser. Mais je savais exactement ce qu'ils ressentaient dans leurs prisons osseuses, car j'y avais moi-même été longtemps emmurée. J'ai voulu libérer leur souffle et avec lui toutes les énergies enfermées dans leur corps, débloquer ce qui les empêchaient de bouger et d'accueillir l'inspiration.
    La danse des 5 rythmes dépasse donc largement le cadre du divertissement. Comment la définiriez-vous ?
    Basée sur les cinq rythmes fondamentaux qui "pulsent'' dans notre corps, c'est un chemin d'exploration de soi. Chaque rythme, miroir de nos cinq états d'être, opère comme un guide pour voyager à travers les paysages sauvages en soi, et tracer les contours de là où nous en sommes vraiment, et où nous allons. L'enchaînement crée ce qu'on appelle "une vague" qui s'apparente à un voyage dansé, avec soi, l'autre, le groupe.


    De quels rythmes voulez-vous parler ?
    Des cinq rythmes universels : fluide, staccato, chaos, lyrique et quiétude, qui ouvrent chacun une porte sur un univers d'une grande richesse. Les définir rapidement est difficile, c'est une expérience à vivre. Vous pourrez par exemple trouver l'enracinement en fluide, oser vous exprimer en staccato, lâcher prise en chaos, vous laisser porter par la joie en lyrique, et vous poser dans la paix intérieure en quiétude. Je défends une théorie selon laquelle ces cinq rythmes sont encodés dans notre corps, comme une sorte d'ADN de notre processus créatif. La danse permet d'accéder à ce trésor caché, notre mouvement créateur, qui est la véritable nature de notre être.
    Danser est loin d'être simple pour nombre d'entre nous, se sentir libre dans son corps encore moins. Y a -t-il une clé pour s'abandonner à ces grands enseignants intérieurs que sont, selon vous, chacun de ces rythmes ?
    La clé consiste à opérer une bascule de notre champ d'attention, la plupart du temps accaparé par nos pensées, vers le corps et son ressenti. Non plus sur les pensées que nous avons SUR lui. En Occident, l'essentiel de notre activité passe par le filtre du mental qui véhicule de nombreux jugements sur tout, notre corps, les uns, les autres, notre vie. Le grand défi consiste à ressentir. En réalité ce qui nous est demandé de lâcher, c'est notre idée de qui nous sommes, d'où nous allons, et de comment on y va. C'est un gros sacrifice de faire ce saut dans l'inconnu, mais c'est la seule voie pour se laisser enseigner.
    J'avoue que, pendant de nombreuses années, j'ai essayé d'agir sans écouter mon corps. Et je crois qu'au fond, j'ai créé cette pratique pour y revenir et arrêter d'échapper à moi-même.
    Il existe de bonnes raisons à cette fuite, commune à beaucoup d'entre nous. L'enfance en est une : nous nous démenons tant pour démêler l'écheveau de comment faire pour être aimé, que nous nous coupons de notre ressenti. Nous sommes alors égarés dans un vaste champ, celui de nos attentes, de nos justifications, de nos considérations... J'ai moi-même longtemps cherché à être "gentille, au lieu d'être vraie". C'est mon désir féroce de trouver ma vérité qui m'a amenée sur la piste de cette danse. J'y ai appris que le corps ne peut pas mentir, et que la vérité change constamment. Notre seul repère authentique c'est lui, notre corps. La danse permet de traverser cette confusion, pour revenir au ressenti, et à davantage d'authenticité.


    Ou peut nous entraîner votre danse ?
    Sur un territoire où nous ne sommes plus victimes des circonstances, de nos croyances, de nos attitudes, mais disponible à cette intelligence du corps qui nous met en mouvement. Danser les 5 rythmes réveille notre nature essentielle, étire les limites de notre intuition et de notre imagination, tout comme celle du corps. C'est une danse, qui accroît l'éventail de notre expression corporelle et émotionnelle, et nous présente des parties de notre psyché que nous avions oubliées.


    Peut-on la considérer comme thérapeuthique ?
    Dans le sens où elle met la psyché en mouvement, sur la voie de sa propre guérison, on peut dire qu'elle s'inscrit dans le courant de l'art thérapie. À ceci près que vous êtes à la fois le thérapeute et la thérapie. Quand on entre dans un processus créatif avec soi-même, c'est le processus lui-même qui opère une fonction cathartique. C'est ça la guérison : ne plus faire obstacle au fait d'être créatif. Non pas pour devenir un artiste au sens où on l'entend socialement, mais pour devenir créateur de sa vie. Cesser d'être victimes des circonstances, de nos croyances, de nos attitudes, mais disponible à cette intelligence du corps qui nous met en mouvement.
    Nous vivons une époque où les relations entre les êtres se complexifient, en particulier au sein du couple. La danse des 5 rythmes peut-elle être un nouvel outil relationnel ?
    Les problèmes relationnels viennent pour une part de la méconnaissance de nos propres rythmes, enfouis sous des années de trahison ; d'autre part, du fait que nous acceptons mal le changement, alors qu'il fait partie de notre nature. Il est notre originalité, notre poésie, notre mystère. Résultat : nous nous figeons dans des attitudes qui génèrent mal-être et ressentiments, entravant ainsi une libre évolution de la relation. Repérer son propre rythme permet de mieux se connaître, et de dialoguer avec l'autre plus librement. Durant la Vague (l'enchaînement des 5 rythmes) nous pouvons rencontrer jusqu'à une vingtaine de "danseurs-partenaires". Le défi consiste à rester dans son rythme sans se faire happer, ni chercher à dominer. Contacter son espace de liberté pour inviter l'autre à faire de même est la clé. On y parvient en prenant refuge dans le rythme. Cette qualité de présence devient alors disponible à n'importe quel moment de notre quotidien.
    Vous parlez d'une danse extatique ; cette danse peut-elle être une pratique spirituelle ? C'est une pratique spirituelle ancrée dans le corps. Les 5 rythmes sont un chemin de conscience. Une piste que nous donnait déjà Rumi, par ces propos : "Dansez jusqu'à ce que vous voliez en éclats". Pourquoi je danse ? telle est la question que vous pouvez vous poser quand dans le fluide, vos pieds dansent sur la peau de la Grande Mère Terre. En ce qui me concerne, ce n'est ni pour être jolie, ni pour réaliser parfaitement une série de pas compliqués, mais bien pour m'abandonner à l'esprit du mouvement. Pour toucher cet état intérieur d'extase, d'où jaillit la grâce du vivant.


    Entretien avec Gabrielle Roth
    Propos recueillis par Catherine Maillard


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    La Respiration Holotropique

    La Respiration Holotropique, basée sur l'utilisation combinée d'une respiration active et de musiques spécifiques, trouve ses racines profondes dans des pratiques ancestrales associées au chamanisme. Depuis toujours, les hommes ont cherché de façon spontanée à modifier leur conscience et à expérimenter des états d'élargissement, d'ouverture, des états où leurs repères habituels sont bousculés.

    La Respiration Holotropique, une approche transpersonnelle
    On retrouve la présence et l'utilisation du souffle dans de très nombreuses traditions et depuis des temps très reculés. On sait maintenant que la respiration peut agir sur notre état intérieur, soit pour calmer un état de stress par exemple, soit pour activer l'énergie et la faire circuler dans le corps.
    La Respiration Holotropique, basée sur l'utilisation combinée d'une respiration active et de musiques spécifiques, trouve en fait ses racines profondes dans des pratiques ancestrales associées au chamanisme. Depuis toujours, les hommes ont cherché de façon spontanée à modifier leur conscience et à expérimenter des états d'élargissement, d'ouverture, des états où leurs repères habituels sont bousculés.
    o Ce n'est que très récemment, depuis l'avènement de la médecine et de la psychiatrie moderne que l'homme n'est plus appréhendé dans sa globalité mais traité séparément dans son corps, son psychisme et son esprit. Dans la vision de la médecine scientifique, on ne s'occupe que du corps quand celui-ci est malade, dans une conception plutôt mécanique.
    o Dans le chamanisme, il en va tout autrement. Le chamane, dans les sociétés traditionnelles, était - et est toujours - à la fois un guérisseur et en même temps une sorte de "prêtre" (bien que cette dénomination ne soit pas juste dans le contexte du chamanisme qui n'est pas à proprement parler une religion, mais plutôt une pré-religion). Pour le chaman, la guérison implique l'être tout entier et il n'y a pas de guérison sans faire intervenir une dimension spirituelle car elle est reliée à ce qui constitue l'essence de l'homme. Et pour entrer en contact avec cette dimension spirituelle ou divine, le chaman utilise toutes sortes de moyens qui lui permettent d'accéder à des états de conscience modifiés. Parfois cette modification de conscience concerne aussi le patient qui va "voyager" aussi dans des mondes intérieurs qui ne se dévoilent pas à la conscience ordinaire.


    La Respiration Holotropique, son histoire
    Stanislav Grof, psychiatre américain, d'origine tchèque est le créateur, avec sa femme Christina, de la Respiration Holotropique.
    Il a commencé ses travaux de recherche dans les années 50 à Prague où il s'est trouvé impliqué dans les toutes premières recherches sur l'utilisation thérapeutique du LSD en milieu psychiatrique. Il fut invité à séjourner aux États-Unis pour prendre la direction d'un laboratoire de recherches. Et quelques années plus tard, le LSD fut interdit à cause des effets de son utilisation sauvage. Les programmes de recherches furent interrompus malgré des résultats très prometteurs dans divers domaines.
    En se basant sur l'étude des rituels utilisés dans de nombreuses sociétés traditionnelles et les découvertes les plus récentes en neurophysiologie, Grof eut l'idée d'utiliser des techniques respiratoires pour faciliter des modifications de l'état de conscience. Ayant également constaté que la musique était présente dans de nombreux rituels basés sur la transe (comme dans les rituels soufis qui combinent musique, mouvement et respiration ou comme chez les Gnawas marocains qui associent musique et danse), Stanislav Grof a finalement élaboré un processus thérapeutique à la fois très cadré et très ouvert qui favorise une exploration des couches profondes de l'inconscient.
    Le terme "holotropique" signifie littéralement "qui aspire à la totalité" ou "qui évolue vers la plénitude" - du grec holos qui signifie "le tout", "la globalité" et trepein qui signifie "se déplacer", "se diriger vers". Le mot holotropique désigne donc un mode de fonctionnement de la conscience tournée vers la recherche de l'unité, vers l'absolu.
    Grof a aussi créé le mot "hylotropique" pour désigner l'état de la conscience orientée vers le monde de la matière. C'est, en fait, l'état de conscience dans lequel nous nous trouvons la plupart du temps dans notre vie quotidienne.
    L'hypothèse fondamentale de cette stratégie thérapeutique est la suivante : l'individu, de manière générale, évolue à un niveau très inférieur à son potentiel et ses capacités réelles. Et ce, parce qu'il s'identifie à un seul niveau de son être : l'ego.
    Or, nous sommes plus que notre ego, plus que notre identité, plus que notre histoire, plus que ce que nous croyons être. Cette identification à un aspect limité, étriqué de nous-mêmes est la source de nos dysfonctionnements, de nos névroses, de notre souffrance.
    Par la Respiration Holotropique, comme d'ailleurs par d'autres approches favorisant des expériences d'ouvertures de conscience voire d'extase, on peut découvrir ces dimensions transcendantes de soi, ou, comme le disait Jung, passer du "soi" au "Soi".
    Les découvertes de Grof corroborent et s'appuient sur les recherches et les conclusions d'autres penseurs du mouvement transpersonnel aux États-Unis, notamment les travaux de Maslow qui s'est aperçu que les individus étaient plus profondément transformés lorsqu'ils avaient vécu des expériences d'ouverture, de transcendance - ce qu'il a appelé des expériences paroxystiques.
    Stanislav Grof a reconnu et démontré le potentiel de guérison et de réalisation de ces états supérieurs de conscience. Ceci lui a permis d'affirmer que l'homme considéré comme normal est en fait un homme moyen qui n'a pas encore atteint son plein potentiel.
    En psychothérapie transpersonnelle, nous ne pouvons donc pas considérer que l'état optimal à atteindre correspond à ce fonctionnement limité, ce que d'autres ont appelé la "normose".

    La Respiration Holotropique en pratique
    C'est plutôt une pratique de groupe, même si l'on peut en faire des adaptations en thérapie individuelle.
    Il s'agit d'un voyage intérieur impulsé par une respiration hyperventilée soutenue par un programme de musiques adapté. Le "voyageur", allongé sur un matelas est accompagné par un autre participant qui sera disponible pour lui et garant de sa sécurité matérielle pendant toute la durée de la session. Un voyage dure entre 3 et 4 heures pour chaque personne, C'est dire si le vécu peut être intense et le contenu important pour celui qui va ainsi à la rencontre de lui-même ou d'autres dimensions en lui mais qui le dépassent.
    La séance commence par une courte phase de relaxation pour faciliter le passage du monde extérieur au monde intérieur. Le thérapeute va ensuite guider les participants dans un mode respiratoire amplifié, intense et accéléré. Quand cette hyperventilation est bien installée dans le corps, on lance le programme de musique. Cette séquence musicale dure environ 3 heures. Elle est basée sur une courbe mise au point par Stanislav Grof qui favorise l'ouverture des différents niveaux de l'être. La musique doit être diffusée à un niveau suffisamment fort pour que les "respirants" soient portés par la vague musicale. Les musiques doivent parler directement au corps, au coeur, à l'âme, être "reçues" sans être écoutées. On crée une enveloppe sonore, porteuse, inductrice et protectrice en commençant par des musiques de transe, de percussion, puis la courbe évolue vers des séquences plus émotionnelles, et enfin vers des musiques plus douces facilitant l'intégration du vécu et l'ouverture du coeur.
    L'association de la respiration profonde et de la musique permet, en règle générale, le relâchement des défenses psychologiques et conduit à la libération et à l'émergence de matériaux inconscients et supraconscients.
    On assiste, lors de ces séances à des manifestations plus ou moins spectaculaires ou intenses, des catharsis, correspondant à l'élimination de l'énergie refoulée et inscrite dans le corps sous forme de tensions, de douleurs ou de blocages qui sont réveillés par le processus mis en oeuvre.
    Mais on peut aussi, à l'inverse, provoquer des états de bien-être, d'extase profonde avec une impression de suspension du temps.
    En général, une séance de Respiration Holotropique se termine par un état intérieur paisible, une relaxation extrêmement profonde et un état d'esprit ouvrant sur la dimension transpersonnelle (sentiment d'unité, d'amour inconditionnel pour soi et pour les autres, d'ouverture au divin et de gratitude).
    Pour certains participants, on est parfois amené à pratiquer des interventions corporelles, si nécessaire. Si une tension subsiste, si une douleur apparaît, si un blocage se manifeste, le thérapeute peut aider le respirant par des pressions, des massages, des interventions énergétiques qui, la plupart du temps, vont permettre de libérer l'énergie bloquée.
    Nous insistons, dans ce travail, pour que les participants s'entraînent à "débrancher la tête" en abordant cette expérience et qu'ils s'abandonnent en toute confiance à ce processus qui a sa propre intelligence.
    On ne peut, en aucun cas, programmer ce que l'on veut vivre ou expérimenter. L'accès à des états de conscience élargis va toujours laisser émerger à la conscience l'expérience qui nous est nécessaire à ce moment particulier de notre vie. Si nous voulons programmer ce que nous croyons être bon pour nous, nous nous laissons à nouveau piloter par notre mental, qui a une perspective très limitée des choses. Nous nous privons alors de l'ouverture et du potentiel qui est activé dans ces niveaux de conscience plus profonds.
    Ces pratiques ont permis à Grof de montrer que nos difficultés et nos souffrances ne résident pas seulement dans notre histoire biographique comme nous le dit la psychanalyse.
    Nous réalisons aujourd'hui l'importance, par exemple, de la psycho-généalogie : nous sommes porteurs de l'histoire de notre lignée, de nos ancêtres. Nous sommes aussi très fortement influencés par notre naissance et les conditions dans lesquelles elle s'est déroulée, notre vie intra-utérine et même notre conception, sans parler de l'hypothèse des vies antérieures.
    Nous ne sommes pas non plus des individus totalement séparés mais reliés les uns aux autres, et reliés aussi aux règnes animal et végétal, à la nature, à l'ensemble de la création, dont nous faisons partie. Et ce qui affecte la création nous affecte comme nous le dit le chamanisme. Cette interconnexion est un des aspects qui se révélera au cours de séances de respiration.
    Ce processus implique une transformation personnelle au cours de laquelle l'individu va parfois redéfinir son système de valeurs vers une recherche philosophique ou spirituelle. Sa vie évolue alors vers une réalisation tournée vers l'être et l'attention aux autres plutôt que vers l'avoir et la compétition.
    Ces expériences doivent être accompagnées par des praticiens compétents pour créer un contenant facilitant et sécurisant et bien formés, en tant que praticiens à la psychothérapie, pour aider les individus à intégrer ces vécus, parfois étonnants et déroutants, dans leur fonctionnement psychique. La puissance du processus permet à de nombreuses personnes qui "butaient" sur un noeud dans leur thérapie de trouver un nouvel envol vers des espaces intérieurs qu'elles ne soupçonnaient même pas.
    Il arrive fréquemment que l'individu évolue naturellement
    vers une recherche philosophique ou spirituelle qui oriente sa vie
    vers une réalisation tournée vers l'être et l'attention aux autres
    plutôt que vers l'avoir et la compétition.

    IRETT (Institut de Recherche et d'Etude en Thérapie Transpersonnelle)


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    La thérapie transpersonnelle

    La psychologie transpersonnelle nous dit que pour nous réaliser pleinement en tant qu'être humain, nous devons prendre conscience que nous sommes des êtres spirituels incarnés.

    Les fondements
    Souvent les découvertes en science humaines nous ramènent à ce que nous ont déjà dit les grandes traditions et les sages de tous les temps :
    o la psychanalyse nous a permis de savoir que nous avons un inconscient et nous a expliqué comment se construisent les névroses ;
    o la psychologie humaniste et le mouvement du potentiel humain nous ont ouvert la porte de nos émotions, nous ont fait comprendre les liens unissant notre corps et notre psychisme ;
    o s'ouvre maintenant l'ère de la psychologie transpersonnelle qui nous dit que pour nous réaliser pleinement en tant qu'être humain, nous devons prendre conscience que nous sommes des êtres spirituels incarnés.
    Pour nous révéler notre dimension divine, le mouvement transpersonnel nous invite à ce voyage en nous-mêmes par les expériences d'états non-ordinaires de conscience. La psychologie transpersonnelle ne nie pas les découvertes de la psychologie traditionnelle, elle les intègre. Dans un processus thérapeutique classique, nous nous intéressons à l'histoire biographique de la personne, à ce qui lui est arrivé depuis sa naissance. Nous méconnaissons ce qui s'est passé avant, notamment l'extrême importance du vécu de la naissance et de la vie périnatale sur le développement futur de cette personne. Nous ignorons l'ensemble plus vaste dans lequel s'inscrit son histoire, la possibilité de vies antérieures, les liens subtils qui l'unissent à d'autres êtres, à la nature elle-même et sa relation énergétique au monde des archétypes et des symboles qui tissent une trame avec laquelle nous avons à dialoguer.
    La psychologie transpersonnelle est liée à la métaphysique. Elle nous permet de nous resituer dans notre quête de l'essentiel, la recherche du centre de notre vie, le "pour quoi" nous sommes ici.
    L'un des éléments qui la caractérise, c'est l'importance qu'elle accorde aux états de conscience élargis et à la dimension spirituelle de l'être humain, au fait que tout est relié et que nous sommes tous reliés. Elle se pratique souvent à partir d'approches et de techniques en groupe, comme par exemple avec la Respiration Holotropique, et sur une durée minimale de plusieurs heures. Cette même méthodologie est applicable également en individuel.
    Mais qu'en est-il de la thérapie individuelle à partir des séances classiques qui durent en général de 45 minutes à une heure ? Certes, elles servent à remettre au travail le matériel dense et riche qui a émergé au cours du travail en groupe, et à faire des liens entre notre histoire et les réactions intimes, sensations, images, états spéciaux, souvenirs. Mais comment faire cela, à partir de quels supports et points de repère qui seraient en accord avec l'approche transpersonnelle et la conception de l'être humain dans son rapport au monde qu'elle contient ?


    La conscience-présence
    Comme la conscience avec ses différentes modalités est au coeur du transpersonnel, il semble logique de chercher un support méthodologique et pratique dans une approche qui se réfère elle aussi à la conscience. En Gestalt-thérapie, certains axes peuvent aider le thérapeute transpersonnel dans sa pratique, son écoute et sa façon d'être là. Et plus particulièrement dans le concept de "conscience-présence".
    On pourrait définir la "conscience-présence" comme cet état de conscience qui nous est donné par le corps, les sensations, la physiologie, le ressenti. C'est être dans la conscience de ce qui se passe ici et maintenant en nous aux quatre niveaux : corporel, émotionnel, mental et spirituel. C'est cette conscience qui précède le mot et qui lui donne naissance. Cette conscience qui vient du fond de notre organisme et même du fond des âges et qui surgit parfois malgré nous. Elle vient quand nous sommes dans le lâcher-prise et que nous ne cherchons plus à comprendre. Elle est un guide, une source d'informations, c'est elle qui nous donne ces informations fondamentales venant de notre "guérisseur intérieur". C'est l'occasion pour nous d'exercer notre attention ou notre vigilance pour rester dans le continuum de l'expérience intérieure qui se développe et se continue en nous.
    La "conscience-présence" nous permet également de faire le lien entre la thérapie et un certain nombre de traditions spirituelles qui proposent des pratiques dont l'un des objectifs est de nous aider à être en conscience. Cet état de "conscience-présence" maintenu, élargit notre état de conscience habituel et parfois nous permet de changer légèrement de niveau de conscience, et cela est un outil précieux aussi bien pour le patient que pour le thérapeute.
    Ensuite seulement vient cette autre forme de conscience qui est la conscience explicative et mentale, qui va traduire en mots l'expérience vécue et la recherche du sens, mais il y a un continuum entre les deux, l'un sous-tend l'autre.
    Ce travail sur la conscience est au coeur même de cette approche thérapeutique, tant dans ses composantes théoriques que, plus encore, dans son développement intérieur qui concerne et le patient et le thérapeute.
    Une psychothérapie à orientation transpersonnelle ne peut se contenter de proposer un travail sur l'ego, bien que cela soit aussi très souvent une nécessité, tant il est vrai que pour beaucoup d'entre nous nous devons d'abord structurer un ego faible et peu différencié. Mais dans la perspective de la psychologie transpersonnelle, l'ego n'est qu'un outil, un véhicule au service de qui nous sommes vraiment, de notre essence.

    La conscience avec ses différentes modalités est au coeur du transpersonnel.
    Cette conscience qui vient du fond de notre organisme,
    même du fond des âges, et qui surgit parfois malgré nous,
    est un guide, une source d'informations.
    C'est elle qui nous donne ces informations fondamentales
    venant de notre "guérisseur intérieur".


    IRETT (Institut de Recherche et d'Etude en Thérapie Transpersonnelle)


     
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    Les états élargis de conscience

    Les fondateurs de la psychologie transpersonnelle ont parlé des états transpersonnels en termes d'états modifiés de conscience, voire d'états altérés. Vous préférez les appeler "états élargis".
    J'aime bien les nommer "états élargis de conscience" ou encore "états expansés" qui est une expression plus jolie mais moins employée. En tout cas, je préfère ces expressions à celles d' "états modifiés" ou "altérés" qui laissent entendre qu'il s'agirait d'états anormaux, voire pathologiques. Les expressions "états élargis" ou "états expansés" de conscience suggèrent mieux l'idée d'une ouverture de conscience ; parce que c'est de cela qu'il s'agit. En effet, au travers d'expériences, de voyages dans les mondes de la conscience, se crée une ouverture qui peut être soit progressive, soit instantanée. Puis, par l'intégration de ces expériences, les personnes s'ouvrent de plus en plus à la vie et développent un champ de conscience plus vaste.


    Vous voulez dire que l'expérience transpersonnelle ne s'intègre pas d'elle-même et qu'elle nécessite donc une phase d'intégration à la conscience ordinaire.
    Il y a deux aspects à envisager et à différencier : certaines personnes vivent des états d'ouverture de conscience de façon totalement imprévue et spontanée. Ces expériences peuvent être très profondes et très radicales. Elles peuvent survenir dans des occasions particulières (maladie, accident, mais aussi simplement en marchant dans la rue, en contemplant un coucher de soleil…). Mais elles peuvent aussi être recherchées et induites par différents moyens à notre disposition (la Respiration Holotropique, la méditation, des techniques de transe, des rituels chamaniques, la prière, le jeûne…) Ce sont des supports visant à faire voyager la personne dans des espaces de conscience différents de ceux qu'elle connaît dans sa vie quotidienne. C'est à l'aide de ces pratiques que nous pouvons vivre des expériences de l'ordre du transpersonnel, mais dès que nous revenons dans l'état de conscience habituelle, l'expérience s'arrête, et c'est à ce moment-là que doit s'opérer un processus d'intégration important. Il peut parfois se faire très naturellement si l'expérience est très claire et que la personne a déjà fait suffisamment de travail sur elle pour en comprendre le sens et la portée. Toutefois, il est souvent utile de se faire accompagner dans ce processus d'intégration car les expériences peuvent être très belles, extraordinaires, mais elles sont aussi quelquefois déroutantes, voire très difficiles. On va parfois au ciel, dans la lumière, mais à d'autres moments c'est l'ombre, les profondeurs de la cave qu'on va être invités à visiter. Il importe alors de pouvoir revenir sur ces expériences pour les "ramener" dans la vie quotidienne et permettre à la personne qui les a vécues de grandir.
    Le bon exemple que l'on peut donner, en dehors du domaine de la psychothérapie, est celui des personnes ayant vécu une expérience de NDE. Pendant des années, on n'en a pas parlé, puis on a commencé à recueillir des témoignages et on s'est rendu compte que certaines personnes n'avaient pas du tout intégré cette expérience bouleversante parce qu'elles n'avaient pas le système de références adéquat qui leur permettait de comprendre ce qui leur était arrivé. Il est donc important de parler de nos expériences et de voir la façon dont elles viennent percuter notre système de valeurs ou de représentations de la vie et de la mort… Nous pouvons, en effet, nous demander ce qui est vrai ou non et de quoi ces expériences nous parlent sur le plan psychique, sur le plan spirituel. Nous sommes des occidentaux et nous avons besoin de relier les différents plans en leur donnant du sens.


    Le mental de l'occidental, sa conscience de veille, semble moins adapté à l'intégration de ce type d'expérience ?
    Pour avoir longuement fréquenté les milieux chamaniques, je vois bien que pour les chamanes, qui ont toujours honoré les différents états de conscience, le problème de l'intégration de l'expérience transpersonnelle ne se pose pas. La raison en est que le contexte social, la cosmologie et la cosmogonie ne sont pas les mêmes que pour l'occidental. Pour les cultures chamaniques, la vie, la mort, ne sont pas séparées. Le monde des esprits est une réalité vivante et les interactions entre les différents plans (les différents mondes) sont naturelles et n'ont pas à être prouvées, par exemple. Pour nous occidentaux, notre système de représentations n'intègre pas a priori ces niveaux de manifestation. Pour certains, ça n'existe tellement pas qu'ils ne seront pas capables de réellement "voir" ou ressentir ce qui leur arrive. Mais de plus en plus de nos contemporains sentent qu'il y a là, une voie à explorer et c'est ce qui suscite aujourd'hui tant d'attrait pour le chamanisme...


    Faute d'un élargissement de conscience, il existe donc un véritable élargissement culturel au niveau planétaire.
    Absolument ! En Occident, nous avons éradiqué le chamanisme, et ce n'est pas un hasard s'il revient actuellement sur le devant de la scène au moment crucial où la nature est en danger. Par exemple, le rituel amérindien de la sweat-lodge (hutte de sudation), qui est un rituel de purification, physiquement (transpiration, élimination de toxines), psychiquement (retour dans la matrice utérine et quasi nudité) et spirituellement (prière collective), favorise un état de conscience connecté avec la terre mère et nourricière.
    Ces cultures chamaniques sont en lien et en solidarité avec le Tout, avec la nature en tant que création, et reconnaissent le potentiel positif des états élargis de conscience. Et Stanislav Grof parle même de potentiel de guérison. C'est une démarche de guérison mais aussi de recherche d'équilibre entre les êtres humains autant qu'entre les différents règnes de la nature. Les états élargis de conscience nous permettent de nous retrouver en interconnexion avec nos frères humains, les animaux et la nature dans son ensemble.


    Finalement, pour vous, ce qui se manifeste comme un besoin de ressourcement et d'écologie, et qui est plus qu'un élargissement culturel, serait en fait un appel à un élargissement de conscience ?
    Oui, c'est clair qu'il faut soutenir tout ce qui se fait aujourd'hui au niveau écologique. Mais néanmoins, je pense que l'écologie n'a un avenir que si elle devient une écologie spirituelle, c'est-à-dire si elle élargit sa vision, ne reste pas au niveau matériel. L'écologie ne peut pas se limiter à la dimension utilitaire, encore que cet aspect soit nécessaire et indispensable. Prenons par exemple la lutte contre la pollution, quelle qu'elle soit. Personne ne peut plus contester que cette démarche est vitale. Mais rien ne changera vraiment si nous ne reconnaissons pas que la terre est un organisme vivant, que tout est interconnecté. Nous devons oser aller à l'endroit où se rejoignent la médecine, l'alimentation, la relation avec les autres, la protection de la nature, la remise en cause des systèmes économiques basés sur la croissance et le profit comme seul but, la spiritualité… Et c'est pourquoi le transpersonnel est enthousiasmant, parce qu'il conduit bien au-delà de la seule psychothérapie, c'est le champ où se retrouvent des psychologues, des psychiatres et des psychothérapeutes, mais aussi des économistes, des médecins, des artistes, des physiciens, des neurobiologistes… Le transpersonnel est un carrefour où toutes les disciplines ont quelque chose à dire et à découvrir. Par ailleurs, je pense qu'il est vain quelque part de chercher à faire une psychothérapie transpersonnelle sans s'inscrire dans une dimension collective. C'est pourquoi je souligne toujours qu'en tant que thérapeutes transpersonnels, nous avons une responsabilité au niveau social. Et c'est cela qui me passionne aussi dans le travail thérapeutique en groupe.


    Cette démarche n'implique-t-elle pas une vision très différente de nous-mêmes que celle imposée par la culture occidentale ?
    Absolument ! Il nous faut voir, par exemple, que nous ne sommes pas des êtres humains sur un chemin spirituel, mais que nous sommes des êtres spirituels sur un chemin humain. Et qui dit spirituel, dit état élargi de conscience. En effet, nous sommes plus que notre identité, nous sommes plus que notre histoire, nous sommes plus que notre corps, nous sommes plus que celui que nous croyons être. Dans l'anthropologie du psychothérapeute transpersonnel, nous sommes à la fois un ego, ce qui soutient notre processus d'incarnation, notre dimension matérielle mais nous sommes beaucoup plus que cela. Et en tant qu'êtres spirituels nous sommes tous interconnectés, reliés dans l'Etre, l'Essence, dans le Tout.


    Cette vision de l'homme ne renvoie-t-elle pas à une conception de la complexité, au sens où il devient impossible de penser la réalité dans les termes de la logique classique?
    Nous atteignons ici une question qui me touche particulièrement, la question de la pensée paradoxale. La réalité est tellement complexe que l'on ne peut que la toucher de manière paradoxale. Et c'est parfois très déroutant. Je constate souvent la difficulté qu'ont les gens à trouver les mots pour décrire les expériences d'élargissement de conscience, lors des séminaires de Respiration Holotropique proposés par l'IRETT, par exemple. Notre langage traduit un certain niveau de réalité, celui de la matière ou encore celui des états d'âme, mais parler de réalités transpersonnelles devient très compliqué parce qu'un aspect de la réalité peut être perçu comme vrai tout autant que son contraire. Ainsi, lors d'une expérience intense et difficile à décrire, j'ai vécu le fait que le temps n'existe pas ; il en est resté une sorte d'empreinte inoubliable, et pourtant je me retrouve confrontée, dans ma vie quotidienne, au fait que le temps existe vraiment... Le temps existe et n'existe pas ; c'est là un paradoxe ! Dans d'autres expériences, nous pouvons découvrir, par exemple, que l'ego existe et n'existe pas - paradoxe dont est parfaitement averti le psychothérapeute transpersonnel.


    Les physiciens ont été les premiers à formuler une pensée paradoxale dès lors qu'il s'agissait d'expliciter deux niveaux de réalité, celui du fondement de la matière et celui de notre expérience courante du monde matériel. L'expérience du transpersonnel induit, elle aussi, une telle pensée dès lors qu'il s'agit d'expliciter deux niveaux de réalité vécus. Le transpersonnel et la physique fondamentale se rejoindraient-ils ?
    En effet, les objets qui nous entourent, par exemple, sont solides sous le rapport de notre expérience habituelle de la matière, et pourtant la physique nous enseigne que les choses n'ont aucune solidité intrinsèque. Le monde de l'expérience du transpersonnel est totalement en accord avec ce que nous dit la physique quantique sur le plan de la réalité, et ces deux voies, celle du transpersonnel et celle de la physique fondamentale, se rejoignent inévitablement.


    La grande difficulté, c'est que nous vivons entre deux mondes...
    Deux mondes qui sont interpénétrés ! J'aime bien ce que dit Richard Moss, dans son livre Le deuxième miracle. Considérant l'ego, il dit qu'il est "le premier miracle", alors que nous le considérons souvent comme un problème ou un obstacle. Richard Moss nous dit que l'ego est à la fois une blessure et un cadeau. C'est un cadeau parce que grâce à J'ego nous pouvons prendre conscience que nous sommes conscients, mais le prix à payer est que, de ce fait, nous nous coupons de la Source originelle, nous nous cristallisons sur cet ego et nous nous y identifions. De là découlent les blessures de l'ego, ses souffrances et ses mécanismes de défense et de survie, tout ce qui fait l'objet de ce pourquoi les gens viennent en psychothérapie. Le psychothérapeute classique s'intéresse, avec juste raison, à l'ego. Le psychothérapeute transpersonnel également, parce qu'il n'est pas question de faire l'impasse de la souffrance, sauf qu'il sait qu'il y a aussi l'espace de l'être qui contient tout et par conséquent également l'ego.
    Richard Moss parle aussi d' "environnement contenant". Ainsi l'utérus de la mère, au moment de la gestation, est l'environnement contenant. L'environnement contenant va ensuite devenir l'environnement précoce dans lequel, nouveau-né, nous allons nous développer. Puis, très rapidement, il va être défini par ce que nous nous créons avec nos pensées : l'ego vénère des pensées de peur, de paranoïa, de méfiance, de jalousie, qui constituent l'environnement contenant (notre maison intérieure) dans lequel nous vivons avec tous les effets que cela suscite. En tant que psychothérapeutes transpersonnels, avec cette vision plus vaste de l'individu, nous invitons peu à peu les gens à découvrir ces espaces intérieurs (qui dépassent d'ailleurs la dualité intérieur-extérieur), tel un espace d'amour inconditionnel comme en témoignent certaines personnes qui rayonnent de ce sentiment d'amour vis-à-vis de l'ensemble du groupe avec qui elles ont cheminé.
    Ces ouvertures de conscience viennent s'enraciner jusque dans le corps. D'ailleurs, pour que ces expériences se passent le mieux possible, il faut que les gens soient le mieux possible ancrés dans leur corps. Car il ne s'agit pas de se déconnecter, mais au contraire de se reconnecter. Et il faut noter que certaines démarches spirituelles ne favorisent pas toujours la relation au corps. Je pense à certains qui sont partis en Inde et qui sont revenus dans des états de décompensation très problématiques : le lien avec le corps n'avait pas été réalisé. J'aime beaucoup le travail de Jack Kornfield, qui a écrit "Après l'extase, la lessive", il s'est rendu compte qu'après son périple en Inde où il avait appris la méditation auprès de maîtres spirituels, ses capacités relationnelles et émotionnelles étaient, elles, très limitées, et c'est alors qu'il a entrepris un travail de psychothérapie : on ne peut pas faire l'impasse sur les blessures de l'ego.
    La psychothérapie transpersonnelle n'est pas qu'une démarche spirituelle ou qu'une simple démarche de l'ego. On ne peut pas entreprendre une démarche spirituelle s'il n'y a pas au préalable un travail sur l'ego. Ce dernier doit être sain, comme l'évoque le titre (qui peut être discutable) de notre livre Guérir l'ego. En effet, je ne sais pas si on peut véritablement guérir l'ego, mais en tout cas nous avons voulu, par ce titre, dire qu'il fallait prendre soin de l'ego pour pouvoir révéler cette dimension de l'être.
    Il s'agit pour moi d'un défi car nous faisons presque le même travail que les autres psychothérapeutes (au niveau de l'ego) mais la finalité de la thérapie transpersonnelle et de toute l'aventure humaine se situent dans cet espace au-delà, là où les états élargis de conscience nous montrent le chemin.

    Bernadette Blin, psychologue et psychothérapeute depuis plus de 25 ans, après un parcours analytique classique, s'est tournée vers les thérapies psychocorporelles et depuis plus de 15 ans s'est engagée dans une pratique transpersonnelle. Elle a fondé LIRETT (Institut de formation à la psychothérapie transpersonnelle) et est co-auteure avec, Brigitte Chavas, de l'ouvrage Gitérir l'ego, révéler l'être. Le déjï des thérapies trcin,~per.çotinelle,~ (Guy Trédaniel, 2010).

    Bernadette Blin


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    L'expérience du tantra dans la vie de couple

    Lorsque dans mon parcours de thérapeute j'ai croisé la route du tantra, ce fut un déclic, non seulement dans ma vie privée mais aussi et surtout dans la manière d'orienter mon travail. Dans mon expérience personnelle comme dans mon travail, je me suis souvent heurtée aux limites de la psychothérapie. J'ai constaté que l'ouverture de conscience engendrée par le tantra ainsi que la possibilité d'expérimenter pleinement une autre manière d'être en relation avec soi et avec l'autre, permettaient de dépasser certaines de ces limites. La sexualité est totalement liée à notre manière d'être, à nos émotions les plus profondes. Si nous transformons notre manière de vivre la sexualité, nous transformons les fondements de notre être. Dans mon approche, je réunis des pratiques tantriques propres à une philosophie plus orientaliste et des pratiques liées à la psychothérapie, plus proches de notre mentalité occidentale afin que nous puissions nous réunifier et nous réconcilier avec nous-mêmes, avec l'homme et la femme en nous et à l'extérieur de nous et avec la vie elle-même.
    Le tantra est une porte qui donne accès à l'expérience plus qu'à la connaissance. La connaissance reste intellectuelle voire superficielle et nous laisse souvent à la périphérie de nous-mêmes. L'expérience passe par le corps et s'inscrit jusque dans nos mémoires cellulaires. Le tantra nous amène donc à faire l'expérience de la dimension sacrée cachée au coeur de notre être et dont la sexualité fait partie intégrante. Cette expérience sera donc personnelle et différente d'un individu à l'autre même si les pratiques proposées sont les mêmes pour tous. Il n'y a pas un but précis à atteindre, il s'agit avant tout de se rapprocher intimement de soi tout en observant et en transformant ce qui nous empêche d'être dans cette rencontre. Lorsque nous sommes capables de nous ouvrir à notre intimité, nous pouvons alors explorer les aspects plus subtils de la sexualité car elle aura petit à petit été épurée des croyances, des tabous, des peurs et des blessures.
    Au fond de moi, je ressens le sacré comme une sorte de ciment capable de maintenir les fondations des relations entre les individus. L'amour pourrait être comparé aux briques et le sacré, au ciment. J'ai le sentiment que si les couples sont si fragiles de nos jours, c'est en partie, parce qu'ils manquent de ce ciment et construisent leur relation sur du sable. L'amour est là, mais il n'est pas scellé, par manque d'engagement, par ignorance et par manque de sens sacré.
    La sexualité, considérée par l'église uniquement comme un moyen de procréation, a perdu au fil du temps son lien avec l'amour et avec sa dimension spirituelle. Cela a créé, chez les individus, une coupure et une dualité entre le sexe placé si bas, et le coeur et l'esprit placés si haut. Pour s'affranchir de la souffrance créée par cette coupure et cette dualité, la sexualité est devenue un produit de consommation comme un autre, avec des techniques favorisant le plaisir. Bien souvent, ce plaisir dénué de conscience sacrée augmente le sentiment de vide intérieur et agrandi encore l'espace entre le sexe, le coeur et la conscience.
    Le tantra tente de palier à ce manque de conscience par l'expérience qu'il propose. Il n'est ni une religion, ni une secte ni une école philosophique mais une manière particulière d'interpréter et d'agir (Tantra, Anand Nayak, ed. du cerf). Dans le "vijñana Bhairava tantra" lorsque Shakti, la compagne de Shiva, demande à Shiva qu'il lui fasse découvrir le sens de la vie, il ne lui donne pas d'explications toutes faites mais des pratiques à expérimenter qui vont lui permettre de trouver ce sens par elle-même. Symboliquement, Shakti c'est l'aspect féminin donc réceptif, Shiva est le masculin donc le pôle actif. Elargir ses connaissances passe par notre côté féminin et réceptif ou sensitif. La vraie connaissance passe par la réceptivité, l'art de se laisser toucher, sentir, percevoir avec nos sens. Mais pour cela il faut se mettre en action, car il est nécessaire de chercher, d'agir d'une certaine manière pour aller à l'intérieur de nous. Dans les stages, ces pratiques nous permettent d'élargir notre conscience afin de sortir de la dualité alimentée par notre ego pour entrer dans la réunification de toutes nos facettes.
    D'une manière globale, le tantra est l'art de vivre en harmonie avec la manière dont la Vie cherche à se manifester à travers nous. Dans nos relations, il est l'art de tisser des liens avec soi et avec l'autre d'une manière plus vraie et plus juste. Dans la relation de couple, il sert à mettre en lumière la Vérité intérieure de chacun des partenaires afin que la relation leur permette de grandir en conscience et en maturité émotionnelle, énergétique et spirituelle.
    Il est important de considérer que "le couple" est une entité à part entière, née de la réunion de deux individus : un + un = trois. Si nous nous plaçons dans cette conscience de la trinité, nous devenons créatifs et résonnons avec l'Univers car l'Univers, dans sa dimension divine, vibre avec ce concept de Trinité. Dans notre culture judéo-chrétienne nous retrouvons le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Dans d'autres cultures, cette trinité a d'autres noms. D'une manière très générale, nous pourrions dire que l'Univers est en évolution perpétuelle car le moteur de cette évolution est insufflé par l'énergie créatrice, l'énergie destructrice et la conscience. Pour sortir de notre dualité intérieure nous avons besoin d'une troisième voie : la conscience. Pour résoudre la dualité engendrée par la rencontre de deux personnes différentes et complémentaires, en l'occurrence, un homme et une femme, nous devons passer par la conscience et remettre le couple dans cette dimension, un + un = trois.
    Au quotidien, le couple est comme un jardin, il a besoin que nous nous en occupions. Si mon compagnon et moi nous ne nous occupons pas du jardin qui entoure notre maison, les mauvaises herbes ont vite fait d'étouffer ce que nous avons planté avec amour. Cela va donc nous demander du temps, de la présence, et de l'action pour que ce jardin reste agréable à vivre. Cela ne va pas de soi. Nous nous en occupons parfois ensemble, parfois séparément, selon nos disponibilités car nous avons le projet commun de vivre dans un lieu agréable. Avec notre couple c'est la même chose. Cela nous demande donc une certaine forme de discipline, de la persévérance, de l'engagement, et la récolte porte ses fruits.
    Dans mon activité de thérapeute, je reçois très souvent des couples en recherche qui viennent trouver le moyen de régler ce problème de "couple". Ils m'énoncent à peu près tous le même scénario : "nous vivions comme des co-locataires… nous sommes parents mais nous n'avons plus de désir l'un pour l'autre… la sexualité ne nous satisfait plus et se transforme en devoir conjugal… nous ne faisons que nous croiser… nous en sommes à nous demander si nous allons nous séparer, en fait nous sommes de bons amis mais nous ne partageons plus d'intimité… nous faisons chambre à part…". Lorsque je leur demande combien de temps ils consacrent, par jour, semaine ou mois, à nourrir leur entité couple, ils ne savent pas me répondre et constatent qu'ils n'en prennent pas soin. Dans la croyance populaire, cela devrait aller de soi, ce qui fait que chacun fait partie des meubles ou d'un patrimoine qui ne rapporte, au fil du temps, plus beaucoup d'intérêts !
    Le problème est là : le rôle de parents est alimenté par les enfants, le rôle social par les activités professionnelles, les amis et les hobbies mais les amants ont disparus derrière les rôles à jouer et il n'y a plus personne pour alimenter le couple. Les rôles et les devoirs emplissent tout l'espace au profit du FAIRE et malheureusement, étouffent notre qualité d'ÊTRE si nécessaire à l'entretien de l'intimité.
    Bien souvent les couples ont déjà abordé ensemble le sujet à maintes reprises et sous différents angles, les faits sont là mais rien ne change, ils tournent en rond. En thérapie nous ne pouvons guère aller plus loin car les changements ne vont pas venir du fait que nous auront approfondi la question, les changements vont intervenir lorsque les conjoints accepteront de vivre l'expérience du changement. Lorsqu'ils sont d'accords l'un et l'autre de s'engager dans un processus, je leur propose de venir rejoindre les stages que j'anime sur le couple sacré.
    Dans ces stages, nous dénouons les attentes, les projections et les émotions qui empêchent de voir le sacré en toute chose. Lorsque nous sommes pleins d'attentes et de peurs, nous ne sommes pas en mesure de projeter notre conscience à un niveau plus élevé. Si nous avons faim nous devons d'abord pallier à ce besoin avant d'entreprendre une activité autre car la faim prendra toute la place. Avec les attentes, les projections, les besoins et les blessures, c'est la même chose. Dès que ceux-ci sont mis à jour et que chacun peut se réapproprier sa part de responsabilité, il y a alors de la place pour s'ouvrir au Soi. D'ailleurs pour certains, c'est déjà tout un parcours que d'essayer de lâcher le contrôle pour oser s'y prendre autrement. Les voiles de l'ignorance se soulèvent doucement. J'ai parfois le sentiment d'offrir une forme de ré-éducation, car nous sommes très imprégnés de celle reçue dans l'enfance et il faut du temps pour transformer ce que nous considérions, pendant des années, comme l'unique réalité.
    Bien souvent, les individus tournent en rond avec leurs problèmes car ceux-ci les ramènent au passé et à des difficultés dont ils ont conscience mais qu'ils n'arrivent pas à dépasser, ou alors ils se projettent dans un "à venir" sur lequel ils n'ont aucune prise, ce qui alimente les peurs et les angoisses. Le tantra offre l'opportunité d'expérimenter autre chose que ce qui est connu et insatisfaisant, au sein d'un cadre respectueux et sécurisant. Notre ego n'a de cesse que de vouloir contrôler notre environnement, les personnes qui nous entourent, nos émotions… la vie même ! Par la dimension expérientielle et spirituelle qu'il apporte, le tantra remet notre être intérieur au centre de notre vie. Il nous connecte à ce qui est vivant en nous, mais qui est, la plupart du temps, contenu, cloisonné, refoulé... Le tantra prend tout son sens lorsque les participants arrivent à goûter à l'espace offert derrière la pratique. L'ego cherche toujours à se sécuriser par des pratiques et des techniques ce qui ne fait qu'alimenter la performance et le savoir faire. Cela n'apporte pas la profondeur désirée dans la rencontre. La vraie richesse est de s'accepter dans sa vulnérabilité et se laisser toucher pour pouvoir saisir l'émerveillement de chaque moment de rencontre et y être totalement ouvert. C'est bien souvent le fait d'être centré sur l'extérieur (les apparences, les on-dit, les croyances…), d'être centré sur l'autre plutôt qu'en soi, qui empêche les deux amants de se rejoindre. La plupart du temps, le reproche est fait à l'autre de ne pas être présent(e), sensuel(le), aimant(e) ou alors d'être bloqué(e), hyperactif, dans la tête… Vouloir changer l'autre fige la relation car c'est une mission impossible. La plupart du temps, c'est celui ou celle qui veut changer l'autre qui fait la demande de stage en espérant que cet autre va changer comme il ou elle l'espère. Le stage remet les pendules à l'heure car, celui ou celle qui désirait changer l'autre, va prendre conscience de sa part de responsabilité dans la crise que ce désir engendre et réaliser qu'il ou elle n'est que le vecteur de quelque chose qui doit changer dans le comportement des deux conjoints.
    Le sacré trouve sa place lorsque notre ego cesse d'attendre, de désirer et de vouloir afin que nous puissions simplement être ouverts et réceptifs, alors l'état de grâce peut émerger comme un cadeau. Dans la relation amoureuse, si nous savons accueillir pleinement ce que l'autre nous offre, si nous savons nous en réjouir et l'honorer, alors notre coeur va rayonner. Ce rayonnement sera perçu par l'autre, qui pourra alors s'ouvrir encore plus. Si notre inconscient perçoit que ce que nous offrons n'est pas accueilli, nous restons dans les restrictions, la petitesse de notre don. Si nous sommes fermé à ce qui est, nous fermons la porte à tous les possibles en laissant la place à notre ego qui, lui, va exiger… exiger encore.. et surtout, exiger l'impossible. Lorsque les partenaires s'ouvrent au niveau du coeur, ils partagent leur vulnérabilité. Dans cet espace de vulnérabilité, les problèmes considérés comme insolubles (du point de vue du mental) se dissolvent d'eux-mêmes et laissent la place à une compréhension emphatique, une acceptation de l'autre tel qu'il est, et à la capacité de se laisser toucher pour pouvoir dire à l'autre son amour. Cet amour se transforme en élan, crée un rapprochement et une tendre complicité. Cet amour devient un fondement sur lequel s'appuyer pour pouvoir à nouveau surmonter une crise éventuelle sans démissionner. Bien souvent lorsque les amoureux ne se rencontrent plus qu'au niveau mental, les besoins ne sont pas entendus et se transforment en joutes verbales où chacun veut avoir le dernier mot. Au fur et à mesure, un mur de ressentiments se dresse entre les deux partenaires car ce sont alors deux enfants blessés qui se défendent et non deux adultes qui tentent de s'entendre. Lorsque ce mur est trop élevé, chacun des partenaires prend alors un chemin d'éloignement. J'ai vu des couples venir en stage pour tenter de refaire le chemin mais les retrouvailles n'ont pas eu lieu car l'ego s'étant trop endurci, chacun est resté sur ses positions, avec à la clé, une grande souffrance.
    Je ne propose pas le tantra comme un enseignement à suivre à la lettre. De mon point de vue, il a toute sa valeur lorsque les personnes sont capables de s'en détacher pour que le sacré trouve sa place d'une manière naturelle, dans les moindres recoins du quotidien du couple. Le quotidien du couple est notre maître le plus exigeant car lorsqu'il nous happe, il faut avoir la discipline nécessaire pour ne pas se laisser engloutir par ses pressions. Si nous avons intégré comment Être en permanence dans un espace sacré en soi, celui-ci peut se vivre dans l'intimité, d'une manière fluide et naturelle. Cela demande de la patience, beaucoup de persévérance et une certaine forme de discipline.
    Les leçons du tantra prennent du sens dans l'humilité. Dans mes stages, je ne forme pas des tantrikas sinon le tantra est récupéré par l'ego et devient une pratique qui, dans son aspect négatif, participe à l'évitement de la relation, c'est à dire que la pratique passe avant la relation. Le tantra devient un trip énergétique avec son cortège de dépendances mais n'apporte pas plus de profondeur à la relation amoureuse et intime.
    Dans son aspect positif, le tantra permet d'apprendre à gérer notre énergie sexuelle de manière à permettre à la sexualité de retrouver ses lettres de noblesse qui sont celles de s'unir à la profondeur de l'amour, de nous relier à notre âme et d'entrer en communion profonde et intime avec notre partenaire. La sexualité est intimement reliée à nos émotions et à des blessures provoquées, la plupart du temps, par notre ignorance. Personne ne nous apprend vraiment ce qu'est la sexualité et comment la pratiquer d'une manière saine et sereine. La seule référence à portée de tous, y compris les enfants et les adolescents, est la pornographie. Comment avec de telles références ne pas pervertir la sexualité et les individus ? D'autres références proposent des techniques ou des manières de faire, c'est une chose, mais la technique reste froide. Ce qui manque le plus souvent à la rencontre intime c'est l'ouverture du coeur, la vulnérabilité, l'abandon, l'offrande dans la confiance. Trop de femmes ne connaissent pas l'orgasme par manque de connaissance de leur corps, à cause de leur peur viscérale de l'homme et de la colère contenue qui ferme leur corps et coupe leur désir. Trop d'hommes se sécurisent par des techniques par peur de la femme et s'enferment dans la performance, jusqu'au jour ou la panne les obligera soit à revoir leur manière d'être en relation, soit à prendre des produits chimiques qui entretiendront encore la performance et les maintiendront dans un schéma insatisfaisant.
    Le sacré au sein du couple donne du sens à la relation pour que cette relation nous permette de nous élever vers une conscience supérieure. Le tantra ne constitue pas une assurance "tous risques", il alimente un champ de compréhension qui participe à l'éveil de la conscience individuelle et collective, au respect de l'individu, à l'amour de soi et de l'autre. Ce n'est pas non plus une baguette magique, les partenaires doivent eux-mêmes apprendre à créer cette magie et se mettre à l'oeuvre. Malheureusement, trop de personnes cherchent désespérément cette baguette magique ou ce sésame qui vont leur ouvrir les portes sans effort à fournir. A ce propos, une personne m'avait téléphoné pour me demander comment cela se passait dans mes stages car elle avait fait un 1er stage de tantra auprès d'autres animateurs mais celui-ci ne lui avait pas convenu car elle n'avait pas trouvé l'amour…
    Je terminerai par cette citation d'Angélus Silesus qui pourrait former un mantra tantrique : N'appelle pas Dieu à voie haute, sa source est en toi et si tu n'obstrues pas le passage, rien n'en suspend sa coulée.

    Catherine Delorme


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    Qu'est ce que la méditation ? Définitions et variété des techniques …



    Introduction
    La pratique de la méditation remonte à plus de 3000 ans en Orient. Selon Walsh (1992), des fresques vieilles de 4000 ans représentant des personnages assis dans des postures de méditation ont été retrouvées sur les murs des cavernes indiennes. En occident, l'histoire de la recherche sur la méditation n'a guère plus de 75 ans. C'est un domaine d'étude controversé qui suscite des résistances mais alimente aussi la curiosité des chercheurs. En survolant l'histoire de la recherche sur ce thème en Amérique du Nord, nous avons identifié certaines limites et difficultés qui sont liées aux aspects culturel et historique de la méditation. Premièrement, il existe de nombreuses techniques de méditation qui ont des liens étroits avec les traditions religieuses dont elles découlent. De plus, les descriptions ancestrales sont souvent subjectives et varient avec le vocabulaire des auteurs qui est aussi très différent du vocabulaire de la recherche empirique. Finalement, les phénomènes qui se produisent dans la méditation sont difficilement reproductibles, tout comme les résultats des différentes études dans lesquelles on ne prend souvent pas le soin de décrire précisément la technique dont il est question.

    La variété des techniques
    Les différentes techniques de méditation peuvent être classées selon le type d'exercice mental qu'elles nécessitent ou selon leur orientation vers une conception d'un Dieu (Goleman, 1977). Il existe deux types de méditation correspondant à des exercices mentaux très différents. Les méditations de type concentration ont pour but de faire converger le flot des pensées en fixant l'esprit sur un seul objet, le thème de la méditation. L'objet de concentration peut être un mantra, comme dans le cas de la méditation transcendantale, un texte sacré ou le mouvement de la respiration. L'essence de la méditation de concentration est la non-distraction à travers laquelle le pratiquant apprend à développer une vision claire et unique. Le second type est la méditation introspective (mindfulness, insight meditation) dont l'exercice principal consiste à observer tous les phénomènes de l'esprit et à développer la position de témoin. Il existe, finalement, un troisième type de méditation qui marie les techniques de concentration et d'introspection et que l'on nomme méditation mixte ou intégrée. Ici, le méditant débute une séance par la pratique de la concentration jusqu'à ce qu'il ait atteint un certain niveau de détente physiologique. Il poursuit la session en élargissant son attention au flot de ses pensées, sensations et perceptions. Il devient l'observateur des différents phénomènes de la conscience. Les techniques de méditation Vipassana de la tradition bouddhiste tibétaine et Zazen de la tradition Zen peuvent être considérées comme des techniques mixtes.

    Concentration
    La deuxième façon de classer les différentes techniques de méditation porte sur leur orientation vers une conception d'un Dieu. Certaines techniques relèvent de traditions théistes dans lesquelles la méditation permet au pratiquant de tendre vers l'unité, c'est-à-dire de ne faire qu'un avec Dieu. Dans ces traditions, des règles de vie très strictes peuvent accompagner la pratique de la méditation. L'abandon des possessions individuelles, le retrait graduel de la vie sociale, la fréquentation des disciples de la même tradition en sont quelques exemples. Dans les traditions non-théistes, la méditation amène le pratiquant vers le zéro, vers l'épuisement des fonctions mentales. Toutes les pratiques non-théistes proclament l'observation des processus mentaux comme la base du développement de la conscience. Il n'y a pas de règles de vie strictes même si certaines traditions encouragent le développement d'une attitude de simplicité et d'humilité dans le quotidien. Les interactions sociales et les activités quotidiennes sont autant de moments privilégiés pour poursuivre l'observation de soi.

    La question de la définition
    Il y a en général deux grands types de définitions de la méditation. Premièrement, il y a celles qui l'associent à une technique d'auto-régulation au même titre que la relaxation musculaire ou le biofeedback (Snaith, 1998). Ce type de définition est quelquefois réductif et ne semble pas rendre justice à toute la richesse du processus méditatif. Puis, il y a les définitions qui relient la méditation à une forme de quête spirituelle (Desjardins, 1992). Dans ce cas, le vocabulaire est souvent éthéré et subjectif, ce qui nous donne l'impression de ne pas savoir exactement de quoi il s'agit. Afin de refléter la richesse de la méditation et de conserver une certaine objectivité nous retiendrons la définition de Craven (1989) qui la situe dans son contexte culturel :
    "La méditation réfère à un groupe de techniques reconnues comme permettant de rehausser certaines habiletés telles la concentration, la régulation des états conscients et la conscience de soi. Les techniques de méditation sont traditionnellement enchâssées dans la psychologie de la conscience de certaines disciplines comme le Bouddhisme et le Yoga et sont utilisées pour favoriser le développement personnel et la croissance spirituelle. Ainsi, la méditation a été plus intimement associée au système des croyances religieuses et philosophiques de l'Inde et de l'est de l'Asie ". (Craven, 1989, p.648).
    Nous retiendrons aussi que la méditation peut être définie de manière plus spécifique comme "un ensemble de techniques qui ont en commun de tenter consciemment de fixer l'attention d'une manière non-analytique et d'éviter de s'attacher à des pensées discursives ou ruminatives ". (Shapiro & Walsh,1984, p. 6). Cette dernière définition décrit la méditation à l'extérieur d'une quelconque forme de quête spirituelle.

    La méditation est l'une des plus vieilles formes de thérapie (Walsh, 1992). En Orient, l'origine de sa pratique se perd dans l'antiquité. La plupart des textes d'origine regorgent de termes indiens et sanskrits, cette langue sacrée et littéraire de la civilisation brahmanique (environ 800 à 600 ans avant Jésus-Christ). Ces textes ont été rédigés par des moines ou des maîtres spirituels, mais la majeure partie de la transmission des connaissances sur la méditation s'est effectuée par tradition orale et par l'enseignement des maîtres aux disciples. Ainsi, l'esprit du chercheur occidental est souvent insatisfait par les connaissances contenues dans les textes sacrés. Il s'agit d'une matière qui repose sur l'expérience, l'intuition et l'introspection plutôt que sur la démarche scientifique (Wilber, 1980). Même si la voie de l'introspection des mystiques orientaux repose sur une tradition rigoureuse qui est le fruit de quelques milliers d'années d'évolution, le chercheur occidental a souvent l'impression d'être en eaux troubles lorsqu'il aborde cette matière qui ne répond pas aux critères de la voie empirique.

    Conclusion : Les voies de la connaissance
    L'histoire de l'étude scientifique de la méditation a environ 75 ans alors que l'enseignement de cette pratique se transmet de maîtres à disciples depuis plus de 3000 ans. A notre avis, il ne fait pas de doute que la recherche sur la méditation en est à ses débuts et qu'il faudra surmonter plusieurs défis pour qu'elle continue de progresser. Il faut aller au-delà de la simple technique d'auto-régulation et avoir l'ouverture d'observer des phénomènes qui peuvent nous paraître marginaux, bizarres ou carrément douteux d'un point de vue scientifique. Pour approfondir nos connaissances des phénomènes mystiques, Wilber (1980) propose trois voies d'investigation qui sont, selon lui, les voies universelles de la connaissance. Premièrement, il y a l'empirisme: c'est la voie qui s'intéresse aux faits et aux données. En psychologie transpersonnelle, elle se concrétise dans l'étude des effets physiologiques de la méditation et s'intéresse particulièrement à la reproductibilité des phénomènes. Deuxièmement, il y a la voie de la logique qui est celle des grands théoriciens. Le modèle d'actualisation de Maslow et la psychanalyse de Freud sont des exemples fascinants de théories fondées sur la logique qui ont permis d'approfondir notre connaissance de la nature humaine. Puis, troisièmement, il y a la voie de l'introspection qui s'intéresse au développement, à la croissance et à la connaissance de soi. C'est la voie de la psychothérapie, de la méditation et de toutes les techniques d'exploration individuelles et de groupe qui s'intéresse à la quête de sens, au spirituel. C'est une voie qui est concernée par la recherche de la vérité. A notre avis, c'est sur le chemin de chacune de ces voies que nous devrons progresser pour comprendre un peu plus ce qu'est la méditation et comment elle peut être utile à notre épanouissement collectif.

    Alain Rioux


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    Remplacer le divan par un parquet de danse

    Remplacer le divan du psy par un parquet de danse ? Derrière les pas et les figures se jouent l'aventure singulière d'une rencontre avec soi-même, et avec l'autre. Psychanalyste, anthropologue professeur d'art-thérapie à l'université Paris V et spécialiste de la transe africaine, France Schott-Billman, auteur du "Besoin de danser" (éd. Odile Jacob, 2001), nous parle des bienfaits thérapeutiques de la danse-thérapie.

    Comment faire la différence entre la danse ordinaire et la danse thérapie ? Au-delà du simple divertissement, toutes les deux nous invitent à retrouver un rapport au corps, au plaisir, à soi-même et à l'autre. Mais là où le rock, le tango ou la salsa mettent en scène le couple de manière codée, la danse thérapie propose de recréer la relation, de l'habiter. En danse ordinaire, le désir de maîtriser la technique prime ; en danse-thérapie, c'est l'expression de soi, l'émotion, l'intensité qui sont recherchées. Il n'y a pas d'apprentissage, mais plutôt une quête de liberté, un retour à soi, et donc à l'autre.

    On me demande parfois si le parquet de danse ne pourrait pas remplacer le divan du psy. Disons qu'il s'agit d'un autre divan, où l'on parle avec son corps. Mais dans les deux cas, il y a la surprise de découvrir en soi l'existence d'un Autre qui nous surprend. En forçant le trait, on peut dire qu'en danse-thérapie, le parquet peut être assimilé à un divan où l'on parlerait avec son corps... et avec le groupe. C'est en effet une danse avec un autre et devant le regard d'un autre, qui aide le patient-danseur à sortir de lui-même, à donner du sens à son mouvement, ce qui est le fondement de toute thérapie. Pour changer en profondeur le regard que l'on se porte, l'absence de miroir et la rencontre avec l'autre sont très bénéfiques. Retrouver un lien avec la vitalité de l'autre est un outil puissant. Pour la plupart des gens, ce corps si étranger, qu'ils habitent si difficilement, laisse alors la place à un corps plus dynamique et joyeux. En réalité, la danse-thérapie n'agit pas tant sur la prise de conscience de ce qui bloque, que sur la mobilisation des forces de vie. Danser envoie comme un signal au corps, et particulièrement au bassin, l'autorisant à prendre enfin le plaisir naturel de bouger dans tous les sens, de chalouper, de découvrir des sensations oubliées… Connaissez-vous votre "danseur intérieur" ?

    Tout cela rappelle bien sûr des pratiques anciennes. Autrefois, la danse populaire représentait une forme de thérapie sociale, qui allait bien au-delà du simple défoulement. Danser permettait de ressentir son appartenance à une communauté. Le rôle du groupe reste primordial. Pour la personne qui danse, il est comme une mère qui berce son enfant : il la stimule tout en l'enveloppant, donc la rassure ; il la soutient tout en l'invitant à s'individualiser, donc à trouver sa propre façon d'incarner son "danseur" et à renouer avec elle-même. Dans l'analyse, on rencontre son inconscient, dans la danse-thérapie, son "danseur intérieur", c'est-à-dire cette partie de soi qui est légère, joyeuse, ludique, conviviale et désireuse de s'envoler hors du carcan du quotidien.

    Le processus en jeu réveille la mémoire archaïque de la relation à la mère et permet de la revivre : la pulsation rappelle le battement du cœur maternel perçu par le foetus, puis par le nourrisson en train de téter ; elle dynamise immédiatement celui qui l'écoute et se met à son rythme ; les symétries musicales induisent dans le corps du danseur une sensation de va-et- vient qui rappelle la berceuse, cette première danse que nous avons connue dans les bras maternels ; enfin, la répétition des mouvements se fait sans y penser, comme l'automatisme des processus vitaux, le cœur et la respiration. Elle crée une énergie qui soulève le corps et entraîne le danseur au-delà de ses limites habituelles, de ses freins.

    La danse-thérapie soigne autant l'esprit que le corps

    C'est une approche où corps et esprit sont inséparables, une façon d'accéder à la fois à la mémoire corporelle et à la connaissance de soi. Dans un premier temps, on mobilise ses émotions : colère, joie, tristesse, puis on les canalise en faisant appel à des archétypes. La danse du guerrier, par exemple, réveille l'agressivité. Réprimer cette énergie est nocif. L'exprimer dans un mouvement nous libère et nous défatigue, physiquement et psychiquement. A qui s'adresse la danse thérapie ? Je peux vraiment le dire : à tout le monde, jeunes, vieux, en forme ou fatigués, extra- ou introvertis. Chacun découvre et trouve ce qui lui manque : de la vitalité et de la gaîté pour les uns, de la confiance en soi pour d'autres, de la créativité pour d'autres... Ce qui est sûr, c'est que cette danse ne repose pas sur la performance et qu'il n'y a donc pas d'échec. Tout le monde en retire des bénéfices propres. Le corps se transforme, devient léger, dynamique, joyeux. La méthode est particulièrement indiquée pour les enfants inhibés. Son efficacité a été également reconnue récemment dans les hôpitaux : elle aide les malades à retrouver leur estime de soi.

    Femmes et hommes en retirent-ils les mêmes bénéfices ? Oui, même si les femmes s'abandonnent en général plus facilement au rythme que les hommes. Ces derniers ont davantage de difficulté à lâcher prise, sans doute par peur d'exposer leurs failles et d'y laisser une partie de leur virilité. Ceux qui n'ont pas refoulé leur féminin recherchent au contraire cet état jubilatoire. Cette sensation de bien-être physique, d'oubli de soi et de communion s'apparente à la jouissance. Cette technique libère en effet des tabous et facilite donc l'expression de la sensualité, gage de relations sexuelles plus épanouissantes. Souvent, les participants nous annoncent que la danse les a guéris de leurs problèmes sexuels. Elle ne les a pas libérés n'importe comment, ce n'est pas un simple défoulement : elle a canalisé leur énergie vers une expression artistique qui lui donne du sens.

    France Schott-Billman
    Propos recueillis par Catherine Maillard


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    Soignons notre conscience...



    L'état du monde reflète notre conscience individuelle et collective, croit Roger Walsh. Pour trouver ce que l'on peut faire sur Terre, il faut regarder à l'intérieur de nous et nous guérir.
    Assis sur la mini-terrasse d'un café de Prague, je conversais avec le médecin, psychiatre et philosophe Roger Walsh. Il se tu quelques instants et ferma les yeux. Près de nous, quelques automobilistes s'obstinaient pour un pauvre petit espace de stationnement. "Pour la première fois dans l'histoire, toutes les principales menaces qui pèsent sur l'humanité (surpopulation, pollution, épuisement des ressources, pauvreté, réchauffement du climat et guerres) sont causées par les humains. L'état du monde reflète l'état de notre conscience individuelle et collective. Il est le symptôme de notre dysfonctionnalité individuelle et collective".

    Quels sont les besoins spécifiques que nous comblons d'une manière dysfonctionnelle ?
    Besoins et désirs s'entrecoupent. Il est pourtant très important de faire la distinction entre les deux. Gandhi a très bien résumé le problème en disant que le monde produit bien assez pour les besoins de tous mais absolument pas assez pour les désirs de chacun. Malheureusement, nous confondons nos besoins et nos désirs et c'est pourquoi nous détruisons le monde. En réalité, nous avons besoin de très peu, mais nous vivons dans l'illusion que notre bonheur dépend de beaucoup de choses. Le problème de la dépendance et du désir, c'est que nous n'en avons jamais assez. Mais nous ne pouvons jamais avoir assez de ce que nous n'avons pas réellement besoin ! Toutes nos envies, nos peurs, nos phobies reflètent notre détresse psychologique. Au lieu de chercher en nous la solution, nous essayons de guérir nos blessures par des choses extérieures. Le problème, c'est que nous pourrions acquérir le monde entier et toujours ressentir une absence de paix intérieure.

    Cette vérité saute de plus en plus aux yeux parce que nous pouvons acquérir une quantité de plus en plus grande de biens, ce qui n'était pas le cas jadis...
    Effectivement, il n'y a jamais eu de société comme la nôtre où une portion importante de la population a une chance de se rendre compte elle-même de ce que les grands sages ont répété depuis des millénaires : avoir des biens n'est jamais suffisant. C'est un piège de penser qu'ils vont nous rendre profondément heureux. Tant que quelque chose manque à l'intérieur de nous, la quête des biens matériels n'a pas de fin. Le problème, c'est qu'ainsi nous sommes en train de détruire le monde. Tant que nous ne ferons pas face à nos blessures et à nos peurs, nos souffrances et nos pathologies, nous allons continuer à détruire le monde.

    Comme le temps semble compté, comment pouvons-nous changer sans attendre d'y être forcé ?
    Les existentialistes répondraient que la seule liberté que nous avons est celle de choisir. Même lorsque les circonstances semblent nous forcer, nous avons toujours le choix. Il est important que nous prenions nos responsabilités et que nous reconnaissions que c'est vraiment notre décision. La question est toujours la même : pour sauver la planète, qu'est-ce que je peux faire ? En réalité, il y a deux questions : comment puis-je vivre d'une manière qui va permettre de sauver la Terre ? et comment puis-je aider les autres à changer leur point de vue ? Pour changer nos vies, nous avons d'abord besoin d'informations, d'apprendre quel est l'état de la planète.

    Nous sommes pourtant submergés d'informations...
    Vous avez raison. La deuxième étape consiste à être "touché" par ces informations, à s'ouvrir émotionnellement à certains faits : 20 millions de personnes meurent de faim chaque année ; les 20% des individus les plus riches de la planète possèdent 140 fois plus que les 20% les plus pauvres ; chaque fois que nous achetons un produit quelconque, nous polluons l'atmosphère. Nous devons nous ouvrir à ces réalités, même si c'est difficile de laisser pénétrer en nous la souffrance du monde. C'est en s'ouvrant à la souffrance que la compassion naît. Puis il faut répondre aux questions : qu'est-ce que je peux faire ? quelle contribution puis-je apporter ? Nous pensons souvent que les grands personnages comme Gandhi ou mère Teresa savaient depuis toujours ce qu'ils devaient faire ; mais ils ont prié et médité longtemps en se demandant quelle pourrait être leur action. Vous connaissez l'histoire de la marche du sel de Gandhi ? Les Anglais avaient imposé une taxe sur le sel et interdisaient aux Indiens d'utiliser le sel de mer. Ils devaient en acheter aux Britanniques. Les politiciens indiens vinrent voir Gandhi et lui demandèrent quoi faire. Il leur répondit qu'il ne savait pas. Il fit une retraite et ce n'est qu'après un mois qu'il eut l'idée de la marche du sel : il traversa l'Inde à pied pour aller jusqu'à la mer et, au fil des jours, les foules grossissaient sur son passage. Lorsqu'il fut rendu sur le bord de la mer, il prit une poignée de sel et l'Empire britannique s'écroula. Mais ça lui prit tout un mois de prière, de méditation et de réflexion avant de trouver ce qu'il devait faire. Nous devons faire de même en vue de découvrir quelle peut être notre contribution spécifique.
    L'autre chose primordiale, c'est de nous rendre compte que l'état du monde reflète notre état d'esprit. Nous avons donc autant besoin de réduire le stock d'armes nucléaires et de combattre la faim que de guérir la douleur psychologique et la faim spirituelle à l'origine de ces problèmes. Nous avons besoin de regarder à l'intérieur de nous, de nous guérir et de nous explorer. Chacun doit découvrir sa voie : pour certains, c'est d'être dans la nature, pour d'autres, c'est la psychothérapie, la méditation, la prière ou la fréquentation de sages.
    Il existe une manière de nous éveiller, de grandir tout en travaillant sur le monde. Dans la tradition orientale, cela s'appelle le karma yoga, et dans la tradition occidentale, c'est la voie du service. Cela consiste simplement à utiliser tout ce que nous faisons dans nos vies comme moyen d'éveil et d'apprentissage : s'investir totalement dans ce qu'on fait et, en même temps, être détaché des résultats. Bref, cela consiste à faire sa part et à croire que Dieu ou l'Univers va s'occuper du reste.

    A Rio, nous avons vu que les chefs d'État ne se sont entendus que sur quelques idées générales.
    Croyez-vous que le changement viendra du haut de la pyramide ? On dit que si les gens prennent l'initiative, les leaders vont suivre. En réalité, peu importe qui se trouve à la tête, un progressiste comme Vaclav Havel ou un conservateur comme George Bush. La question pour chacun de nous demeure la même : qu'est-ce que je peux faire ?

    Cette question ne va-t-elle pas changer profondément notre société fondée sur le blâme, sur la recherche d'un bouc émissaire, d'un coupable ?
    Quand nous blâmons les autres, nous nions notre responsabilité. Nous contribuons tous pourtant à la destruction de l'environnement, à des degrés divers, et il est crucial de voir que la solution dépend aussi de nous tous...
    Quand des groupes s'affrontent, la meilleure manière de les amener à mettre fin à leurs conflits est de leur donner une tâche qu'aucun ne peut accomplir seul, mais qu'ils veulent tous deux réaliser. C'est exactement la situation dans laquelle nous nous trouvons : personne n'est en mesure de résoudre les problèmes tout seul. Aucun pays, aucun groupe, aucune personne ne peut agir seul, tout le monde doit s'y mettre. C'est une chose terrible et en même temps une chance extraordinaire. Nous sommes à un tournant de notre évolution. Jusqu'à maintenant, nous avons pu agir comme des enfants qui se chicanent et faire des dégâts sans menacer l'ensemble. Maintenant, il nous faut évoluer individuellement, culturellement et collectivement en tant qu'espèce ou nous allons mourir, ou à tout le moins entraîner des catastrophes irréparables. La situation peut continuer à se dégrader encore pendant une quarantaine d'années, ou nous pouvons évoluer parce que nous avons l'information, la technologie, les grandes traditions spirituelles. Tout est là. Je me demande si nous choisirons ce temps de crise pour accélérer l'évolution de la conscience et nous rappeler qui nous sommes réellement, pour nous éveiller à notre propre divinité. Ou est-ce que nous l'utiliserons comme une excuse pour créer encore plus de peur, d'agression, de colère ? Je ne sais pas, mais je sais que nous avons le choix.

    Il faut donc porter notre attention à ces nouvelles et incroyables perspectives ?
    C'est crucial. Nous devons faire deux choses à la fois : nous ouvrir à la souffrance du monde et nous ouvrir aux visions des possibilités extraordinaires, inconcevables qui s'offrent à nous. Il y a 50 ans, nous ne pouvions imaginer où nous en sommes aujourd'hui. Dans une autre cinquantaine d'années, nous pourrions être une espèce transformée, nous pourrions avoir une culture vraiment civilisée. Je dis parfois que nous avons trouvé le chaînon manquant entre les singes et les humains civilisés : c'est nous ! Nous avons maintenant la technologie et la possibilité de faire plus avec moins, comme l'avait dit Buckminster Fuller. Si nous utilisions les ressources que nous mettons dans les armes pour soigner l'environnement, pour l'éducation, pour la justice sociale, nous pourrions transformer le monde.

    N'y a-t-il pas un danger à penser que la technologie peut nous sauver ?
    Nous ne serons pas sauvés par la technologie seule. Celle-ci n'est qu'un moyen pour y parvenir et elle peut être utilisée pour n'importe quoi. La technologie et la sagesse peuvent nous sauver.

    Comme nos outils sont de plus en plus puissants, nous devrions être de plus en plus sages pour les utiliser...
    C'est exactement ce que les traditions spirituelles disent : le pouvoir doit être équilibré par l'amour et la sagesse. Et, en ce moment, nous avons certainement davantage besoin d'amour et de sagesse que de puissance.

    Roger Walsh enseigne la psychiatrie et la philosophie à l'Université de Californie. Il a écrit sur la psychologie transpersonnelle, sur la méditation et sur la dimension spirituelle du travail des médecins.

    Roger Walsh
    Entretien avec Christian Lamontagne


  • Textes & Liens

    Le rebirth : respirer pour renaître…

    Basé sur une respiration amplifiée, consciente et dirigée, le rebirth permet un acte d'abandon à soi-même pour libérer des émotions enfouies sans intervention du mental.

    La méthode
    Le sensationnel et le spectaculaire attirant certains médias, le rebirth a longtemps souffert d'une image qui le renvoyait à un phénomène d'hystérie, voire d'exorcisme. Pourtant, comme l'explique Jacques de Panafieu, qui fut l'un des premiers à l'introduire en France : "Le rebirth est simplement une technique de respiration consciente et dirigée. En se frayant un chemin dans le corps énergétique et physique, le souffle dissout les blocages et les tensions. Il permet la résolution de schémas mentaux inhibiteurs sans intervention de l'intellect ni de l'imaginaire".
    "Après tout, le corps en sait autant que l'âme", disait Paul Claudel. Le rebirth est un acte d'abandon à soi-même qui permet d'intégrer des émotions dépréciées, puis refoulées et inscrites dans la mémoire de nos cellules. Dans la vie de tous les jours, les émotions suivent un cycle énergétique qui mène à leur résorption ; les réprimer revient donc à court-circuiter ce cycle naturel et à les ressentir davantage, mais de manière déviée. L'énergie trop longtemps réfrénée s'exprime enfin pour devenir créatrice, remettant en mouvement ce que la peur avait figé, ouvrant des portes archaïques, faisant remonter des souvenirs enterrés et libérant des séquelles de traumatismes.
    "En tant qu'analyste, j'ai pu vérifier que la prise de conscience n'était pas suffisante, que parfois même elle n'était pas nécessaire", confie Bernard Raquin, qui utilise plusieurs approches thérapeutiques et reconnaît au rebirth" l'avantage d'expérimenter à peu près tous les états émotionnels, alors qu'au quotidien, on revit les mêmes indéfiniment et souvent de manière étriquée". Il poursuit : "Le rebirth fait replonger dans l'état du nourrisson qui n'a pas encore décidé ce qu'il allait penser de lui et des autres". C'est une expérience avec laquelle on ne peut pas tricher car elle se situe au-delà des mots. L'objectif est en fait d'amener le patient à voir jusqu'où il a été façonné pour lui permettre de se dépouiller de tout ce qui n'est pas lui. Loin de se limiter à la naissance, cette méthode réactive les circonstances dans lesquelles la personne s'est trouvée en danger (accident, agression, viol, avortement, opération…).

    Historique
    Répandu aujourd'hui dans le monde entier, le rebirth a été découvert et expérimenté aux Etats-Unis, dans les années 70, par Leonard Orr et Sondra Rey. A l'origine, c'est une technique respiratoire basée sur l'hyperoxygénation. Son nom (rebirth, "renaissance") s'explique par le fait que cette forme de respiration amplifiée permet de revivre sa naissance.
    "La période fœtale et les premières années de la vie sont déterminantes pour la personnalité du futur adulte", confie Michelle Villa-Campa, qui propose à ses patients la résolution du traumatisme de la naissance comme première étape du processus thérapeutique. Jacques de Panafieu a créé l'Association française de rebirth à la fin des années 70. Elle regroupe actuellement une centaine de praticiens.

    Déroulement d'une séance
    Lors de la première séance (après un entretien préalable qui a permis de clarifier la demande du patient), le praticien fournit toutes les indications utiles sur le souffle et ses effets agréables ou désagréables (fourmillement, engourdissement, voire tétanie) qui dressent la carte des tensions enfouies dans le corps.
    La consigne : accepter ces manifestations, continuer à respirer en faisant confiance au souffle… et au thérapeute. La séance se déroule dans un endroit calme avec une lumière tamisée. Allongée sur un matelas, la personne est invitée à se relaxer et à respirer (par le nez ou par la bouche).
    Ensuite, elle amplifie sa respiration pulmonaire et accélère la cadence afin de déséquilibrer son mode de respiration habituel qui, lui, bloque certaines émotions et entraîne une restriction respiratoire. Une des caractéristiques du rebirth est d'insister sur l'inspir dans un cycle de respiration ample et circulaire (sans pause). L'intensité du souffle augmente jusqu'à ce que la respiration soit incontrôlée. C'est dans cette phase que surgissent émotions, mouvements, peurs, sanglots, colères, larmes, douleurs, frissons, grandes chaleurs, tremblements mais également éclats de rires. Une ventilation plus ample et accélérée mène, en effet, à une hyperoxygénation du cerveau qui expulse l'anhydride carbonique. Ce phénomène favorise la levée du contrôle du cortex sur les zones archaïques du cerveau, avec surgissement de la vie instinctive, des émotions refoulées, des souvenirs enfouis.
    Peu à peu, la respiration redevient habituelle, la personne reprend contact avec son environnement. La phase de respiration est encadrée par deux temps de parole : le premier pour préparer l'expérience du souffle, le second pour intégrer ce qui s'est passé. C'est-à-dire ne plus lui opposer de résistance et laisser le cycle naturel des émotions suivre son cours. Il n'est pas nécessaire de nommer ou d'expliquer les épisodes traumatiques ni même de s'en souvenir pour s'en libérer. Le rebirth travaille en effet sur des émotions très archaïques, appartenant au stade préverbal. Prenons l'exemple d'un patient réalisant qu'il respire à l'économie. Le thérapeute peut alors l'amener à se demander ce qui se passerait s'il osait prendre tout l'air dont il a besoin, une autre façon de dire "oser prendre sa place dans la vie".

    Le rebirth dans l'eau
    Une variante du rebirth "classique" se pratique dans une eau chauffée à 36°-37°. Cette expérience favorisant la régression n'implique pas de respiration particulière. Soutenu et légèrement bercé par les autres participants, le patient retrouve spontanément une respiration accélérée, telle celle des bébés ou des amants, du combat, de la fuite ou de la souffrance. Nous partageons tous l'expérience de la naissance, d'une intensité unique. Tant d'événements nouveaux et simultanés se produisent. C'est à ce moment que l'individu ressent ses premières impressions sur ce qu'est la vie en dehors de l'utérus. La plus universelle étant que le plaisir et la souffrance sont liés.
    Beaucoup gardent de cette expérience qu'il faut d'abord souffrir avant d'obtenir une satisfaction. Lumière, bruit, propulsion hors du ventre maternel, séparation physique, choc thermique, contact de l'air, de la peau, du tissu, du caoutchouc, du métal… La façon dont ont été vécues ces "aventures" a nourri nos conclusions sur la vie. Des sentiments initiaux comme l'abandon, la solitude, le deuil, la séparation encombrent l'inconscient.
    Pour certains, le souvenir de la douleur à la naissance et celui de la relation avec le médecin comme première figure d'autorité sont inconsciemment présents sous forme de rébellion et de méfiance envers toute personne en situation de pouvoir.

    Indications
    Le rebirth convient aux personnes dépressives, angoissées ou mal dans leur peau mais désireuses de changements radicaux. En revanche, il est déconseillé aux individus trop destructurés ou incapables d'assumer un bouleversement émotionnel car leurs peurs archaïques se renforceraient.

    Alice Orhant


  • Textes & Liens

    Une danse de l'âme…

    La danse possède des fonctions multiples. Elle peut guérir, purifier, attirer des groupes, en éloigner d'autres, sanctifier, provoquer l'oubli ou au contraire raviver le souvenir, isoler des personnes ou souder des communautés, faire voir l'invisible, permettre de côtoyer l'impossible, décoder le passé, déchiffrer l'avenir. D'ailleurs, depuis toujours, tous les peuples de la Terre dansent… pour le plaisir, pour s'amuser, pour séduire, pour célébrer des évènements, pour ritualiser des pratiques spirituelles, pour symboliser la joie, la peine, la vie, la mort. Il existe dans le monde des milliers de danses et de formes chorégraphiques marquant la naissance, les rites de passage, les funérailles, toutes formes de célébrations.
    Dans cet article, j'évoquerai la danse sous l'angle de ma conception, singulière car empreinte de mon vécu et ma personnalité. La danse est alors à concevoir comme un voyage à la rencontre de soi, un chemin vers l'intériorité, une promenade dans les profondeurs de l'être. Entrer en contact intime avec l'âme par le corps, par le mouvement, par la danse. Quand elle permet l'émergence du danseur intérieur, la danse devient une porte d'accès à l'âme…
    Depuis que je suis toute petite, je suis passionnée de danse : j'ai pratiqué pendant plus de dix ans la danse classique, le modern jazz, et la danse contemporaine. Plus je dansais plus j'avais envie de m'exprimer à travers la danse, d'être libre, créative. Je suis alors partie à la découverte de différentes formes de danse et j'ai multiplié les expériences dans ce domaine : rythmes, percussions, mouvement, enracinement, écoute, espace, lâcher prise, émotions, expression corporelle…
    C'est l'envie de danser librement qui m'a conduit à la danse thérapie, mais elle m'a apporté bien plus que cela ! Elle m'a permis de m'exprimer, me découvrir, me dévoiler, m'affirmer, m'accepter, de retrouver le goût du jeu, de la liberté, de la vitalité, de l'apaisement, du plaisir, de vivre ma sensibilité, ma sensualité, ma créativité, ma spiritualité. La danse a été pour moi une véritable révélation… de mon essence, et a largement contribué à mon épanouissement.
    De l'enrichissement que m'a apporté la danse est né le profond désir de partager ces découvertes. L'envie de transmettre et d'enseigner m'est ainsi venue, et, je suis passée du rêve à la réalité en concrétisant mon projet. Après plusieurs stages et formations complémentaires, j'ai décidé de créer mon propre concept, et d'animer des ateliers de Danse Libre.

    Ma conception de la danse s'apparente à une forme de danse thérapie. Mon approche se situe en effet dans l'esprit de la libre expression, l'improvisation, et la création. Ainsi, la Danse Libre est un concept que j'ai élaboré et développé à partir de mes diverses expériences en Danse. Elle est basée sur une expression corporelle spontanée, improvisée et créative.

    L'art thérapie convoque le processus créatif en tant que modalité thérapeutique, or, la danse est une invitation créative insufflée par le mouvement intérieur. Ainsi, la danse peut allier l'art et la guérison car l'art et la thérapie sont conjointement porteurs de l'élan créateur qui permet au sujet de sentir, exprimer, trouver le sens. "La thérapie ajoute à l'art le projet de transformation de soi-même, et, l'art ajoute à la thérapie le processus créatif "(Jean-Pierre Klein, fondateur de l'association Art et thérapie). La danse thérapie utilise la danse comme outil de médiation thérapeutique. Aussi, elle recouvre deux dimensions fondamentales : une dimension artistique et une dimension corporelle.

    Comme toute activité artistique, la danse permet à la personne d'exprimer sa personnalité, sa sensibilité, sa poésie, sa philosophie de vie. Les mouvements, leur ampleur, leur style, leurs rythmes et leur énergie parlent du danseur, de sa personne. Chaque danse est à regarder comme une oeuvre, une réalisation personnelle, instantanée et éphémère.

    La danse développe également la créativité, or, la création permet l'expression de l'être dans sa nature profonde. La libre improvisation permet de retrouver sa spontanéité et donc une certaine liberté. En laissant son corps faire, en n'essayant pas de contrôler les mouvements, le danseur se découvre, se dévoile, crée, explore, des mouvements, des positions, des postures… Cette dimension ressort d'autant plus lors de danses à deux ou plusieurs personnes, car elles se laissent inspirer par la danse de leurs partenaires. La co-création qui en émerge déploie les potentiels de chacun. C'est alors une voie vers la connaissance et l'affirmation de soi.

    Par ailleurs, la dimension ludique est très présente dans mes ateliers à travers les jeux, les thèmes, les explorations proposées, les mises en scène, les expériences… Elle permet de reprendre contact avec son enfant intérieur, retrouver des plaisirs méconnus ou oubliés, l'allégresse, l'insouciance, et la capacité de jouer, s'amuser, simplement, naturellement. Or, retrouver et développer le goût du jeu me paraît essentiel car réparateur et fondateur.

    Enfin, la danse permet aussi de renouer une relation intime avec son corps, retrouver un dialogue avec lui, goûter au bien-être d'un corps serein, détendu, être en contact avec sa vitalité, sa sensualité, d'élargir ses potentialités sensorielles. Prendre du plaisir dans son corps est une possibilité de l'apprivoiser et d'en faire un ami fidèle.

    Conjointement à la dimension artistique, la danse thérapie implique la dimension corporelle de l'être, ce qui participe grandement à sa richesse. Le mode de communication, d'expression, d'échange n'est plus le verbe, les mots, mais les mouvements corporels, les gestes, les ressentis, les émotions. La danse est comme un langage naturel du corps. Le corps parle, s'exprime avec son langage, son vocabulaire. Ceci peut être particulièrement bénéfique pour des personnes privilégiant l'intellect car cela leur permet d'accéder à un monde moins mental et raisonné, plus instinctuel et émotionnel. La connaissance de soi ne se fait plus avec la tête, l'esprit, mais avec le corps, les émotions, le ressenti. En effet, la détente corporelle, le lâcher prise, la disponibilité intérieure, la sécurité extérieure, favorisent l'émergence et l'expression des pulsions et émotions. Ainsi, cette pratique corporelle s'avère très féconde pour les individus qui rencontrent des difficultés à parier, à ressentir leurs émotions, ou à symboliser.

    D'autre part, laisser parler le corps, c'est aussi écouter son histoire, le laisser nous raconter ses mémoires. Le corps se souvient, il existe une mémoire corporelle, les souffrances s'inscrivent dans le corps autant que dans le psychisme : il garde les traces des douleurs, des peurs, des violences subies, des traumatismes… Le laisser s'exprimer, c'est aussi lui permettre de guérir ses blessures, et par là même de guérir la psyché puisque les deux sont en perpétuelle interaction. Les blessures de l'âme atteignent l'individu dans sa globalité : dans son corps, son cœur et son esprit. Il me semble donc très salutaire de compléter un travail thérapeutique psychique par un travail corporel.
    Le corps offre des modes d'expression différents, il peut montrer d'autres chemins de guérison que le mental. C'est un outil riche pour accéder au plus profond de l'être, ses pensées, ses rêves, ses fantasmes, son inconscient. Se servir du corps comme d'un instrument de connaissance de soi-même : plonger en lui, être à son écoute, ressentir les émotions qui l'habitent, les sensations qu'il véhicule, les images qui y sont associées… C'est le chemin de l'intériorité. L'expérience vécue s'inscrit dans le corps et devient une référence. Conjointement, le corps peut constituer une grande source de soutien sur lequel s'appuyer pour vivre. Reprendre contact avec son énergie vitale, sa sexualité, son apaisement intérieur, peut constituer des moyens de s'aider du corps pour puiser de la force, retrouver du désir, de la sérénité. Le bien-être et la libération procurés deviennent alors des moteurs de changement, le centrage et la force retrouvés constituent des points d'ancrage face aux difficultés.

    Au-delà de la dimension thérapeutique, j'aimerais souligner les différences qui existent entre un cours de danse et un atelier de danse thérapie.
    La danse thérapie se différencie d'une danse dite académique (danse classique, danse moderne, modern jazz…) sur plusieurs points. Une danse académique propose des mouvements structurés, des formes imposées à suivre, répéter, reproduire. Elle enseigne une technique et vise une certaine perfection du mouvement, la maîtrise du corps, la rigueur, le contrôle. De plus, elle est parfois construite sur la base d'une recherche esthétique ou constitue une chorégraphie destinée à être regardée, à figurer en représentation, tournée vers le monde extérieur. Une forme de danse thérapie n'a pas d'objectif particulier si ce n'est d'ouvrir un chemin, d'offrir un espace privilégié pour faire des expériences, s'exprimer et se rencontrer. Elle est davantage tournée vers l'expressivité, la singularité, l'unicité, la liberté. Elle propose plus qu'elle n'impose. Elle fait donc davantage appel à la créativité du sujet, à sa capacité à jouer, et à explorer. Elle ne requiert donc pas d'expérience préalable en danse ou des aptitudes physiques particulières, et peut être pratiquée à tout âge, sans effort. De plus, elle a comme objectif d'explorer le monde intérieur, elle se situe davantage dans le ressenti, l'émotion, le vécu intérieur, le plaisir de sentir et d'exister. Une danse de l'être plutôt que du paraître. Elle favorise l'émergence du danseur intérieur, d'une Danse dans le corps.

    La danse représente pour moi un moyen d'expression amenant la personne à contacter et explorer toutes les facettes de sa sensorialité. La danse éveille notre créativité dans un sens de connaissance de soi. Elle permet d'explorer les processus d'harmonisation, de réconciliation, de révélation, et de déploiement de l'être. La danse est puissante lorsqu'elle inonde notre corps de notre puissance de vie, l'étincelle de Vie retrouvée et incarnée dans notre propre corps. Si l'on s'y engage totalement, si elle vient des profondeurs de notre intimité, elle peut également être une façon d'être en contact avec notre spiritualité. Elle devient alors une danse de l'être humain dans sa totalité : physique, mental, émotionnel et spirituel.
    Toute pratique artistique permet l'expression de sa personne, de sa créativité, de ses aspirations, de sa spontanéité, la réalisation d'une oeuvre, la concrétisation d'un désir. Quelle que soit sa forme, l'art représente un acte qui nous crée, et en cela, il participe à la construction de notre être. La danse est un art et comme tout art, permet de révéler au monde les secrets de l'âme, et à une âme les secrets du monde. Cette magie a lieu quand l'art est le fruit d'une créativité personnelle permettant de révéler la personne. La création artistique peut alors être utilisée comme facteur de transformation et de guérison. Elle œuvre à laisser apparaître le processus de création comme porteur de sens et de transformation dans le cadre du développement de la personne.

    Le transpersonnel relie et intègre les domaines de la psychologie et de la spiritualité.
    Or, la danse propose une ouverture et une harmonisation de la conscience, explore les dimensions et favorise une réconciliation de l'Homme dans toutes ses dimensions.
    La perspective transpersonnelle donne aux expériences de la vie un sens plus universel.
    Et, depuis la nuit des temps, la danse, considérée comme une manifestation révélatrice d'un ailleurs, occupe une place particulière où le désir, le rêve, l'imaginaire, l'étrange et l'inquiétant se côtoient. Si les poètes, les philosophes voient dans la danse un moyen de transcender le tragique, les mystiques y trouvent un cheminement pour exprimer l'idée du divin au-delà des mots.

    La souffrance peut transformer l'art, mais surtout l'art peut transformer la souffrance.
    Nous avons tous un guérisseur en nous car notre âme a le pouvoir de nous guérir.
    Représentative de notre essence profonde, notre âme est aussi force de cohésion qui réunit le corps, le cœur et l'esprit. Elle peut ainsi réconcilier l'Homme dans toutes ses dimensions : physique, psychique et spirituelle.
    Pour Carl Gustav Jung, "la névrose est la souffrance d'une âme qui a perdu son sens ".
    Une âme qui retrouverait son sens ne souffrirait donc plus. Pour guérir, il serait donc indispensable d'aller à la rencontre de son âme afin qu'elle donne sens à notre vie.
    Or le mouvement permet de nous reconnecter à notre âme, de contacter toute la lumière qui scintille en nous. Etre en communion avec l'esprit dans et par le mouvement. Dans son essence même, la danse a des vertus thérapeutiques car elle offre l'opportunité d'une réhabilitation de l'unité psychosomatique.

    Ainsi, la danse permet de vivre toutes les dimensions de l'être : le corps, le cœur et l'esprit. Mon approche tente de convoquer et enrichir la dimension spirituelle de la personne.
    La vole spirituelle peut être envisagée comme une prise de conscience consacrée à l'étude du monde intérieur. La recherche intérieure est aidée par la pratique de diverses techniques d'expressions corporelles considérant l'unité du corps et de l'esprit. Les voies spirituelles sont réparties sous de multiples formes organisées ou libres, et la danse en est une.
    Ainsi, une danse peut être une prière, une célébration en pratiquant le mouvement dansé dans le sens de l'invocation, de l'intention personnelle. Danse rituelle, pratique méditative, elle est une grande source d'inspiration et de soutien dans notre vie. Elle permet de délivrer le corps, le cœur, le mental, pour découvrir le danseur en nous, le guérisseur en nous. La danse est en cela un chemin pour réintégrer son âme, un voyage dans le corps jusqu'à atteindre le cœur.

    Comment une âme peut-elle se révéler dans une danse ? Comment un guide peut amener à une danse de l'âme ?

    Pour que l'âme apparaisse, qu'on l'aperçoive, qu'on l'entende, il est nécessaire d'être dans un certain calme, vide et silence intérieurs. Il est essentiel de faire de la place en soi pour l'accueillir, créer un espace à l'intérieur de soi.

    Nous pouvons alors commencer par entrer dans un état non mental, entrer dans le silence intérieur, vivre notre profondeur et, nous dépouiller, quitter la multitude pour goûter le vide, quitter l'agitation pour trouver le calme. Pour être dans un état de non agitation mentale, on va tenter de faire le vide dans sa tête, ou de moins écouter le mental ; considérer nos pensées comme des nuages qui passent dans le ciel, les laisser passer sans y prêter attention.

    Nous allons ensuite commencer un voyage dans notre corps : rentrer dans le corps, l'éveiller, l'habiter, l'investir en y mettant toute notre conscience, être présent à l'instant, aux sensations. On descend petit à petit en profondeur, on se détend, on se relâche, on quitte l'extérieur pour aller à l'intérieur. J'invite à être à l'écoute de son corps, accueillir ce qui se passe, sans jugement, attente, ou exigence, laisser faire et faire confiance sans diriger ou contrôler. Les fruits récoltés dans une expérience corporelle ouvrent ainsi la porte à un autre rapport au monde. C'est un chemin, pas un objectif.
    Préalablement à la danse, il est également profitable de dissoudre les tensions inutiles et nuisibles, libérer les blocages et raideurs du corps. Puis nous allons chercher une qualité d'enracinement, d'ancrage au soi, de descendre dans notre centre. Tenter d'accéder à une ouverture, une confiance, une disponibilité corporelle pour danser avec un corps libre.

    Par la suite, la danse commence… Une séance comporte une multitude de propositions avec le souhait d'amener les êtres à s'exprimer à travers la danse, danser leur vie et vivre leur danse. Je cherche donc à induire un mouvement le plus naturel possible. Un mouvement sans effort qui se ferait tout seul et ne serait pas provoqué. Une danse instinctuelle où on ne fait pas, on laisse le corps faire ; on ne danse pas, la danse nous prend. En ce sens, la respiration est un guide car elle peut initier et porter le mouvement, comme une vague sur laquelle surfer. Se laisser emmener par l'inspire et lâcher prise dans l'expire. Respirer en existant par le corps en mouvement.

    Dans un atelier je propose des explorations dansées dans l'esprit d'un voyage dans un univers.
    Retrouver à travers la danse sa vraie nature : son essence mais aussi un mouvement spontané, un rythme propre, une respiration… ce qui parle de nous, nous différencie, nous singularise.
    La vie n'est que mouvement et en ce sens, la danse est une invitation à la vie.
    Pour aller à la rencontre de sa vraie nature, de son essence profonde, il est riche de se relier à la nature et d'explorer notre relation aux éléments. Rencontrer avec la nature, notre nature profonde. Voyager au cœur des éléments pour nous permettre d'accéder à notre cœur.
    Or, par la danse, on peut communiquer avec les forces de la nature, de notre nature.

    La danse peut permettre de laisser le feu jaillir de notre ventre, prendre de l'ampleur, grandir en nous, et nous inonder de notre force de vie. Notre feu est notre puissance, notre force, mais également, ce qui permet à la créativité et la transformation de se produire. Aller à la rencontre de notre feu sacré, incarné, conscientisé à travers notre danse du feu.

    Mais également, se relier à notre Terre, la cultiver, la labourer, la semer, la travailler, l'arroser, et attendre qu'elle donne ses fruits. Retrouver à travers la danse et les rythmes, les rythmes de la vie, les cycles de la nature. Apprendre à aimer sa terre c'est-à-dire son corps, son territoire, son temple, ses origines, son histoire.

    Puis aller à la rencontre de nos eaux en laissant couler l'eau en soi, et contacter notre féminin, notre maternel, notre intuition, notre fluidité, suivre nos émotions, nos sentiments. Partir à la découverte de ses eaux et de leurs qualités, goûter et expérimenter le type d'eau qui jaillit en nous : une eau de source, une eau douce, une eau de mer, d'évaporation.

    Enfin, explorer le monde de l'air qui permet de passer du manifesté au spirituel. Elargir notre champ de conscience, s'ouvrir à notre imaginaire, se connecter à notre intuition, être réceptif au monde, dans notre verticalité, et vivre une réunification avec l'Univers. L'air constitue la fin du cycle et représente la synthèse des précédentes étapes.

    Rencontrer, retrouver, découvrir notre vraie nature c'est se relier aux éléments en nous, mieux connaître les qualités et spécificités de notre feu, de notre terre, de nos eaux, et de notre air. La nature peut nous enseigner notre nature véritable, la danse également.

    Si elle est vraiment puissante et profonde la danse s'inscrit en nous, dans notre corps et y laisse une trace. Cette mémoire gardée au fond de notre corps, de notre être, peut alors être un guide vers nous-même, un point de repère en nous, un moyen de se retrouver, de se reconnecter à soi. Elle permet alors de retrouver le chemin qui mène vers soi, vers son vrai moi. La danse est une révélation quand elle nous révèle à nous-même.

    Si on se laisse emporter par notre danse, par notre corps, par la musique, on peut aller goûter au plaisir du lâcher prise. Nous ne dirigeons alors plus la danse, c'est elle qui nous entraîne. Elle nous transporte dans des terres inconnues, dans des contrées magiques si on la laisse nous emmener dans son monde mystérieux. Une danse qui vient des profondeurs, une danse de l'intime, une danse de l'âme.

    Quelle sensation intense de se sentir véritablement enraciné dans la terre, ancré dans notre centre, sur notre axe, notre verticalité ! Quel bonheur de sentir la pulsation de la Vie quand notre corps vibre à l'unisson, parsemé de lumière, le coeur ouvert, l'âme éclairée !

    Quand les gestes apparaissent naturellement,
    Quand les mouvements émergent spontanément,
    Quand le corps libre danse instinctivement,
    C'est alors la Danse de notre âme qui surgit.

    Caroline LECOUTURIER Psychologue Clinicienne et Danse Thérapeute


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    Stéphanie...


    Encore un grand merci pour ton travail et ton accompagnement sur ce beau chemin, à la rencontre de notre enfant intérieur.
    Je constate déjà en moi des changements palpables depuis hier, certains volontaires, mais tous issus de plusieurs prises de conscience au cours du stage.


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    Yasmina...


    Merci pour tout ce travail...
    Merci aussi pour ton écoute attentive et attentionnée, ta patience, ton calme, ta sagesse, ta compréhension, ta grande ouverture de coeur et ta présence bienveillante.
    Merci pour nous avoir permis de vivre et d'accueillir tout cela, de nous avoir donnée la possibilité de nous connecter avec nos profondeurs si bouleversantes furent elles !
    J'en suis encore imprégnée et toute remuée je crois...


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    Fabrice...


    Ce stage m'a mis en relation avec moi-même, ouvert, éclairé, je démarre une nouvelle partie de mon chemin, qui sera difficile, je le sais, mais… je vois la lumière... j'avance sur ce chemin, et j'aime ça !


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    Marie-Hélène...


    Présence, écoute, intelligence des personnes, rassurance. Diversité des propositions du travail mis en place. Confiance. Stage qui respire. Douceur et calme. Vie. Importance de la parole, du corps...


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    Olivier...


    Cet Enfant Intérieur s'est manifesté sans que l'adulte ne puisse contenir ses émotions, principalement la peur et la tristesse.. J'ai pu faire la différence entre un maître, quelqu'un qui dirige votre pensée et un accompagnateur, un sage-homme, qui vous accompagne dans l'accouchement de vous-même.


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    Patricia...


    Ce stage a éclairé ma vie en redonnant confiance à cette enfant meurtrie que j'étais et qui n'arrivait pas à avancer dans la vie, qui ne comprenait pas pourquoi quelque chose (que je n'arrivais pas à identifier) l'empêchait d'être heureuse.